‹ Contribution à l'Étude de la Simulation et de l'Interprétation des Accidents du TravailChapitre 11 sur 21 · ALAN, PUS · texte numérisé non relu

ALAN, PUS

à cet accident lui-même et il reste dans cet état de tension d'esprit jusqu'au moment où le procès est jugé. L'exagération est en général assez facile à déceler, car elle repase sur des bases peu solides ; le peu de rapport quiexiste entre lagravité des déclarations du malade et l’insignifiance des signes ôbjectifs, mettra l’expert en éveil et le conduira au diagnostic exact. Les observations qui suivent en sont la preuve :

Observation

Le 7 mai 1907, M. le D' Balthazard, professeur agrégé de médecine légale à ia Faculté de médecine de Paris, est commis par jugement du tribunal civil de la Seine à l'effet de voir et visiter V..., et dire quelles ont été ou seront les blessures produites par l’accident, quelles ont été ou seront les conséquences au point de vue de l'exercice tant de la profession du demandeur que de toute autre profession (incapacité temporaire ou permanente partielle.)

M. le Dr Balthazard a rempli sa mission le # juin 1907 et voioi çuel est le résultat de ses constatations : |

Circonstances de l'accident. — Le 14 avril 1906, V... qui exerce la profession de vidangeur, est tombé surile genou droit en transportant une lourde tinette. Le genou est aussitôt devenu noir et a enflé (déclaration du témoin B...).

V... futreconduit chézlui et ne put reprendre son travail. Bien que la consolidation ait été fixée au 5 août, à la suite d’un rapport. du Dr X..., V... déclare qu'après une tentative infructueuse,

il est resté au repos tout l’hiver et qu'il n’a recommencé à tra-

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vailler qu'en avril 1907 avec un salaire très inférieur à celui qu’il gagnait avant l’accident.

Certificats remis par les parlies. — Le D: X..., expert commis par M. le juge de paix déclare en date du 26 juillet 1906 : « Le blessé se plaint de ne pouvoir marcher sans l’aide d’une canne, de ne pas poufoir plier la jambe sans déterminer une douleur qu’il localise au niveau de la tubérosité tibiale. La palpation montre que la partie douloureuse correspond à la crête tibiale depuis la tubérosité jusqu’à quatre ou einq travers de doigt au-dessous. La lubérosité est élargie. L’articulation du genou est libre. Et le D X... conclut : « V.. présente encore actuellement un peu de périostite de la tubérosité antérieure du tibia droit » et il admet que l’incapacité temporaire se prolongera jusqu’au 5 août 1906, mais qu'il n’existera pas d'incapacité permanente. “4 | |

Le 3 septembre 1906. Le Dr Visa délivré le certificat suivanl qui a provoqué lenuele du juge de paix de actuellement, au lieu d'insertion des tendons articulaires: V... accuse une vive douleur. Il existe d'ailleurs à cet endroit un épaississement de l'os. La mensuration des cuisses prise à 8 centimètres au-dessus de la rotule présente une différence au moins de 1 centümètre, droile sur gauche. A 16 centimètres cette différence dépasse 3 centimètres, On doit donc conclure que du fait de son

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accident V... conservera une incapacité permanente et partielle l /

assez considérable ».

Examen de V.. — V... se présente à l'expertise marchant sans canne ; 1l ne boite pas et ne paraît éprouver aucune gêne à marcher. Il déclare que les douleurs ne surviennent dans son genou droit que lorsqu'il porte un fardeau et qu’il se retourne

: \ A brusquement, ou lorsque son pied bute, Pour cette raison

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ilne pourrait pas reprendre son ancien mélier de vidangeur -

Les mouvements de l'articulation du genou ont la même liberté et la même étendue à droite qu'à gauche ; ils provoquent des craquements des deux côtés. L'épaississement de la tubérosité antérieure du tibia est beaucoup moins manifeste que lors de l’examen du Dr X... La pression de la face interne du ligament rotulien, près de son insertion tibiale semble provoquer de la douleur, mais cette douleur n’est certainement pas très vive, comme on peut sen assurer en détournant l'attention du malade pendant l'exploration.

La circonférence du genou droit ne surpasse pas celle du genou gauche ; la périphérie du mollet, dans la partie la plus saillante, mesure à droite 36 centimètres, à gauche 35 cm. 5 ; la cuisse, à 20 centimâtres au-dessus de la rotule, a 45 centimètres de tour à droite, 44 à gauche. Non seulement il n’existe pas d’atrophie musculaire/de la jambe droite, mais celle-ci présente sur la jambe gauche la prédominance musculaire qui est habituelle chez les droitiers.

Des lésions consécutives à l'accident dont a été victime V..., il ne subsiste donc rien, ni hypertrophic osseuse, ni altérations articulaires, ni atrophie musculaire. Il ne subsiste qu'une douleur que réveilleraient les mouvements actifs et violents et qui

s’opposerait à l’exercice d’une profession de force :

; en réalité,

depuis le mois d'avril, V.., travaille et fait un métier assez pénible puisqu'il roule des tonneaux chez un marchand de vin. D’autre part, sans parler de simulation, on est bien autorisé à penser que V. . exagère une douleur que.n’explique pas l’existence de lésions locales et qui n’est pas sous la dépendance d’une névrose traumatique dont elle constituerait l’unique symptôme.

Dans l'impossibilité de vérifier l'existence d’une douleur pure-

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ment subjective et d’aider le blessé à apporter au tribunal la preuve que cette douleur diminue sa capacité pour le travail, l'expert ne peut que rejeter l'incapacité permanente partielle.

Si l’on se reporte aux termes du rapport du D° X.. en date du 26 juillet, on verra que le délai qu'il indique pour la date de la guérison au $ août 1906, est un peu court, eu égard aux graves lésions constatées à cette époque : « périostite de Ja tubérosité antérieure du tibia ». Il ne paraît pas exagéré de reculer jusqu’au 1 novembre 1906 la date de la donso date de la blessure. |

Conclusions. — 1° V..., a été atteint de périostite de la tubérosité antérieure du tibia droit, blessure qui s’est consolidée à date du 1° novembre 1906. ;

2 Cette blessure ne paraît avoir entraîné aucune incapacité permanente partielle.

Suiles judiciaires. — V... a été débouté. de sa) demandes de

rente par Jugement en date du 16 juillet 1907.

Observation IT

M. le D‘ Balthazard, commis par le Président des conciliations du tribunal civil à l’effet de voir et examiner l’ouvrier menuisier H..., dire quelles ont été et seront les conséquences de l'accident dont il a été victim?, fixer le cas échéant le quantum

de la réduction de capacité professionnelle et la date de la consolidation de la blessure, a rempli sa mission le 5 décembre 1907, et voici ses constatations :

Circonstances de l'accident. — Le 25 avril 1907 H£ était | occupé dans une maison en construction à des travaux de

menuiserie. lorsque l’échelle sur laquelle il était monté glissa.,

Das

11 fit une chute d’une hauteur de 5 mètres environ sur le sol et sè foula le pied gauche. Pendant cinq semaines H... dut garder le lit, pour une blessure que le D” X... a diagnostiquée : Entorse du cou-de-pied. Quinze jours furent nécessaires avant qu’il put reprendre son travail. « Encore déclare-t-il qu'il l’a repris prématurément le 10 juin 1907, car il s’est trouvé constamment gêné pour monter sur les échafaudages et pente à cette circonstance qu’il devait d’avoir été renvoyé par son patron le mois dernier. R

Examen de H...— L'examen le plus minutieux du pied gauche ne permet de relever aucune anomalie, soit dans la forme des os du tarse, soit dans leur situation respective,

Le pied n’est pas gonflé: les mouvements d'extension et de flexion du pied, les mouvements de latéralité ont la même amplitude que pour le pied droit. Le D' X... déclare avoir constaté il ya un mois, une ankylose partielle de l'articulation du cou-de-pied ; une amélioration s’est alors certainement produite depuis cette époque ; car il n’existe plus trace d’ankylose de Particulation. ;

Pas de troubles trophiques, pas de symptômes sensitifs objectifs. H... se plaint d’éprouver, nl a beaucoup marché, une douleur en arrière et au-dessous du talon gauche, mais rien ne permet de vérifier l’existence de cette douleur ou d’expliquer sa cause.

De même, H... déclare se fatiguer plus vite de la jambe gauche que de la droite ; or il n’existe pas de trouble de la marche, pas de bhoiterie appréciable et les muscles du mollet gauche ne sont nullement atrophiés. : t

En résumé, s’il est admissible que H.. éprouve quelques

troubles légers à la suite de l’entorse du pied gauche dont il à

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