‹ Contribution à l'Étude de la Simulation et de l'Interprétation des Accidents du TravailChapitre 13 sur 21 · DT UE · texte numérisé non relu

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en juger par les réactions du blessé, cette douleur n'est certai-

nement pas très vive. Il n'existe d’ailleurs aucun trouble objec-

tif de la sensibilité : les sensations douloureuses, tactiles et ther-

miques sont partout bien perçues.

La colonne vertébrale ne présente aucune déformation, aucune

ankylose. Les réflexes rotuliens sont normaux; pas de troubles

des sphincters. La radiographie qui m'a été remise ne fournit aucun renseignement important sur l’état de la colonne vertébrale, elle montré au moins qu’il n’y a aucune fracture de côtes à droite.

En résumé, il semble bien résulter que G.. a été atteint d’une lésion traumatique assez sérieuse de la région lombaire, déterminant un. lumbago. Actuellement, les mouvements de flexion et d'extension du tronc, fréquents dans la profession de maçon, seraient rendus pénibles par la douleur qu'ils provoquent. Cet endolorissement de la région lombaire, même six mois après l’accident, n’est pas invraisemblable ; mais aucun des symptômes dont se plaint G.. ne peut être contrôlé par l’expert, tout est d'ordre subjectif. Tout ce qu’il est possible de dire, c’est que dans le cas où les douleurs seraient réelles, l’exagéra tion serait manifeste.

Dans l’impossibilité de trouver une lésion organique des vertèbres, des articulations vertébrales, de la moelle, susceptible d’expliquer la cause des douleurs ressenties par G..., l'expert ne peut admettre une infirmité permanente partielle, Seule, une

‘surveillance continue dans un service d'hôpital permettrait d’apporter à l’appui de la demande de G..., la preuve nécessaire.

Si ses douleurs étaient réelles, la réduction de capacité pourrait être évaluée à 10 pour 100, et, comme de son aveu même,

depuis le 19 avril 1907, son état n’a pas varié, c’est à cette

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date qu'il conviendrait de placer la consolidation de la blessure,

Conclusions. — 1° G... a subi un traumatisme assez sérieux de la région lombaire, ayant occasionné un lumbago qui existerait encore à l’heure actuelle ;

2° De tous les symptômes que dit éprouver G..., aucun ne peut être contrôlé; l'expert est donc incapable d’apporter le moindre élément de preuve à l'appui des revendications de G...; | :

30 Si l’on admet la réalité des douleurs qu’accuse G..., il faut admettre une réduction de capacité de 10 pour 100;

4 L'amélioration s'étant poursuivie jusqu’au 19 avril 1907, d’après G..., et l’état devenu stationnaire depuis, c’est à cette date qu’il convient, conférmément au rapport du D: Y.…., de placer la consolidation de la blessure.

Suites judiciaires. — G... a été débouté de sa demande par jugement en date du 20 janvier 1908. À fait appel. Arrêt confir- . matif le 9 avril 1908.

Observation VI

tee de M. le D: Balthazard le 18 avril 1908, par ordonnance du Président des Conciliations du Tribunal civil, en date du 13 avril 1908 à l’effet de voir et examiner le nommé Le B...

Circonstances de l'accident. — Le B... âgé de 25 ans est poseur de rails. Le 1°" octobre 1907 il transportait un rail avec des camarades et se trouvait près de l’extrémité antérieure. Au moment de mettre le rail à terre, une bavure d’acier sur la section du rail le coupe à l’avant-bras droit :

« Plaie transversale de l’avant-bras, de 8 centimètres, me À ? ?

0e paraissant, sauf au milieu de la plaie, n’intéresser que les parties superficielles », déclare le D' X.. qui a vu le blessé le jour même de l'accident. Le B...a été soigné par le D'X.. jusqu’au 11 décembre et a eu ensuite recours aux soins des D:Y,-et/72.

Le salaire entier lui a été payé jusqu’au 1° février 1908, mais le blessé. déclare qu'il lui a été impossible de recommencer à travailler

Haaen delLeiBt 2 0n note à la face antérieure de l’avantbras droit une cicatrice rosée, longue de 6 centimètres, oblique un peu en bas et en dehors, siégeant à 9 centimètres au-dessus du pli de flexion du poignet. Cette cicatrice est souple, non douloureuse, mobile sur l’'aponévrose antibrachiale superficielle.

Le B... se plaint de ne pouvoir se servir de sa main à cause de la faiblesse extrême du pouce et de l'index droits. On constate en effet que les trois derniers doigts se fléchissent normalement, mais que l’index et le pouce n'ont que des mouvements de flexion très limités. Demande-t-on au blessé de serrer fortement avec ces deux doigts, aussitôt il contracte tous les muscles du bras et même ceux de l’épaule qui s'élève, mais le pouce et l'index restent raides et étendus.

Il n'existe pourtant NA lésion dans les articulations, aucune adhérence des tendons aux gaines synoviales, les mouvements passifs des doigts s’exécutent normalement et avec souplesse.

On se trouve donc en présence d’une paralysie presque com- plète de la flexion pour le pouce et l'index droits, qui se complique, dans les tentatives de flexion volontaire de ces doigts d’une contracture de tout le membre supérieur droit et même

de l’épaule droite.

Il existe des troubles de la sensibilité objective, localisés à

} — 1 — | q la moitié externe de la main droite; ils consistent en hypoesthé-

sie (diminution des sensations tactiles) avec analgésie (abolition des sensations douloureuses) localisées exactement à la moitié externe de la main et du poignet, tant sur la face palmaire que sur la face dorsale, et englobant le pouce, l'index et seulement la moitié externe du médius.

Étant connus les territoires d'innervation du médian, du radial et du cubital, pour expliquer les troubles sensitifs que présente Le B... par des sections nerveuses, même en négligeant les petites différences pour l'extrémité des doigts, il faudrait admettre au moins deux sections nerveuses : section d’une branche du radial qui innerve la moitié externe de la face dorsale de la main, section d’une branche du médian qui innerve la moitié externe de la face palmaire de la main.

Le B... ne travaille certainement pas depuis longtemps (l’état de ses mains le prouve) : il n’existe néanmoins aucune atrophie musculaire. Les muscles fléchisseurs des doigts paralysés en particulier ont leur volume normal.

Aucun trouble trophique.

On déterminerait des douleurs en exerçant des pressions sur lPavant-bras, le long du trajet de l'artère radiale, jusqu’au coude, en avant de l’articulation radio-humérale, et sur le bras dans la gouttière bicipitale externe jusqu'au deltoïde, Pas de

À douleurs sur le trajet du cubital, pas de douleurs au niveau de la gouttière de torsion de l'humérus, où passe le nerf radial. Sauf dans la partie supérieure du bras,le trajet douloureux indiqué par Le B...correspond assez bien au parcours du nerf radial,

Bien que Le B... n’ait pas un aspect très viril, on ne trouve chez lui, en dehors d’une anesthésie pharyngée, aucun stigmate

hystérique, aucun symptôme neurasthénique.

Discussion. — La question qui se pose consiste à recherchesi les troubles que présente Le B... sont en rapport avec une section nerveuse auquel cas ils seraient incurables et définitifs.

Résumons ces troubles nerveux, ce sont :

1° Une paralysie des muscles fléchisseurs de l'index et du pouce droits. Or les faisceaux correspondants des fléchisseurs communs des doigts superficiel et profond, et le fléchisseur propre du pouce sont tous innervés par le médian.

20 Des troubles de la sensibilité dans la moitié externe de la main ; be palmaire : territoire du médian ; face dorsale: territoire du radial.

3° Des douleurs à la pression le long du trajet de la branche

antérieure du radial.

La blessure de Le B... aurait dû intéresser, si ces troubles nerveux étaient d’origine organique, la branche antérieure du radial, les rameaux cutanés du médian et les rameaux externes profonds du même nerf. Cette complication est absolument invraisemblable, d'autant plus que la blessure était absolument superficielle, qu’elle n’a contracté aucune adhérence avec les plans profonds et qu’on ne sent à la palpation aucune cicatrice de l’aponévrose superficielle de l’avant-bras.

D'ailleurs avec la contracture musculaire qui n’est peut-être qu’une contraction volontaire, au moment des efforts pour fléchir les doigts, Le B... ne se comporte nullement comme di était atteint d’une paralysie organique. Son attitude ne s’explique que par deux hypothèses : simulation ou névrose traumatique. Nous les examinerons successivement toutes deux.

Nous ferons remarquer d’abord qu’il n’est pas un symptôme

parmi ceux que présente Le B... qui ne puisse être simulé ; mais

leur groupement ne paraît pas, en cas de simulation, être spon-

Re

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