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Le plus souvent il ne survient que des épistaxis répétés assez difficiles à arrêter ; on note parfois des hémorragies intestinales (Netter), les autres hémorragies sont beaucoup plus rares.
c) Les modifications sanguines,sont constantes. Il ÿ a en général anémie légère avec un chiffre moÿen de 3.500.000 globules rouges. La leucocytose est de règle (12,000, 27.000 même 45.000 leucocytes) avec prédominance de polynucléaires, il n’y a pas de réaction myéloïde : seule une observation d’Andrews mentionne l'existence de myélocytes et d’hématies nucléées. Le nombre des plaquettes serait normal, Le caillot se rétracterait normalement (Blanchier, Sainton) où serait irrétractile (Carnot, Marie).La coagulation serait assez variable ; l’'hypercoagulabilité avec augmentation de la fibrine de règle dans la méningite cérébrospinale manque assez souvent dans la forme purpurique.
Le méningocoque signalé dans les préparations de sang par quelques auteurs, n’a pas été retrouvé par Salarrier.
d} Gertaines localisations peuventapparaitre au début ou au cours de l’évolution : arthrites séreuses ou purulentes des plus fréquentes ; iridocyclites, mani. festations pulmonaires.
e) Les symptômes généraux, sont très variables suivant les cas. La température affecte le type continu, rappelant la fièvre typhoïde, ou le type pseudo: palustre, ou bien est irrégulière.
Dans le cas de fièvre intermittente l’état général
reste assez bon ; pendant l'accès le visage est vultueux, lé pouls rapide mais bien frappé ; après l’accès lé malade éprouvé une sensation de bien-être relatif.
Dans d'autre cas l’état infectieux grave se traduit
par dès Sÿmptômes plus alarmants : on noté dé l’agitation, du délire, une dyspnéé marquée avec cyanose, la langue est sèche, fuligineuse, la diarrhée fétide, profuse, le foie et la rate augmentés de volume, le pouls enfin est petit, filant, parfois impérceptiblé. La marche de l'affection est très différente d’un malade à l’autre ; aussi faut-il décrire plusieurs formes cliniques qui sont esséntiéllement des formes suivant l’évolution plus où moins rapide.
- B. — FoRMES cLiNIQUESs :
La forme foudroyanté (Garnot et P.-Marie. Pybus, Symmers, de Vérbizier) évolue ét tué en vingtquatre à quarante-huit heures.
Un adulte jusque-là en bonne santé est pris brusquement d’un grand frisson avéc sensation de malaise intense, de vomissements. Quelques heures après apparaissent dès éléments purpuriqués qui vont confluer pour former de grands placards. Une dyspnée intense se montre, le pouls s'accélère et devient rapidement incomptable. Le malade tombe dans le coma ét meurt.
Toute la maladie évolué en un jour ou mêmé quelques heures, la symptomatologie étant très
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réduite en raison de la rapidité de l’évolution. C’est en somme le tableau du «purpura fulminans » de Henroch et il est vraisemblable qu’un certain nombre de cas ainsi étiquetés rentre dans le cadre de septicémies méningococciques.
La forme suraiguë, se rapproche de la précédente en ce sens qu’elle est toujours mortelle, mais elle évolue moins rapidement.
Le début brutal ressemble à celui de la forme foudroyante. Dès les premières heures on peut voir apparaître des rashs transitoires, érythémateux, polymorphes. Le purpura ne se montre guère qu'au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures. Il augmente d'intensité de jour en jour, procédant par poussées successives, coïncidant avec des accès de fièvre qui donnent à la courbe thermique un aspect ondulant assez spécial.
La durée de l'affection se chiffre par semaines ou par mois (quatre mois et demi dans un cas de Netter). Cette forme peut guérir, mais parfois aussi la mort survient par cachexie ou du fait d’une complication.
À côté de ces formes purpuriques l’on doit signa-
ler avec Sainton des formes érythémateuses à type morbilliforme ou scarlatiniforme.
3° Forme typhoïde (typhose méningococcique).
C'est une forme rare. Elle débute insidieusement puis se manifeste par un ensemble de symptômes rappelant en tous points la dothiénenterie.
La fièvre est élevée et s'accompagne de somnolence, de stupeur ; la courbe thermique est cependant assez irrégulière, moins tendue que dans la fièvre typhoïde : Le pouls est accéléré. Il existe un état saburral de la langue avec diarrhée ocreuse, fétide.
La rate est grosse (Sainton) ou normale (Warfield et Walker). Les taches rosées signalées dans quelques observations, sont en réalité assez rares : l'herpès, par contre, est fréquent. L’hémoculture pratiquée sur bouillon, eau peptonée ou bile est
négative, ainsi que le séro-diagnostic de Widal.
Cette forme reste rarement pure et se complique en général de méningite.
4° Formes articulaires ou pseudo-rhumatismales.
Elles ont été bien étudiées par Sainton et Maille, Netter et Durand, Sainton et Bosquet.
Les manifestations articulaires si fréquentes dans toutes les variétés de méningococcémies prennent ici une importance primordiale et sont rarement le premier symptôme en date.
Fréquentes sont les arthralgies accompagnant ou suivant de près la première élévation thermique.
Assez souvent les arthralgies après avoir été généralisées se localisent sur une seule grosse articulation, le genou par exemple.
Les arthrites sont plus connues encore. Elles débutent dès la première semaine de la septicémie
À. Basiliadès 3
= 34 — ét péuvent toüchér n'importe qüéllé articulation, mais principalerient le génou.
Lé premier symptôme qui ättire l’ättention ë6st là tüuméfaction. L’ärticulation présente uñeé tumés faction des plus variablés, parfois très märquée ; au genou le choc rotulien est perceptible ; la peau est chaudé mais est très farément le siègé d’üne rougeur inflammatoire.
Par ailléurs, il n'existe qu'une douleur très miniiié, lès mouvéments limités sont possibles, ét lé peu d'intensité des troubles fonctionnels, alors qu'il éxiste ün gros gonflément de l'articulation, est assez caractéristique. l/indoleñce ést même parfois telle que l'existence de l’arthrite f’ést pas signalée par le malade et demande à être recherchée.
L’arthrite ne dure que quelques jours, puis atteint une autre articulation. Plusieurs articulations peuvérit être prises ainsi suécessivéient, l’inmobilité étant aussi grande que dâns lé rhumatisme articuz laire aigu. Cé caractère est particulièrement net chez l'enfant.
La ponction dé l'articulation montre l'existence d’un épanchement rarement séreüx, le plus souvent purulerit, ét ceci même dans les formes lés plus indoléntés, les plus latentes. Le liquide retiré est trouble, « vert gazon » (Sainton ét Maille) oufranchement pürulént, Il Goñtient dés polÿnucléaires profondément désintégrés, dé graähdés cellülés endothéliäles énserrées dans uné ganguüe fibrineuse épaisse. Aù début 1e méhiñgocoque peut
CO être mis en évidence soit par examen direct, soit par culture, plus tàrdivement il disparaît.
En général ces arthrites se résorbent même sans aucun traitement ; elles guérisséent complètement sans laisser aucune ankylose ou mêrne atcuüne rai: deur articulaire. |
5° Formes associées ‘et intriquées.
Dans certains cas les types cliniques ne sont pas aussi tranchés, il peut y avoir association de deux formes qui apparaissent successivement chez le même malade. L’affection débute, par exemple, par des symptômes typhoïdes, puis évolue ensuite sui: vant le type pseudo-palustre.
Dans les formes superposées ou intriquées il existe en même temps divers symptômes appartenant à l'uné quelconque des formes ci-dessus décrites. C’est ainsi que l’on peut voir des éléments purpuriques apparaître, au cours d’une cyrrhose méningococcique ou eh même témps que des accès intermittents.
6° Formes à début anormal.
En dehors des cas de pseudo-rhumatisme méningococcique, le début de la septicémie peut être marqué par une détermination viscérale telle que iridochoroïdite (Terrien), pleurésie, congestion pleuro-pulmonaire, endocardite ; ces formes sont exceptionnelles.
ME. 7: UTUEA 7o Formes atténuées ou frustes.
C'est le cas, par exemple, d’une arthrite purulente avec présence de méningocoques dans le pus articulaire, accompagnée d’hémoculture positive, et de fièvre durant seulement quarante-huit heures. Il s’agit d’une véritable « trambéé » articulaire éphémère (Sainton).
En temps d'épidémie, comme le font remarquer Sainton et Maille, la septicémie méningococcique pourra se traduire par toute une série d’états infectieux légers caractérisés soit par un embarras gastrique, soit par des arthralgies, soit par des éry-
thèmes, soit même par un simple état grippal.
CoOMPLICATION.
‘ Le méningocoque ayant envahi la circulation pourra naturellement atteindre les différents viscères, que ce soit au cours de la méningite cérébrospirale ou au cours d’une septicémie primitive.
Les localisations les plus fréquentes portent sur les méninges, les articulations, l’œil, les organes génitaux, l'appareil respiratoire.
I. — Les localisations sur les méninges sont de beaucoup les plus communément observées.
Le plus souvent, la complication est précoce, contemporaine de la septicémie; c'est ce qui se produit dans la méningite cérébro-spinale habituelle, dans laquelle au début méningite et septicémie sont con-
fondues. Mais dans quelques cas, surtout dans.ceux
traités par sérothérapie intrarachidienne, l’on peut observer une véritable « dissociation » : la méningite cède, mais la septicémie continue à évoluer (Berner, Sevestre et J. Hutinel, Lancelin, Brüûlé).
Dans une autre catégorie de faits, la méningite survient au cours d’une septicémie évoluant depuis quelques jours, quelques semaines ou même quelques mois (Ribierre). La méningite peut n’apparaître que comme un épisode disparaissant rapidement, ou venant terminer de manière fatale, Pévolution de la méningococcémie. Enfin, comme dans l'observation de Œttinger, P.-L. Marie et Baron, la méningite peut procéder par poussées successives.
Notons que la méningite est très variable comme intensité et comme manifestation symptomatique.
Il peut y avoir méningite franche avec syndrome clinique complet et liquide céphalo-rachidien purulent ou louche contenant des méningocoques.
Dans d’autres cas, il s’agit de véritables méningites latentes se traduisant seulement par un minimum de symptômes, légère raideur de la nuque, céphalée minime, ébauche de Kernig. Seule la ponction lombaire permet de reconnaître la présence du méningocoque sans aucune réaction chimique ou cytologique (Carnot et P.-L. Marie). Enfin, parlois, la méningite est une simple trouvaille d’autopsie (Elliot et Kaye, Blanchier de Verbizier).
Rappelons que pour Ribierre, Hébert et M. Bloch,
on peut observer une simple réaction méningée
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avec liquide céphalo-rachidien clair, mais présentant de l'hyperalbuminose, une légère réaction cytologique à type de pélynucléaires sans méningoe coque ; ces altérations seraient liées à une irritation de voisinage produite par des gîtes à méningocoques paraméningés. |
II, — Nous avons déjà signalé l'importance des manifestations articulaires, au cours des méningococcémies, dontelles constituent un véritable symptôme. Qu'il s’agisse d’arthralgies ou d’arthrites purulentes signalons deux formes exceptionnelles simulant l’une la tumeur blanche (Sainton), l’autre le rhumatisme gonococcique à forme plastique ankylosante (Sainton et Bosquet).
II. — Parmi les localisations oculaires, l’on ne doit retenir comme lésions imputables à la septicémie, que l’iridocyclite et l’iridochoroïdite.
Ces déterminations fréquentes ont été signalées déjà depuis longtemps, au cours de la méningite cérébro-spinale par différents auteurs, entre autres Morax, Terrier et Bourdier.
Elies peuvent apparaître au cours de toutes les formes de méninsococcémie. Elles se montrent en général, vers la deuxième semaine, parfois dès les premiers jours, ou même comme symptôme initial (Terrien).
Elles sont le plus souvent unilatérales, se produisant du côté où le malade a l'habitude de dormir
(Netter).
Dans Piridocyclite, l’infection atteint d'abord le
Segment antérieur,mais gagne les régions profondes de l'œil,
Elle s'annonce par une diminution de l’acuité vi-
suelle et une photophobie parfois intense. A l’examen, on constate une infection du segment antérieur, caractérisé par la constitution d’un cercle vasculaire périkératique profond. Au bout de quelques jours apparaît l’hypopion avec son aspect en croissant au point déclive. Il ya peu de douleur spontanée, mais de Ja douleur à la pression. La tension oculaireest souvent modifiée ; généralement l'œil est en lypotonie, mais dans certains cas peut se constituer un syndrome d’hypertonie. La pupille dilatée est souvent déformée par des adhérences (synéchies postérieures); elle réagit mal à la lu- “mière ; quant à l’examen endoscopique, il est souvent négatif, bien que les milieux tranparents aient parfois perdu de leur clarté, et qu’on observe assez fréquemment de petits amas pigmentaires (dépôts cyclitiques) à la face postérieure de la cornée.
Quelquefois l’on peut observer l'arrêt de l'infection et même la guérison sans trouble fonctionnel
persistant. Le plus souvent cependant, l’évolution se poursuit et si les exsudats se résorbent, il persiste souvent des lésions ophtalmoscopiques témoignant de l'infection choroïdienne. Enfin, même, à la suite de ces uvéites,on a pu constater l’atrophie du globe. Dans certains cas, les phénomènes peuvent évoluer plus rapidement en deux à trois jours, parfois même
vingt-quatre heures.