CHAPITRE VII
Des simulateurs vrais
Nous avons déjà indiqué qu'il existait deux modes de simulation vraie : le premier qui consiste à feindre complètement une incapacité de travail, le second à attribuer à un traumatisme accidentel une lésion que l’on sait pertinemment avoir une autre étiologie.
Les simulateurs de ce dernie groupe sont les plus nombreux ; il est en effet pus facile à l’ouvrier d’aftirmer un simple rapport de cause à effet entre un traumatisme et une affection dont il est réellement porteur, et dont par conséquent il peut présenter tous les signes à un examen médical, que d'inventer de toutes pièces les symptômes d’une maladie fictive, mème lorsqu'il est aidé dans ce travail par des conseillers éclairés.
. Nous aurons donc, dans cette catégorie, des ouvriers présentant réellement une incapacité soit temporaire, soit permanente de travail, et ce que nous aurons à rechercher chez eux ce sera de savoir à quoi est due
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: . Q . » ? Le cette incapacité ; si elle est bien, ainsi que l’affirme lou 0 . dy Q 0 € c , À 10— vrier, le fait de l’accident, ou si, au contraire, son ét logie est tout autre.
Nous ne citerons que trois observations de cette ca-
tégorie les estimant suffisamment typiques.
Observation X
(Giraur. Thèse de Paris, 1895).
Le 16 mai 1892, le fondeur Paul B.., âgé de 32 ans, se pré-
sente en racontant qu’il a été brûlé au pied droit. Lorsqu'on le conduit à préciser, on apprend que le pied en cause n’aurait été qu’ « échaudé » par du cuivre en fusion.
On s'étonne de la bizarrerie de ce récit en constatant que Ja chaussure de cuir ne présente pas la moindre détérioration. En
examinant le pied ontrouve sur la face dorsale une surface rouge
var
avec une peau tendue, luisante, sur laquelle on discerne trois points quelque peu saillants.
En peu de jours la tuméfaction, la pau la chaleur ont envahi toute la surface du pied ; il y a un chapelet d’adénite, étendu longitudinalement dans le triangle de Scarpa du même côté. On reconnaît le caractère furonculeux de chacun des trois
points acuminés du 16 mai. Une ponction au thermocautère est
faite dans chacun de ces trois points et détermine un immédiat
et important soulagement.
Trois jours plus tard, toute inflammation microbienne a cessé; :
il n’y a plus d’adénite. L’étendue des zones de rougeur n’est
plus en rapport qu'avec les trois paquelinisations,