IV. —— Auréomycine
Une part spéciale dans les indications de ce produit doit ôtre réservée aux infections de l'arbre urinaire. En effet, les études faites « in vitro » ont montré que la plupart des germes trouvés dans les infections urinaires présentent vis-à-vis de l’auréomycine une sensibilité assez faible allant en moyenne de 1y pour le staphylocoque et l’entérocoque à 5 + pour le colibacille. Le protéus vulgaris et le pyocyanique sont toutefois très peu sensibles puisqu'il faut employer des dilutions &e 125 + à 250 y pour inhiber leur croissance.
Les dosages pratiqués dans le sang ont prouvé qu'après l’ingestion d’une dose de 0,5 grammes, on obtient une concentration de 1,5 y pendant six heures (Chabbert et Sureau).
Dans les urines, la concentration du produit excrété est appréciable dès la première heure (40 à 200 -). Les 10 % de la dose sont excrétés en quatre heures et l'élimination se pour-
suit pendant plusieurs jours.
Les effets toxiques sont assez fréquents, prédominant au niveau de l’appareil digestif. Ils se manifestent par des nausées, des vomissements et de la diarrhée. Ils sont le plus souvent calmés par la prise d’alcalins mais obligent parfois à interrompre le traitement.
L'étude de l’activité clinique chez les malades urinaires a d’abord porté sur les infections chroniques ayant résisté à tous les traitements entrepris.
Rubin et Golstein traitent 25 malades. Ils obtiennent des résultats durables dans neuf cas et des résultats passagers dans 11 autres cas. Ils ont 5 échecs après administration de
PE
seize capsules à 250 mgr d’auréomyeine dont trois infections dues au protéus vulgaris, une à Esch. Coli et une au pyocyanique.
Les 16 malades soignés par Collins et Finland sont tous atteints d'infection compliquée ce rétention. Ces infections durent depuis plusieurs années et subissent des poussées aiguës lors de manœuvres instrumentales. Dans 6 cas comprenant 4 infections à aérobacter aérogènes et 2 à colibacille, les auteurs obtiennent un très bon résultat. Chez les 10 autres malades, ils n’aboutissent qu’à une amélioration fonctionnelle nette sans toutefois pouvoir arriver à éliminer les germes en cause.
Seymour Schloss, Orkin, Seligman et Wasserman, dans un travail portant sur l’infection de l’arbre urinaire par l’aérobacter aérogènes passent en revue les divers anti-bactériens employés contre ces germes. Ils signalent l’excellent résultat obtenu par un traitement à l’auréomycine chez 21 malades sur 23 traités par ce produit après échec de tous les autres traitements. Une nouvelle série de traitements entrepris sur 27 cas leur donne également pleine satisfaction. Il peut se produire toutefois une reprise de l’infection après un temps plus ou moins long à nouveau arrêtée-par une nouvelle cure d’auréomycine.
Willcox et Findlay, à la suite de la communication par Collins et Finland de guérison par l’auréomycine de deux cas d’urétrite non spécifique résistant au traitement par les autres anti-bactériens, étudient chez quatre de leurs malades l’action de ce produit. Il s’agit de malades atteints d’urétrite où un staphylocoque blanc et un virus du type P P L ont été isolés. Dans ces quatre cas, après l’administration de 250 mgr donnés quatre fois en 24 heures, ils obtiennent un bon résultat. Ces auteurs signalent des résultats semblables sur des urétrites à gonocoques rebelles au traitement par la pénicilline avec des doses d’auréomycine de { gr en quatre prises répétées pendant quatre Jours.
ET
La posologie indiquée par les auteurs est variable. Collins et Finland ont traité leurs malades par l’ingestion de dix capsules de 50 mgr par 24 heures pendant une semaine. Rubin et Golstein donnent 500 mgr quatre fois par jour le premier jour, puis 250 mgr chaque six heures les deux jours suivanis. Il semble que ce soit la meilleure façon d’agir, car, comme nous l’avons vu au début de ce chapitre, la concentration sanguine de l’auréomycine se maintient pendant six heures à un taux voisin de l’activité optima obtenue «in vitro ».