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a 71e tions de L... s’il se contentait d’exagérer les troubles nerveux dont il se plaint, de rendre volontairement plus accentuée la faiblésse de la main droite dont il serait atteint; c’est là un état d’esprit fort excusable et qui s’observe chez nombre d’accidentés jusqu’au moment du règlement de leur indemnité. Mais L... a donné une preuve de mauvaise foi en déclarant au docteur Y... que la très ancienne subluxation du pouce droit dont il est atteint, était une conséquence de son accident. Dans ces conditions, une suspicion plane sur toutes ses affirmations.
L’impression de l’expert est que L.., renseigné sur la possibi-
lité d’une blessure du cubital et sur les symptômes qu’elle entraine d'ordinaire, a réalisé soit par auto-suggestion, soit par simulation, grossièrement les symptômes. Mais le délai de trois semaines qui a séparé l’accident de l’apparition des symptômes nerveux, exclut toute idée de lésion du nerf cubital qui eût provoqué les troubles immédiats.
Conclusions. — 1° L. a été atteint le 22 août 1907 d’une contusion de l’avant-bras droit, avec deux petites plaies qui paraissent avoir été superficielles ét sans gravité:
2 Trois semaines après l’accident, alors que les plaies étaient entièrement cicatrisées, L... s’est plaint de ne pouvoir se servir de sa main droite; |
3 A l'heure actuelle bien que les troubles nerveux se soient améliorés, il subsisterait un certain degré de flexion des quatre doigts de la main droite et que faiblesse marquée des fléchisseurs dés doigts ;
4 Ces troubles, de même que l’anesthésie qui siège sur les doigts, sont entièrement d'ordre subjectif. Ils ne sont certainement pas sous la dépendance d’une lésion du nerf cubital et ne
peuvent relever quedel’hystéro-traumatisme ou de la simulation,
ER, De 5° Dans la première hypothèse,celle de l'hystéro-traumatisme,
qui implique la bonne foi de L..., la réduction de capacité serait
de cinq pour cent et la date de consolidatio n devrait être fixée …
au 1e novembre 1907 ;,
6° Dans la seconde hypothèse, celle de la simulation, il n’y aurait pas évidemment d’incapacité permanente et la date de consolidation devrait être fixée au 1°" octobre 1907;
7° L'expert opine pour la seconde solution, L... ayant tenté, devant le docteur Y.…., de faire rapporter à son accident une lésion déjà ancienne de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce droit, et ayant ainsi donné de sa mauvaise foi une: Preurs qui ne permet d’accepter qu'avec les'plus expresses réserves, ses affirmations Lo aux troubles purement subjec-
din dont il se plaint. - \
Observation XV
f \ ‘Expertise de M. le Dr Balthazard, le 7 mars 1908, en exécution du jugement de la 4 Chambre, en date du 27 janvier 1905,
à l’effet de voir et examiner le nommé M...
Circonslances de l'accident. — M... est âgé de 43 anset
exerce la profession de puisatier-mineur. Le 24 mai 1907 alors
qu'il travaillait dans une galerie, un bloc de pierre (de 40 à.
90 kilos d’après M...) se détacha de la voûte et tomba sur le pied gauche de M... d’une hauteur de 1 m. 50. I'se rendit à l'hôpital de la Charité où l’on fit un premier
pansement, puis chez lui où il fut soigné pendant trente-huit
Jours par le D°X... Il a touché son demi-salaire jusqu’au
ier août et n’aurai IS IZaI aurait repris son travail qu’une dizaine de Jours
clos
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plus lard, à cause de la difficulté’ qu’il éprouvait pour marcher. | Y
Certificats produits par les parties. — Le D' Y... médecin du Syndicat de Garantie, a examiné le blessé le 27 juillet 1907 et constaté ce qui suit : « Le sinistré M...,blessé le 24 mai 1907 < au service de M. B..., accuse au niveau de articulation inter- « phalangienne du gros orteil gauche une certaine douleur. Le « malade, se plaint de ne pouvoirfléchir cet ortei] : mais 6 n'y « a pas d’ankylose; on provoque quelques craquements arti- « culaires, mais il en existe au gros orteil droit qui présente <« même plus de mobilité. Gontlement à peine marqué à 9 heu- « res du soir. On note de plus une ecchymose de tous les
< ongles du pied gauche, mais cet état permet certainement au
« blessé de reprendre son travail et la consolidation doit être
« fixée au 19 août 1907. » .
Malgré le certificat très explicite sur l’absence d’ankylose, le blessé a demandé un nouvel examen à son médecin Je'D:VX;. et celui-ci lui a Hlivee le, 8 août 1907 le certificat suivant : « M... présente à ce jour une ankylose phalango-phalangienne du gros orteil du.pied gauche. Il résultera de cette lésion une incapacité permanente et partielle, »
Examen de M... — Si nous nous en rapportons aux certificats délivrés par le D' X...le 24 mai et Le 27 juillet 1907, M... aurait été atteint d’une fracture de la première phalange du gros orteil gauche.
A la suite il aurait persisté une ankylose de l'articulation interphalangienne du gros orteil. Ce n’est pas là un symptôme d'appréciation délicate et pourtant les D'° X. et Y... sont en désaccord complet sur Son existence. Il\ne peut s’agir d’exa-
mens pratiqués à des dates différentes (il n’y a qu’une dizaine
74 — de Fntéontes les date examens), d’ailleurs les constatations du Dr X.. sont postérieures à celles du D' Y.…
À l'heure actuelle rien ne prouve qu’il y ait eu fracture de la première phalange du gros orteil,on ne sent aucun cal osseux, aucun épaississement de la phalange.
Il n'existe pas d’ankylose, ni pour l'articulation métatarso= phalangienne, ni pour l'articulation interphalangienne ; ces jointures sont même remarquablement souples. On ne perçoit aucun craquement.
, L’exploration la plus insistante et même la plus énergique ne provoque aucune douleur. 1
On est surpris dans ces conditions qu’il soit venu à l’idée de
l’ouvrier de réclamer une rente, et, à moins que l’état ne se,
soit singulièrement amélioré depuis six mois, qu’un médecin. ait pu délivrer un certificat d'incapacité permanente. Rien à l'heure actuelle ne permettrait de supposer que M... a eu une
blessure de l’orteil gauche.
I! nous a été impossible de comparer l’orteil gauche à l’or-
teil droit, parce que dans le courant du mois de décembre dernier M... a reçu une nouvelle pierre sur l’orteil droit, accident
qui a déterminée deslésions de lorteil identiques à celles qu’a-
vait présentées l’orteil gauche. Pour ce nouvel accident qu’il
importait de signaler, M... touche actuellement son demi-
ï En ù à salaire auprès d’une autre compagnie d’assurances. Conclusions. — 1° si ; 1 | s. 1° La contusion du gros orteil gauche dont a été atteint M..., le 24 mai 1907 n’a laissé aucune trace ét n’a entraîné aucun trouble fonctionnel.
» F Ê 5. E )3 ! L j Lee d | } } 2° La consolidation de [à blessure doit être placée au 1° août
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Suites judiciaires. — M... a été débouté de sa demande
par Jugement en date du 6 avril 1908.
Observation XVI
Expertise de M. le D: Balthazar, le 25 septembre 1907, par ordonnance de M..le Président des Conciliations du Tribunal civil, en date du 14 septembre 1907, à l’effet de voir et examiner le nommé W... de
Circonstances de l'accident. — Le 23 avril 1907, W... qui conduisait une voiture de Ro a glissé sur un rail et s’est fait une entorse Libio-tarsienne du pied gauche. Il a pu néanmoins conduire la voiture du boulevard Sébastopol à la gare de Lyon.
Certificats produits par les parties. — Le D' X... a délivré le 15 avril 1907, le certificat d’origine : « Entorse du cou-de-pied gauche. »
Le 6 mai 1907, le D' Y.., médecin de la Compagnie d’assurances, écrit la lettre suivante : « Le nommé W... que Jje massais à domicile depuis le 29 avril, m'a prévenu aujourd’hui qu'il se faisait soigner maintenant à une clinique spéciale des accidents du travail. J'avais déjà averti la Compagnie que je croyais que le nommé W... était un simulateur; ayant eu le tort de lui dire que rien ne pouvait expliquer la douleur qu’il accusait au niveau du cou-de-pied, je n'ai pas été étonné que ce. blessé cesse de se faire soigner. » |
Il existe deux certificats du Dr Z..., l’un en date du {1 juillet, l’autre du 30 juillet 1907. Le premier est ainsi conçu : « Je
soussigné, Z..., certifie donner mes soins actuellement à M. W...
pour une entorse du pied gauche. On observe encore un peu
d’œdème et le blessé accuse des douleurs à la marche. Il y à un léger état d’incapacité permanente partielle (inaptitude au travail), 1 à 2 0/0. » Le second a provoqué l'enquête de Justice de paix : « W. . a été expertisé il y à environ six semaines pour une entorse libio-tarsienne gauche. Étant donnée la persistance des douleurs à ce niveau, on a pratiqué, le 28 juillet, la radiographie du pied gauche. Celle-ci a montré une luxation de l’astragale sur le calcanéum et une périostite qui a amené des néoformations produisant une ankylose partielle à ce niveau; ce qui crée une incapacité permanente partielle que l’on peut évaluer à 8 0/0. » :
La différence d’appréciation de l'incapacité permanente dans ces deux certificats ne résulte pas d’une aggravation dans l’état du blessé, mais seulement de la découverte qu’aurait permis de faire la radiographie, d’une luxation dell’astragale avec production d’ostéophytes, laissant supposer que les douleurs persisteraient indéfiniment.
Deux radiographies ont été exécutées par Le Dr N..., et m'ont été présentées. Elles sont accompagnées du certificat suivant : « Je soussigné N... certifie que le nommé W... a été radiogra-
phié par moi et que j'ai constaté l’existence d’une luxation de
l’astragale, qui a glissé légèrement en avant sur le calcanéum ;
une formation d’ostéophytes dues à un arrachement périostique se voit nettement à la partie postérieure de l’astragale, sur le cliché numéro 2. En foi de quoi je lui ai délivré le présent certificat. » \
Examen de W.. = VW... marche avec une canne, le pied gauche dans une pantoufle, Il boite et appuie lourdement à terre
le pied gauche posé à plat.
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Le blessé se plaint de souffrir en marchant, un peu au-dessous de la malléole externe, et en arrière tout le long du tendon d'Achille.
A l’examen du cou-de-pied, on ne constate aucune déformaton; la région n’est pas tuméfiée, il n’existe pas trace d’æœdème.
Le périmètre de la cheville est le même à gauche qu’à droite.
Il n’est pas possible de mettre en évidence l’atrophie des muscles du mollet gauche, le périmètre n'étant inférieur que de 1 centimètre pour le mollet gauche, ce qui est normal chez un droitier.
Les mouvements dans lParticulation tibio-tarsienne ne sont pas limités, ni dans la flexion, ni dans l’extension ; les mouvements de latéralité du pied ont la même étendue à gauche qu’à droite. |
A la palpation de l’articulation du cou-de-pied et du pied luimême, on ne trouve aucune anomalie; toutes les saillies sont bien à leur place ; on ne sent aucune production osseuse nouvelle, aucun ostéophyte.
Pendant l’exploration de l'articulation, W... accuse des douleurs quand on presse un peu au-dessous de la malléole externe, et sur le tendon d’Achille. Mais la réalité de ces douleurs ne s'impose pas à l'esprit, eu égard aux arguments suivants : les réactions du blessé sont tout à faitexagérées et il semblerait par moments que la douleur fut intolérable; malheureusement, ces réactions ne sont pas dans un synchronisme parfait, avec les pressions exercées sur le cou-de-pied. À condition de distraire le blessé, il est d’ailleurs possible d’exercer sans provoquer de mouvements de défense, des pressions fortes aux points où les mêmes pressions avaient paru un instant avant déterminer de
vives douleurs.
W... ne serait donc pas pris au sérieux un seul instant, et - É ete imulateur serait purement et simplement regardé comme un simulateur,
n'étaient les certificats des D Z.. et N.…, d’après lesquels
É as « 286 ? : nf] g la cause des douleurs résiderait dans une lésion de l’articulation
du cou-de-pied. Ces certificats s'appuient sur l'interprétation de deux radiographies qui m'ont été remises.
Je ferai d’abord remarquer que ces radiographies sont d’une exécution fort médiocre ; leur flou tient à ce que le pied du blessé a bougé pendant l’opération ; on voit fort bien sur les deux épreuves un double contour impliquant un déplacement de 1 à 2 millimètres, Il est impossible dans ces conditions de regarder l'ombre légère qui existe sur l’épreuve n° 2 à la partie postérieure de l’astragale comme une production osseuse surajoutée, comme une ostéophyte. Quant à la saillie que forme en avant l’'astragale et qui a fait supposer l’existence d’une luxation en avant de l’astragale, c'est là un aspect normal et que l’on retrouve identique sur les radiographies de pieds normaux, pris comme terme de comparaison.
En résumé les radiographies présentées ne révèlent aucune lésion grave, et l'exécution imparfaite des rayons de Rœntgen ne permettrait pas d'apprécier les lésions légères s’il en existait ur -
Conclusions, — 1° W... a été atteint le 13 avril 1907 d’une entorse du pied gauche, affection qui comporte d'habitude une incapacité de travail de six semaines au maximum. ji
20 Le blessé s’est plaint de douleurs persistantes qui apporteraient une entrave à la marche et même à la station debout, et entraïneraient une incapacité permanente partielle évaluée
successivement par M. le Dr Z..., à 1 puis à 8 0/0.
} 3° L'évaluation précédente est basée moins |sûr l’examen cli= {} s Fa ! Lu 34 è Le HUTAU don
YO LS nique du biessé que sur l'interprétation manifestement erronée de la radiographie du pied gauche.
4 W.., à mon avis, est un simulateur. Même en admettant sur ce point une erreur de l'expert, il serait impossible de démontrer que les douleurs subjectives dont se plaint W.... sont réelles, et de lui faire octroyer une indemnité d'incapacité permanente.
5° Étant donné que les douleurs accusées par W..., n’étaient pas plus réelles en juin, juillet, août qu’à l'heure actuelle, la
durée de l’incapacité temporaire à la suite de l’entorse doit être
- estimée à sa valeur moyenne de six semaines, et la date de Ja
consolidätion doit être fixée au 197 juin 1907. Suiles judiciaires. — W... a été débouté de sa demande et
condamné aux dépens par jugement en date du 11 mars 1908.
Nous limiterons à cette dernière observation notre étude sur la simulation dans les accidents du travail ; on pourrait citer bien d’autres cas, dont beaucoup d’instructifs et intéressants ; leur énumération serait longue et elle ne tendrait à prouver qu’une chose : c’est que toutes les maladies, ou à peu près, ont été simulées ; et quelquefois d’une façon si parfaite qu’il a fallu au médecin user de tout son savoir, déployer toute son ingéniosité et s’armer la plupart du temps d’une grande patience pour arriver à la découverte de la vérité. Car comme l’a dit Heller : « Il en est de ces belles histoires où le simulateur est confondu d'une manière éclatante, comme des plaisanteries qui couronnées de succès une première fois paraissent fades la seconde. | La tâche de l’expert sera bien plus souvent ardue et
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