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ANT SENS

sans cesse le moule suivant son axe placé horizontalement. Ainsi, la pellicule déposée a une épaisseur uniforme. On recouvre cette couche de collodion d’une seconde couche qu’on laisse sécher cinq minutes ; enfin, on coagule le collodion par immersion dans l’eau. Après dix minutes, on peut détacher le sac de son moule (1).

Le support est formé de deux pièces de verre s’emboitant l’une dans l’autre par un rodage. La pièce supérieure est recourbée en S et s’élargit en boule dans la partie médiane de PS. Ce dispositif permet d'établir une pression d’une dizaine de centimètres de mercure à l’intérieur du dialyseur.

Le sac de collodion est fixé sur la partie inférieure du support par simple adhérence obtenue par la dessiccation à l’air de la partie du collodion montée sur le moule. Pour que l’adhérence soit parfaite, le diamètre du support et celui du sac doivent être à peu près les mêmes et, surtout, il faut que le support soit très propre et humecté d’alcool. La partie du collodion qui est introduite sur le support doit être ramollie avec de l’alcool. Quand le sac est monté sur le support, on essuie l’excès d'alcool et on verse du collodion frais qu'on étale en couche mince ; puis, on verse une nouvelle quantité de collodion qui s’étale en couche épaisse formant bourrelet. On laisse enfin sécher vingt-quatre heures la partie du sac montée sur le support, le reste étant immergé dans l’eau pour éviter la dessication.

La dialyse a toujours été effectuée à la glacière, sous toluène (2). La vitesse d’élimination des éléments diffusibles paraît n’être conditionnée que par la perméabilité des sacs. L'équilibre entre le liquide dialysé et le dialysat s'établit rapidement, même si on néglige d’agiter les liquides.

En général, on dialyse pendant quatre ou cinq jours contre une solution à 5 pour 1.000 de sulfate de sodium, sous une pression de 8 à 10 cm. de mercure pour remplacer le cation ammonium par le cation sodium, puis pendant dix à quinze

(1) Le moule est constitué par un gros tube à essai percé à son extrémité. Avant de confectionner le sac de collodion, on bouche ce trou avec une goutte de collodion qu’on laisse sécher dix minutes.

(2) La présence du toluène est indispensable pour éviter l’infection. Sô- RENSEN, C. R. Lab. Carlsberg, 1915-17, vol. 12.

jours contre de l’eau distillée, sous pression plus réduite. Le dialysat est changé tous les jours et la pression mercurielle rétablie aussi souvent qu’il est nécessaire. On peut suivre élimination du sulfate d’ammonium en recherchant l’ammoniaque dans le dialysat par le réactif de Nessler. Ce réactif, quoique très sensible, ne permet plus d’en déceler dès le sixième jour de dialyse.

Pour préparer une solution de pseudoglobulines, après avoir dialysé contre du sulfate de sodium pendant quelques jours, puis quatre ou cinq jours contre de l’eau distillée, on retire le liquide du dialyseur et on le centrifuge pour éliminer les euglobulines qui ont précipité parce que insolubles dans l’eau pure. La solution limpide obtenue est remise à dialyser dans un sac de collodion neuf, contre de l’eau distillée, pendant une dizaine de jours. Si, à ce moment, la solution est redevenue trouble on la centrifuge avant de la recueillir (1).

Pour obtenir des globulines totales, on ne peut évidemment pas dialyser contre de l’eau distillée puisque une fraction des globulines est insoluble dans l’eau pure. On dialyse alors contre de l’eau très légèrement alcalinisée par de la soude (jusqu’à virage au vert pâle du papier au bleu de bromothymol).

Dans tous les cas, après la dialyse, les solutions sont centrifugées énergiquement pour éliminer les protéides dénaturés qui se sont formés avec le temps et au contact du toluène, puis, filtrées sur filtres mouillés pour éliminer le toluène. Les solutions enfin obtenues sont conservées dans

(1) SôrENsEN acidifiait la solution après la dialÿse pour éliminer totalement les euglobulines par précipitation. Cette acidification est inutile dans notre cas, par suite de la durée prolongée de la dialyse. En effet, lorsque la fraction colloïdale du liquide à dialyser a des propriétés électrolytiques, la dialyse procédé toujours en deux temps. Dans le premier temps, relativement court, s’éliminent les ions diffusibles « libres » et, dans le second, sensiblement plus long, les ions diffusibles « liés » traversent le sac du dialyseur. Puisque le point isoionique et le pH de la solution protéidique pur sont pratiquement identiques (voir plus loin p. 34) la solution protéidique sera à son point isoionique lorsque la dialyse sera complètement terminée. Le minimum de solubilité coïncide avec le point isoionique en l’absence de sel donc, finalement, la solution complètement dialysée aura le pH du minimum de solubilité du protéide considéré et, comme nous l’avons dit, une acidification est inutile.

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