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n'existe absolument pas, et l’exagération souvent poussée fort loin d’un état pathologique réel mais léger.
Enfin une classification qui nous paraît complète a été donnée récemment par Sand. Cet auteur classe les formes de la simulation en quatre grands groupes.
La Provocation ; La Simulation ; L'Exagération ; L’Imputation.
et voici ce qu’il dit à props de chacune :
« La première forme de simulation consiste dans la provocation des phénomènes morbides par des procédés appropriés : l'introduction de chaux ou de tabac : dans le cul-de-sac conjonctival en vue d’y causer une inflammation en est un exemple. L’aggravation et la prolongation volontaires (maladies entretenues) sont deux formes atténuées de la provocation. »
« La simulation proprement dite d'une affection inexistante ou imitation constitue la seconde modalité. Un homme sain feint une attaque d'’épilepsie, c’est de la simulation proprement dite. Une forme atténuée de la simulation est l’allégation (maladies prétendues) elle existe lorsque le sujet déclare faussement avoir eu une attaque d'épilepsie, par exemple. »
« L’exagération des symptômes réels représente Îa troisième variété de la simulation. »
« I] faut citer enfin l’imputation à une cause déterminée de manifestations morbides qui lui sont étrangères ; le malade procède tantôt par dissimulation en rattachant à un événement récent une affection préexis-
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tante, en attribuant une hernie ancienne par exemple à un accident de beaucoup postérieur ; tantôt par substitution, en élablissant un rapport étiologique inexact entre un traumatisme et une maladie simultanée non traumatique, en faisant, pour citer un cas. précis, d'unc gonorrhée, la conséquence ‘d’un accident. Dans l’imputation fausse l’étiologie seule est inexacte, l'affection est réelle : elle est antérieure à l'accident (dissimulation) ou elle lui est contemporaine (substitution). »
Et Sand fait remarquer avec justesse que, de ces quatre variétés de simulation, les deux premières sont ‘purement volontaires, en dehors des cas d’aliénation mentale et de névroses, les deux dernières sont tantôt conscientes, tantôt inconscientes.
Dans le premier groupe de Sand on doit donc faire rentrer les individus qui ont créé de toutes pièces et . volontairement les phénomènes morbides qu’ils présentent réellement. Cette catégorie de simulateurs a été fort bien étudiée par Le Poncin (1) dans sa thèse; nous n'y reviendrons pas dans notre travail, {mais nous croyons utile de rappeler comment se recrute cette classe de provocateurs, afin de décharger la classe ouvrière d’accusations injustifiées. Nous citerons les propres termes de Le Poncin : ? Que
« Ce sont d’abord, dit-il : 1° Les paresseux et les alcooliques, ceux qui travaillent en moyenne trois ou
1. LE Poncix. Contribution à l'étude de la simulation dans les accidents du travail. Thèse de Paris, n° (4, 1905. Rousset.
| à quatre jours par semaine seulement, juste assez pour assurer maigrement leur existence matérielle. Le calcul qui montre l'avantage du chômage rétribué chez ces individus est facile à faire: quand ils travaillent quatre jours au plus à 5 francs par jour, ils font des semaines dé 20 francs. Quand ils vivent aux frais de l’assurance pendant sept jours à 2fr.50 ils touchent 17 fr.50. Ils préfèrent à coup sûr les17fr.50 qui ne leur demandent aucun effort aux 20 francs, prix de quatre journées de travail. »
« 2 Certains débardeurs ou chemineaux, c’est-à-dire de ceux qui sur les quais vivent du déchargement des navires, Où qui sur un chantier quelconque ne sont employés par les patrons qu’au jour le jour. Les pre miers chôment forcément dans un laps de temps qui s'écoule entre le départ d’un navire et l’arrivée d’un nouveau. [ls ont donc tout intérêt à simuler une blessure les deux derniers jours d’un déchargement pour toucher pendant le temps du chômage prévu demi-salaire d’une assurance. Les autres dans le même ordre d'idées, prévoyani la fin des travaux auxquels ils sont employés et craignant que le patron ne les congédie ont les mêmes avantages à se faire volontairement blesser au travail. »
« 3° Enfin l’'écœurante tourbe des souteneurs et ceuxlà dans un important centre maritime (1) sont légion. Ce sont peut-être eux qui fournissent l'apport le plus
1. Le Poncin a particulièrement étudié les accidents du travail
au Havre.
considérable au nombre des plaies artificielles constatées depuis que ceite pratique est devenue une véritable industrie. L'intérêt primordial qu'ils ont à frauder est le suivant : toujours sousle coup de poursuites pour le délit sévèrement réprimé de vagabondage spécial, ils trouvent dans un accident de travail vrai ou simulé, une manière facile de justifier leurs moyens d'existence et de suspendre l'effet des lois qui les menacent. »
Nous voyons done que parmi les provocateurs, on compte peu d'ouvriers travaillant réellement; il ne va pas en être de même pour les catégories de simulateurs qui rentrent dans notre étude. Les observations que nous rapportons plus loin sont presque toutes relatives à des simulateurs victimes d'accidents réels du travail, mais qui ont cherché à exploiter cet accident de diverses manières. Tous ne sont pas coupables au même titre et nous pourrons de ce fait les diviser en trois groupes.
1° Dans le premier groupe nous ferons rentrer les ouvriers qui, victimes d'un accident du travail, ont cherché à obtenir une indemnité en exagérant les légers symptômes qui pouvaient exister encore chez eux après la consolidation de leur blessure, Nous les appellerons les simulateurs exagérateurs.
2° Les seconds, les moins coupables au poiut de vue moral, se sont vus,après laconsolidation de leur blessure, atteints d’affections qui ne les avaient pas incommodés jusque-là ; ils ont été tout naturellement portés à rendre le traumatisme fesponsable de leur état morbide et l’expertise seule a pu révéler que l’étiologie était
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tout autre. Ce seront là des simulateurs inconscients.
3° Enfin dans une troisième catégorie nous rangerons les simulateurs proprement dits,les simulateurs vrais ; parmi eux les uns se-seront créé de toutes pièces une incapacité de travail factice (ils rentreront dans le cas de simulation proprement dite ou imitation, définie par Sand); les autres auront volontairement attribué leur in capacité réelle au traumatisme dont ils auront été victi- mes, alors qu ils savaient | très bien qu'elle dépendait d’une cause tout à fait étrangère ;ce seront là les simu-
lateurs par substitution de Sand.