CONCLUSIONS
La sclérose, lorsqu'elle se développe sous l'influence d'une cause générale, est une véritable maladie qui peut présenter des manifestations multiples et non localisées à un seul organe.
Cette généralisation des lésions scléreuses s'explique par les conditions de leur développement, qui exercent leur influence sur tous les points de l'économie.
La prédominance du processus morbide dans tel ou tel organe n'exclut pas sa présence dans les autres et ne peut trouver sa raison d'être que dans une prédisposition spéciale de cet organe à être atteint ou dans une action plus directe et primitive de l'élément morbigène.
A côté des lésions plus ou moins étendues des divers organes se rencontre toujours une altération du système vasculaire, une artério-sclérose généralisée à tout l'appareil vasculaire. C'est elle qui commande l'évolution du processus dans l'épaisseur des organes ; c'est là le lien qui unit entre elles toutes ces localisations diverses d'un même état morbide ; c'est elle enfin qui démontre non pas leur dépendance réciproque, mais l'influence d'une cause unique et générale sur leur production. Nous pouvons donc dire avec certains auteurs que la cirrhose atrophique, la néphrite interstitielle, etc., ne sont pas des maladies localisées, mais des manifestations d'un état morbide général.
Ainsi comprise, la sclérose présente comme première manifestation une lésion vasculaire de même nature, point de départ de la prolifération conjonctive; et si dans le
rein, à la suite de conditions spéciales, elle semble évoluer à la suite des lésions épithéliales, nous retrouvons encore cette même artério-sclérose qui joue dans cet organe le rôle qu'on lui attribue ailleurs.
Enfin, l'étude de ces diverses lésions, de leur évolution, de leurs conditions pathogéniques, nous font penser qu'elles ne sont pas de nature inflammatoire, mais le résultat d'un trouble nutritif; c'est pourquoi l'appellation de scléroses dystrophiques, qui leur a été donnée par M. Martin, nous semble parfaitement justifiée.