OBSERVATION XVIII
M. P..., 793 ans, entre le 28 février 1926 à l'Hôpital Claude- Bernard, en plein coma. On n’a aucun renseignement sur le début de sa maladie qui semble évoluer déjà depuis quelques jours, d’après ce que l’on a appris plus tard.
Le malade présente une raideur vertébrale intense avec signe de Kernig. Température 400. Pouls 116.
Sur tout le revêtement cutané, on constate la présence de nombreuses petites taches purpuriques disséminées.
Le liquide céphalo-rachidien est purulent et hypertendu. Au microscope, on voit de nombreux polynucléaires très altérés et des méningocoques qui poussent sur gélose ascite en colonies abondantes; l'identification ultérieure montre qu'il s’agit d’un méningocoque B.
L’'hémoculture est positive ; le méningocoque pousse avec une extrême rapidité en grande abondance.
Traitement.—Injectionintra-rachidienne de 1 cm* d’endoprotéine.
rer mars. — Le malade est sorti du coma ; il est éveillé et commence à parler. La température descend progressivement; raideur est moins accusée. Devant cette améliora-
A. Basiliadès 8
AW = tion, on s’abstient de répéter l'injection intra-rachidienne : on se contente d’une injection sous-cutanée de 2 em” d'endoprotéine.
2 mars. — L'amélioration ne s’est pas complétée ; au contraire le malade est plus abattu, somnolent et ne répond plus aux questions,
De nombreux éléments purpuriques apparaissent sur le corps ; la température remonte et le liquide céphalo-rachidien est plus clair, mais contient encore des méningocoques.
Traitement. — injections de 2 cm° 5 d'endoprotéine par voie rachidienne.
3 mars, — L'état du malade s'aggrave; coma complet.
Le malade meurt le 4 mars.
L’autopsie n’a pu être pratiquée.
En résumé, méningite à méningocoque B avec septicémie chez un malade âgé de 73 ans.
Amélioration passagère à la suite d’une première injection, Puis reprise de l'infection et mort.
Le pronostic de cette méningite était évidemment très sévère, du fait de l’âge avancé du malade, et du traitement tardif : le malade est arrivé dans un état comateux complet et il était atteint depuis plusieurs jours.
Indépendamment de l’âge du malade, la gravité de l'infection méningococcique méningée et sanguine venait encore assombrir le pronostic.
La première injection intra-rachidienne fit dispa-
raître l’état comateux et permit une atténuation des
phénomènes généraux telle que l’on se dispensa de répéter l'injection rachidienne le % jour; c'était peut-être à tort, car après cette rémission incomplète, l'infection reprit plus violente et la 2e injection intra rachidienne ne sembla avoir aucune action.
Faut-il faire intervenir dans cet échec, indépendamment de la gravité de l'infection, le défaut de réaction d’un organisme sénile ? Il est possible que la protéinothérapie soit moins efficace chez les sujets âgés.