‹ Contribution à l'étude de la septicémie méningococcique et de son traitementChapitre 22 sur 44 · DU NE · texte numérisé non relu

DU NE

pas sur un milieu ordinaires mais seulement sur ceux contenant de l’albumine.

L'on ensemence donc 4 à 5 centimètres cubes de sang dans 250 centimètres cubes de bouillon ascite, ou de bouillon à l’œuf ou au bouillon Mentin glucosé.

Quand le méningocoque a poussé l’on pratique un isolement sur tubes de gélose ascite.

L'on peut également rechercher le diplocoque de Weichselbaum dans le liquide des vésicules recouvrant une tache purpurique ou dans la sérosité obte. nue par scarification des éléments purpuriques. L'on se contente dans ces cas de l'examen direct,car la culture donne trop souvent des résultats négatifs.

Les mêmes opérations pourront être faites avec le liquide des arthrites, celui des pleurésies, avec le pus de l’œil, dans l’expectoration. Toutes ces recherches devront être effectées précocement car en générai le méningocoque disparaît assez vite.

Enfin, qu'il y ait ou non méningite cliniquement appréciable, l’on pratiquera toujours un ensemencement du liquide céphalo-rachidien. :

Les cultures permettent d'obtenir le méningocoque qui se présente, après coloration, sous sa forme habituelle de coccé isolés ou de diplocoques en grains de café,parfois de volume très inégal,dans les premières cultures, Ces diplocoques ne prennent pas le Gram.

Dans l’examen direct du pus, le méningocoque se montre le plus souvent à l’intérieur des cellules ou

même en dehors d'elles.

À. Basiliadès 4

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b) Identification. — Les différentes épréuves pré: cédentes doivent être complétées par l'identification.

L'on détérmine si le microbe est bien un méningocoque, et à quel type il appartient.

L'on pratique le procédé desfermentations sucrées; tous les types de méningocoques font fermenter le glucose et le maltose, mais restent sans action sur le lévulose.

Surtout l’on recherche l’agglutination, celle-ci est réalisée par le procédé macroscopique.

On prélèvé une anse de la culture jeune sur gélose ascite qu’on émulsionne dans de l’eau physiologique. L’on met ensuite cette émulsion en présence de dilutions de plus en plus grandes de sérum agglutinant, respectivement le méningocoque À, B, C.

Le méningocoque agglutiné spécifiquement par tel ou tel sérum est ainsi facilement identifié. Parfois cependant il se produit des agglutinations. Il faut dans ce cas, pratiquer l’agglutination avec les sérums agglutinants saturés suivant le procédé rapide de Dopter et Dujarrier de la Rivière.

Plus rarement l’on recherchera la précipitation, la fixation du complément.

c) Si la recherche du méningocoque à échoué, surtout si elle a été trop tardivement faite, l’on pourra pratiquer l’agglutination de cultures de méningo: coques avec le sérum du malade.

SÉROTHÉRAPIE,

La préparation du sérum antiméningococcique commença dès que Weichselbaum eut repris la description du germe qu'ilavait découvert en 1886 et dès qu'il en eut établi définitivement l’individualité et le rôle dans l’étiologie de la méningite cérébrospinale épidémique.

En 1906,Flexner réussit à immuniser des chevaux en leur injectant des cultures de méningocoques et faitconnaitreles premiers résultats de ses recherches.

En même temps Markl en Autriche, Ruppel en Allemagne, publient leurs travaux.

M. Dopter, à la fin de 1907, commence à préparer un sérum aäntiméningococcique, qui peut être utilisé en France, dès 1908, au cours d’une épidémie : smportante.

Il est possible de juger de son efficacité par la baisse dans une forte proportion de la mortalité.

En France, à cette époque, MM. Netter et Debré publient leurs statistiques : au lieu d’un pourcentage de 37 % de mort avant le sérum, ils montrent une chute de ce taux à 10,9 % dans les cas traités par le

sérum:

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Ces auteurs peuvent conclure à ce moment que la sérothérapie n’abaisse pas seulement la mortalité, mais elle atténue les symptômes, abrège la durée de la maladie et empêche les complications. Dans un certain nombre de cas la guérison se fait par une défervescence brusque qui fait suite à l’injection du sérum. Avant 1909, la léthalité des méningites traitées par M. Comby était de 75 %, elle tombe à 43 % après l'avènement de la sérothérapie.

M. Debert apporte à la Société médicale des Hôpitaux les résultats obtenus au cours d’une épidémie (14 cas non traités avec 10 décès, 4 cas traités, 4 guérisons).

MM. Barbier et Vaucher de même constatent les heureux effets du sérum dont l’action leur paraît s'exercer sur la température, qui s’abaisse dans les 4 à 5 heures suivant l'injection, sur les phénomènes méningés, sur la durée et les complications.

M. Pierre Teissier montre également que la mortalité à l'Hôpital Claude-Bernard est tombée audessus de 19 % au lieu de 75 à 80 % avant la sérothérapie.

En Amérique à la même époque :

Koplik voit dans son service la léthalité passer de 51,3 % à 18,18 %.

Flexner sur 712 malades n’a que 221 décès, soit 31,4%.

Ker, en Angleterre, note les mêmes résultats : 43% au lieu de 80% ; de même en Allemagneeten Autriche, la mortalité est abaissée. |

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En 1909 et 1910, la sérothérapie a du succès.

En 1911, M. Dopter tsolele groupe des para-méningocoques voyant que dans certains cas de méningite ou de septicémie à méningocoques, le sérum n'a aucune action. Or, précisément, le germe isolé par culture du liquide céphalo-rachidien ou du sang, bien que présentant les caractères essentiels du diplocoque de Weïschselbaum,en diffère par certains autres : absence d’agglutination,de précipitation, de bactériolyse avec le sérum antiméningococcique en usage à cette époque.

Les paraméningocoques sont d’ailleurs très rarement observés et les méningocoques se rencontrent à cette époque dans 95 % des cas : ces résultats incitent M. Dopter à préparer un sérum antiparaméningococcique, ne paraît le céder en rien au sérum antiméningococcique. En France, jusqu'à la guerre, les résultats obtenus dans le traitement de la méningite cérébro-spinale paraissent aussi satisfaisants et l'opinion, admise par tous les auteurs et devenue classique, de la valeur thérapeutique de la sérothérapie, et soutenue par M. Martin dans son rapport à la Société médicale des hôpitaux'en 1915 : l’action du sérum, est suffisammentidémontrée par l’abaissement de la mortalité: 65 à 80 % avant la sérothérapie ; 14 à 15 % depuis l'emploi du sérum.

Mais à la même époque une opinion contre commence à l'étranger.

Surtouten Angleterre Rolleston, Rurke, Abraham et Rowland, Ellis, Gaskell et Forster, A. Garner,

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Robb, devant la fréquence croissance des insuccès, en recherchent les causes et signalent la prédominance des méningites à paraméningocoques. Gordon un peu plustard distingue quatre groupes différents, I, 11, III, IV, de même que en 1910-1911 et en 1914, M. Dopter qui a pu isoler 3 races de paraméningocoques : 4, B, y.

En France, en 1917 seulement, MM. Maurice Nicolle, Debains et Jouan reprennent l'étude des paraméningocoques et modifient l'appellation de ces germes qu’ils classenten méningocoques AB, 650 et préparent avec M. Netter des sérums monovalents etun sérum polyvalent À et B, pour commencer le traitement en attendant l'identification du germe en cause. D'ailleurs, il est rapidement établi que dans 85 à 90 % des cas de méningite, on rencontre le méningocoque B ; dans les autres le méningocoque A,et tout à fait exceptionnellement le méningocoque C.

Mais en Angleterre, très vite l'opinion domine que les résultats étaient moins satisfaisants même en employant le sérum correspondant. |

En France, toutes les observations recueillies confirment cette notion, et on signale de tous côtés que le sérum antiméningococcique B parait doué d’un pouvoir curatif inférieur à celui des autres sérums antiméningococciques. M. Dopter fait remarquer cependant l'importance du résultat obtenu, puisque les méningites à méningocoques B, non traitées avec

la sérothérapie, sont presque toujours mortelles.

À cause des insuccès de plus en plus nombreux dans les années qui suivirent la guerre, la question de la sérothérapie se pose d’une façon un peu inquiétante, malgréla préparation des sérums spécifiques.

En 1923, au Congrès de Médecine de Bordeaux, la sérothérapie fait l’objet d’une étude. M. Dopter, dans son remarquable rapport, examine les résultats acquis, précise la conduite à tenir au cours du traitement de la méningite cérébro spinale et envisage les moyens d’obvier aux échecs. M. Dopter et M. Netter semblaient montrer l’action du sérum. M. Dopter avoua lui-même que même avec une conduite régulière, la sérothérapie se heurte encore à une assezgrosse part d’insuccès, et les causes, d’après M. Dopter, de ces insuccès seraient : virulence du germe (efficacité moindre du sérum antiméningococcique B), associations microbiennes, âge des malades,et surtout disposition anatomique des lésions. Ce même auteur insiste tout particulièrement sur ces dernières : cloisonnements méningés et ventriculite, contre lesquelles il serait nécessaire de pratiquer des ponctions cervicales ou sous-occipitales, des ponctions sphénoïdales et principalement ventriculaires. Ces méthodes thérapeutiques nouvelles, destinées à porter au siège même des lésions le sérum anti-microbien, doivent être appliquées, dès que l’on soupçonne une méningite cloisonnée ou une ventriculite avec pyocéphalée.

M. Lewkowicz d’ailleurs va plus loin et, pensant que la lésion ventriculaire est la première en date,

pratique systématiquement, dès le début du traitement, les injections ventriculaires de sérum.

Les résultats ont-ils répondu à l'attente des promoteurs de ces nouvelles méthodes ? L’efficacité de celles-ci semble être très variable dans les faits cités dans le rapport de M. Dopter : à côté des succès obtenus par MM. Cantas, Ravaut et Kronulizky, L. Girard, les malades de MM. Chartier, Netter, de mon maître Boïidin et Weissembach, n’éprouvèrent aucune ‘amélioration par la sérothérapie rachidienne haute. La ponction sphénoïdale employée dans trois cas de M. Cazamian avec injection de sérum, semble avoir donné quelques résultats, mais encore trop peu nombreux. M. Dopter, en 1923, a pu réunir 35 observations avec 26 morts, soit une mortalité de 72 %. Les essais des auteurs étrangers ne sont pas plus encourageants (une guérison sur 5 cas de MM. Landy et Hailey, 9 décès sur 9 de M. Etainby). M. Lewkowicz en traitant systématiquement les malades parles injections ventriculaires, trouve qu'ils ne sont pas supérieurs à ceux que l’on obtient par la sérothérapie lombaire (36 % morts).

M. Dopter à la fin de son rapport a d’ailleurs conclu que si cette intervention peut être acceptée chez le nourrisson parce qu’elle est facile, il est difficile de la faire admettre dans la deuxième enfance et dans l'adolescence où il faut attendre au

moins que l'épendymite se révèle pour entreprendre la trépanation. ÿ

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L'efficacité de ces méthodes fut d’ailleurs si variable que nombre de médecins préférèrent adjoindre à la sérothérapie, lorsque celle-ci était mise en échec, des thérapeutiques nouvelles, et cette pratique est déjà si répandue qu’au Congrès de Médecine de Bordeaux, à côté du rapport de M. Dopter, se place le rapport particulièrement intéressant de mon maître Boidin sur les méthodes: adjuvantes du traitement des méningococcies : Les moyens adjuvants de la sérothérapie dans le traitement de l'injection ménogococcique :

« La sérothérapie est l’acte capital ; elle doit être instituée avec rigueur et poursuivie jusqu’à la limite de ses possibilités. Mais elle reste parfois impuissante à juguler l'infection, elle peut déterminer une irritation méningée qui contre-indique la continuation de son emploi par voie rachidienne. » C’est dans ces cas quil peut être utile de recourir aux méthodes adjuvantes parmi lesquelles mon maître envisage surtout la bactériothérapie, la pyothérapie, la protéinothérapie, les métaux colloïdaux,

Dans une première partie il établit pour chacune de ces méthodesle bilan des faits cliniques et étudie leur mode d'action. Dans une seconde partie, il expose leurs indications dans les différentes formes | cliniques de l'infection méningococcique.

A. — La bactériothérapie a été tentée en Angleterre eten France en 1915 alors que la sérothérapie,

pour les raisons exposées précédemment, ne don-

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