‹ Contribution à l'Étude de la Simulation et de l'Interprétation des Accidents du TravailChapitre 14 sur 21 · LE AE TA · texte numérisé non relu

LE AE TA

tané. Malgré les invraisemblances et les inexactitudes, le tableau clinique est bien celui des sections nerveuses. Troubles moteurs, anesthésie et analgésie, douleurs à la pression le long du tronc nerveux. Le B... n’eût pas inventé qu’il existe dans les sections nerveuses ces trois ordres de symptômes. Les seuls qu'il ait oubliés sont ceux qui ne peuvent être simulés : abolition des réflexes, atrophie musculaire, troubles trophiques.

Mais il est possible que Le B... ne simule pas ; auquel cas

une seule explication est plausible : les troubles qu’il présente uiont éte inconsciemment suggérés par les médecins qui ont recherché s’il existait chez lui des sections nerveuses.

Gette dernière hypothèse nous paraît la plus vraisemblable : névrose post-traumatique, précisée par une suggestion médicale involontaire. C’est Jà une conséquence inattendue de l'accident dv 1e octobre 1907, mais c’en est une conséquence.

D’ailleurs l’impotence fonctionnelle n’est pas très considérable et l’incapacité qu’elle détermine est devenue permanente depuis le moment où les soins médicaux n’ont plus eu et ne pouvaient plus avoir aucune influence sur les troubles nerveux,c’est-à-dire le 15 février environ. :

La solution la plus favorable consisterait à admettre une incapacité permanente partielle de 10 0/0, quitte à procéder à une révision si, comme il est probable, la guérison survient.

Conclusions. — Le B... a été victime d’un accident le 1er octobre 1907 : coupure à la face antérieure de l’avant-bras droit.

2 Les troubles fonctionnels dont se plaint Le B... consistent uniquement au point de vue professionnél, en une impossibilité de fléchir l'index et le pouce de la main droite.

3 Ces troubles ainsi que le démontrent les symptômes qui

les accompagnent, ne sont pas causées par une section nerveuse

ils n’ont donc pas un caractère définitif. On doit les mettre sur

PE ES le compte soit de la simulation, soit d’une névrose traumatique ,

suggérée par les médecins qui ont examiné le blessé et recherché les symptômes d’une section nerveuse. Nous optons pour la vraisemblance de cette dernière hypothèse. :

4 Dans ces conditions nous admettons l’existence d’une incapacité permanente partielle de 10 0/0, l'incapacité temporaire

ayant pris fin le 15 février 1908.

De ces six expertises, les quatre premières concluent à la non-incapacité de travail, et l’inanité des symptômes accusés par les malades justifie amplement la conclusion du médecin expert. Dans les observations V et VI, on a conclu à une indemnité pour incapacité permanente partielle ; c’est que dans ces derniers cas le traumatisme a été violent et que les plaintes des blessés, pour exagérées qu'elles paraissent, reposent peut-être sur un fond de vérité. Dans l'impossibilité où l’on se trouve d'apporter au tribunal aussi bien la preuve objective de la simulation que celle de la bonne foi du blessé,

on est forcé de demeurer très prudent et de garder la plus stricte neutralité.

sé

Page 1