‹ Contribution à l'étude de la sensibilité microbienne aux anti-bactériens chez les malades urinairesChapitre 34 sur 37 · BR · texte numérisé non relu

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de radium ou, dans le cas d’une tumeur siégeant sur le basfond, en l’application à son contact d’un Fallonet porteur d’aiguilles de radium. L’isolement des parties saines est réalisé par la mise en place d’un écran constitué par une lame de caoutchouc au plomb ou un ballonet rempli de nitrate de plomb. La vessie est refermée sur un drain de Marion et les aiguilles sont laissées pendant cinq ou six jours au contact de la tumeur. La complication majeure de cette intervention est l'infection dans les suites opératoires. Pour la comEattre, il est indispensable de connaître la sensibilité aux antibiotiques des germes en cause. Cela permet des suites opératoires simples et une convalescence écourtée.

Les échecs des traitements par les anti-bactériens tendent à développer actuellement l’emploi d’une thérapeutique par association entre plusieurs anti-bactériens. De nombreux auteurs ont, en effet, signalé l’intérêt d’une association entre deux produits daps le traitement des septicémies à long cours ou des infections chroniques tenaces. Dès 1946, Hunter, traitant un cas d’endocardite d’Osler, se rend compte que le streptococeus viridans isolé est résistant à la pénicilline et à la streptomycine mais sensible à l’association de ces deux produits. Il obtient une guérison avec #.000.000 u.0. de pénicilline et 4 gr de streptomycine. En 1949, Robbins et Tompset guérissent avec 6.000.000 u.0. de pénicilline et 2 gr de streptomyeine une endocardite d’Osler à entérocoque. En 1950, Benhamou et Sorel signalent l’augmentation de la sensibilité des germes tvphiques et paratyphiques lorsque l’on associe l’auréomyeine à la chloromycétine. Ils obtiennent ainsi des guérisons de typhoïdes malignes après échec d’un traitement par la chloromycétine.

À l’encontre de ces résultats, Jawetz et son école mettent en évidence l’action antagoniste de la pénicilline et de l’auréomycine où de la terramyeine vis-à-vis d’un streptocoque Pyogène et d’un Klebs peumoniae. Armstrong, en 1951, étudiant les associations d’antibiotiques actives sur le pseudomonas aeruginosa et le proteus montrent l’action synergique de la

pénicilline et de la streptomycine et l’action antagoniste de la pénicilline et de la chloromycétine. L’explication de ces faits est donnée par l’étude de la croissance des germes «in vitro ». Si on essaie de développer la résistance d'une souche par passages successifs sur des milieux contenant des quantités croissantes d’anti-bactériens, on se rend compte que cette résistance augmente par paliers. Chaque augmentation est séparée de la suivante par un intervalle imprévisible. En faisant intervenir la notion de « bactérie unité » par rapport au groupe bactérien (Hauduroy), on peut admettre que un seul germe était au départ résistant à l’anti-bactérien. Celui-ci ne laissera pousser que la descendance de ce germe. Des mutations successives vont se produire et ce n’est qu'après un nombre assez grand de mutations que la résistance apparaîtra.

En replacant ces données en clinique, on voit donc que l'emploi d’une dose initiale trop faible d’anti-bactériens favorise les premières mutations en ne les arrêtant pas. Par contre, l'emploi de doses fortes d’emblée rend improbables ces mutations. Si un germe est sensible à deux anti-bactériens, même à des taux différents, on peut penser que les mutations auront encore moins de chance de se produire en présence de ces deux produits.

Benhamou et Sorel, dans leur rapport aux journées de thérapeutique de Paris classent les associations d’anti-bactériens! en :

— Synergiques ; — Apparentées ;

— Antagonistes.

Nous avons parlé des associations synergiques. Ce sont celles qui associent la pénicilline et la streptomycine dans les infections à staphylocoques et streptocoques, la streptomyeine et l’auréomycine dans les brucelloses, la streptomycine et les sulfamides dans les infections urinaires à germes gram —.

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Les associations entre la chloromycétine, l’auréomycine, la terramycine étudiées par Herrel et Pansy montrent que la résistance obtenue vis-à-vis d’un de ces antibiotiques se manifeste également pour les autres. Elles rentrent donc dans la catégorie des associations apparentées. Machebeuf et Colab ont prouvé que chaque antibiotique agit électivement sur un système enzymatique du microbe. La presque similitude des spectres d'absorption de ces trois antibiotiques serait la raison de leur action parallèle. La conclusion pratique d’une telle action estl’emploi d’une association entre ces produits à dose massive pour empêcher la résistance à un seul de se produire.

L'action antagoniste des associations entre la pénicilhne, d’une part, et l’auréomycine, la chloromycétine et la terramycine, d’autre part, a été étudiée sur le streptocoque et le klebs pneumoniae. En ajoutant de faibles doses de terramycine et d’auréomycine (0,10 à 5 y) sur une culture de streptocoques sensibles à la pénicilline, on constate un abaissement de l’action bactéricide de la pénicilline. L'action bactériostatique est, par contre, peu influencée. La réciproque n’est pas vraie :Siun germe est sensible à l’auréomyeine, à la chloromycétine et à la terramycine on n'obtient pas de baisse d'activité par l’adjonction de pénicilline. L'étude « in vivo » a montré une mortalité plus forte chez des souris infectées par un streptocoque et traitées par une association entre la pénicilline et l’auréomycine. Y a-t-il inactivation chimique d’un produit par l’autre ? Cela est peu probable puisque des germes sensibles à l’auréomycine et à la terramyeine ne sont pas plus résistants lorsqu'on ajoute de la pénicilline. Il s’agit plus vraisemblablement d’une conséquence du mécanisme d'action de la pénicilline. Celle-ci n’agit, en effet, que sur les germes en voie de multiplication. Les autres antibiotiques ayant un rôle bartériostatique inhibent cette multiplication et diminuent d'autant l’activité de la pénicilline. Pour éviter cette action antagoniste il vaut mieux augmenter les doses pour éviter le risque de voir échapper une bactérie résistante.

Toutes ces thérapeutiques ne pourront se réaliser qu'avéc la collaboration du laboratoire. C’est lui qui indiquera les assoclations les plus utiles et permettra de fixer les doses actives. Ces associations sont particulièrement intéressantes à employer en urologie où nous avons montré les difficultés rencontrées pour obtenir des résultats satisfaisants. Nous n'avons cité dans notre travail qu’une observation relatant l’étude de l’action d’une association d’anti-bactériens. Cette étude n’a montré, «in vitro », que des taux de sensibilité limites et le traitement entrepris aboutit à un échec.

La thérapeutique des affections tuberculeuses présente souvent des difficultés. L'apparition de la streptomycino-résistance toujours possible, oblige soit à des cures discontinues de ce produit, soit à l’association de P.A.S. ou de thiosemicarbazone. La meilleure façon de conduire le traitement sera indiquée par un test de sensibilité du B.K. vis-à-vis de ces trois médicaments. Pour cet examen, on utilisera la méthode des dilutions en milieu de Dubos. Nous avons expérimenté cette méthode dans des cas de tuberculose de l’arbre urinaire. Les résultats thérapeutiques obtenus, en suivant les indications fournies, ont toujours été bons. Ces chservations feront l’objet d’une publication ultérieure.

Les articles publiés dans la presse médicale pour signaler l'emploi de ce test avant une thérapeutique par les anti-bactériens dans des spécialités diverses se font actuellement plus nombreux. Cela nous semble être la meilleure preuve de l’intérêt qui s’y attache.

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