LENS
différents auteurs, en particulier SÔRENSEN, COHN et GREEN. Les résultats qu’ils ont obtenus ne peuvent qu’encourager dans cette voie.
Nous avons déjà vu (1) que ces auteurs avaient été conduits à une formule donnant la solubilité de divers protéides à température et à pH constants. Cette formule reproduit fidèlement l'équation simplifiée de DEBYE-HüCKEL (2) donnant la solubilité d’un ion quelconque ne formant pas de combinaïison chimique avec les électrolytes minéraux forts de la solution. L’application de cette formule aux protéides sériques est-elle possible ? et pourrait-elle donner l’explication des variations de la solubilité en fonction du pH ? Les constantes du phénomène ne sont pas assez précisément fixées pour que cela soit actuellement possible. Mais il n’est peut-être pas inutile de remarquer que ces formules donnent la solubilité en fonction de ia force ionique. Or, les auteurs n’ont jamais envisagé que la force ionique due au sel. Pourtant, si on admet que les sels protéidiques d’anions ou de cations forts sont des électrolytes forts, il semblerait logique de tenir compte également de leur contribution à la force ionique des solutions. Mais, si dans les conditions expérimentales où nous nous étions placés, il était facile de calculer la force ionique due au sel — qui était d’ailleurs constante — il était impossible de calculer celle due au protéide lui-même. Une chose toutefois paraît certaine, c’est que la contribution du protéide à la force ionique de la solution est variable. Cette force ionique dépend, en effet, du degré d’ionisation et de la grandeur moléculaire du protéide. Or, l’ionisation et la grandeur moléculaire du protéide varient sûrement avec le pH. Il semble probable, en particulier, que ces deux grandeurs passent par un minimum au point isoïonique (3).
En somme, la variation de la solubilité d’un protéide en fonction du pH est un phénomène très complexe qui paraît
3) De part et d’autre du point isoionique, le protéide est ionisé tandis qu’au point isoionique il est sous forme de zwitterion ou de molécule neutre et, dans les deux cas, la force ionique du protéide ne paraît pas pouvoir être ia même à l’état neutre et à l’état d’ion.
(1 (2) CE p.45.