LUS RER
normal, ce qui entraînait un écart de force ionique de 0,0375 (1). Cette différence est loin d’être négligeable comme le montrent des courbes de GREEN (2) qui donnent les variations du logarithme de la solubilité de divers protéides en fonction de la force ionique. La courbe de solubilité de l’hémoglobine de SGRENSEN, quoique plus complète que celle de GREEN, ne peut pas néanmoins être considérée comme donnant les variations de la solubilité en fonction du seul pH, puisque la force ionique était également variable. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que cette courbe de solubilité de l’hémoglobine ressemble à celle que nous avions obtenue avec BONNEFOI et SANDOR (3) dans des expériences où nous déterminions l'influence du pH sur la solubilité des protéides sans maintenir la force ionique constante. Nous avions alors observé, comme SÔRENSEN, deux accidents dans les courbes de solubilité et cette constatation, qui nous avait fait supposer l'existence d’un mélange, avait été le point de départ de nos études sur la solubilité des protéides sériques.
En résumé, ni les travaux de GREEN, ni ceux de SÔRENSEN ne permettent d’affirmer que, contrairement à ce que nous avons observé, la solubilité des protéides, en présence de fortes concentrations salines, doive passer par un minimum au point isoïonique. En dehors du fait que les substances étudiées par ces auteurs étaient différentes des nôtres, les conditions expérimentales n’étaient nullement comparables et n'étaient pas, au surplus, à l’abri de critiques. En particulier, les courbes de GREEN n’étaient pas la simple représentation de résultats expérimentaux et, en tout cas, l’influence du pH n’était déterminée que dans une zone très étroite sans que l’auteur ait vérifié que le minimum de solubilité coïncidait bien réellement avec le point isoélectrique __ ou isoïonique — de la substance dans les conditions expé-
(1) Rappelons que la force ionique est égale à x à CiV? où Ci est la con-
centration ionique en molalité (molécule gr. ou ion gr. pour 1.000 gr. de solvant) et V la valence de l’ion considéré.
(2) GREEN, loc. cit., note 1, p. 67.
(3) Sanpor, Bonneroï et PÉREZ, C. R. Ac. Se., 197, 1254 (1933).