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En même temps le laboratoire répondait :
Les cultures n'ont donné aucune colonie. Sur frottis, en plusieurs préparations : polynucléaires à peu près aussi nombreux que dans les précédents examens.Lymphocytes et mononucléaires en diminution. Sur plusieurs lames, un examen approfondi a montré dans un polynucléaire trois méningocoques se colorant mal et d'aspect altéré. Pas d’autres microbes sur frottis.
La discordance entre les résultats fournis par le laboratoire et les constatations évidentes de la clinique étant flagrantes on songea tout d’abord à l’attribuer à une influence sérique. Mais d’autres symptômes vinrent s'ajouter qui firent modifier le diagnostic : Hémiparésie droite, nette, bien dessinée, portant sur le fac. inf. les‘membres sup. et inf. (Babinski positif, exagération des réflexes ; sensibilités intactes) ; une aphasie complète pour les mots français avec conservation de quelques mots espagnols ; périodes d’agitation et périodes de torpeur ; diminution extrême de la vue. L'examen des yeux, pratique par M. Poulard ne décèle d'altération ni dans la musculature, ni dans les milieux des yeux. L'explication du désaccord parut alors avoir sa cause dans l'arrêt de communication entre le réservoir rachidien, stérilisé, et le réservoir encéphalique ventriculaire, infecté, et le diagnostic qui fut posé fut celui de ventriculite hypertensive.
Deux méthodes de traitement pouvaient être mises en jeu : La première consistant à trépaner la boîte cranienne, et pratiquer ou bien la ponction ventriculaire, ou bien l’inoculation sérique descendante, cranio-rachidienne ; la seconde : amorcer le courant descéndant du réservoir supérieur encéphalique par la soustraction répétée matin et soir du liquide du réservoir rachidien, et faire suivre cette extraction d'injection de sérum.
M. de Martel, consulté, fut d'avis que expérimentalement la première méthode ne donnerait rien, et que,dans l'espèce,
la répétition des ponctions lombaires pouvait assurer le rétablissement du cours de la circulation du liquide C. R.
On conclut à l'intensification du traitement sérique.
Ainsi se termine la première phase de la lutte, phase sérique polyvalente, insuffisante.
Du 27 au 30 janvier, pendant trois jours consécutifs, après soustraction de liquide C. R. on injecte dans le rachis 40 ce. le matin, 50 cc. le soir, de sérum anti B.
Le 30 janvier ; analyse cytobactériologique : Après centrifugation, dépôt assez abondant. L'examen montre de nom-
breux polynucléaires altérés, et de très nombreux méningocoques intra-cellulaires.
Cliniquement l'aspect de la malade ne s’est point modifié. Les désordres nerveux (hémiplégie, rachialgie, raideur de la nuque, Kernig, Babinski, asthénie, rétension d'urine) et. les désordres viscéraux (tachycardie, anorexie, constipation) n'ont subi aucune espèce d'amélioration, seule la température n’est pas en rapport avec l’ensemble de la symptomatologie.
Le 31 janvier tous les signes cliniques persistent, état de la malade sans modification, présence de méningocoques dans le liquide C. R.
C'est alors qu'à l’instigation de M. Netter, on vient ajouter aux deux injections quotidiennes de 50 cc. de sérum intrarachidien, une injection de 40 cc. de sérum anti B, pratiquée chaque jour à midi dans les masses lombaires. Soit en tout, chaque 24% h., 140 cc. de sérum anti-méningococeique.
Du 4e'au 5 février, clinique et laboratoire ne permettent d'enregistrer que de minimes modifications.
A partir du 5 jusqu'au 8, l'étude quotidienne du liquide C. R. montre la régression de l'infection ; il est, à la fin, simplement coloré par le sérum. En même temps, les signes cliniques semblent s'atténuer légèrement.
Le 8février, après injection (intra-rachidienne et intramusculaire) de 1390 cc. de sérum en onze jours, le Profes-
PNR
seur Dopter constate, avec le retour à la transparence du liquide C. R. la disparition du méningocoque. Et comme l'ensemble des désordres subit une régression manifeste, on cesse l'injection intra-rachidienne du matin, et da abs intra-musculaire.
Du 8 au 11 février on ne pratique plus que le soir une injection de 60 à 49 cc. de sérum anti B. Le liquide C. R. est clair et stérile, la régression des signes cliniques s’accentue.
Pendant toute la durée du cycle sérique, les accidents dus au sérum ont été légers : urticaire disséminée, prurit, placards érythémateux, arthralgies légères (genoux). |
Enfin, le 12 février, après avoir reçu en 24 jours la dose énorme de 1730 ce. de sérum anti-méningococcique dont 4410 cc. par la voie intra-rachidienne, Madanie OI. sort de sa longue maladie ; la période de lutte sérique est terminée, la convalescence commence.
Quoique la suite de cette observation ne se rapporte point au sujet de notre thèse, qu'il nous soit permis d'ajouter qu'une dizaine de jours après, notre malade fit un volvulus cæcal. Opérée d'urgence par M. de Martel, elle guérit.
Actuellement (juillet 1922) sans présenter aucune espèce de séquelle, Mme OI. à repris sa vie d'autrefois.