PRE PAPER
a été dénaturé par une gangrène pulmonairé consécutive. Le second est rapporté par Bouieli: nous aurons l'occasion d'y revenir au cours de ce travail, au moment où nous traiterons de la fièvre typhoïde dans létiologie de la spléno-pneumonie. Le troisième est de M. Chantemesse et a (rail a une vieille femme de 72 ans, cardiaque, qui fit une spléno-pneumonie gauche et une congestion pulmonaire droite, et mourut en asvstolie.
La littérature médicale ne s’est guère enrichie depuis de nouvelles constatalions : aussi ne peut-on guère se baser sur le résultat des autopsies pour établir un Jjugement sans appel. j
Depuis Quevrat, la majorité des auteurs-semble se ranger à son avis et faire de la spléno-pneumonie une forme de congestion pulmonaire; et, malgré les assertions récentes de MM. Mosnv et Harrier qui considèrent la splénopneumonie comme très voisine de la pleurésie exsudaüve franche, il semble universellement admis que la maladie de Grancher est un mode de congestlion pulmonalre, Mais à forme suffisamment individualisée pour mériter une description spéciale. C'est à la conclusion du professeur agrégé Rénon dans ses leçons cliniques de la Charité {mai 1907) sur les congestions pulmonaires.
Il en admet sept types bien définis :
1° La congestion pulmonaire type {(Woillez):
2° La fluxion de poitrine catarrhale (Dupré ; Grasset, de Montpellier; Dieulafoy);
3° La congestion pleuro-pulmonaire (Polain)*
4 La spléno-pneumonie de (rancher ;
»° La congestion subite, coup de sang pulmonaire, la congestion paroxystique (Well), la congestion broncho-
plégique (Huchard) :
APT CEE 6° La congestion pulmonaire sans expecloralion (Ré-
non);
7° La congestion primitive trainante et prolongée (Rénon).
Et cetle conclusion nous explique suffisamment pourquoi depuis Grancher nous trouvons tant d'observations de spléno-pneumonie si différentes du Lype qu'il a décrit, el pourquoi aussi cette affection, de si rare qu'elle était au début, semble être devenue aussi fréquente pour nombre d'auteurs, jusqu'à faire dire au docteur Gallois, qui en relate plusieurs cas, que, s'il s’en rapporte à sa propre expérience, elle est bien plus fréquente que la pneumonie et la pleurésie (deux fois plus que la pneumonie et quatre fois plus que la pleurésie séreuse).
I faut bien admettre, en effet, que les divers types de congeslion pulmonaire décrits ont une SYmptomatologie assez voisines les uns dés autres, et que, d'autre part, chaque type lui-même présente ün grand nombre de modalités propres à chaque malade: de sorte que, suivant l'heureuse expression de M. le professeur Grasset, qui l'applique à la microbiologie de ces mêmes affections, nous “Yons une gamme des Congestions pulmonaires et qu'il dévient assez délicat, suivant la prédominance de tel ou Lel signe, de les classer dans l’un ou l'autre des groupes précités. Ces signes eux-mêmes deviennent variables dans les diverses observations présentées : l'expectoration Sommeuse caractéristique qui pour Grancher était presque un Signe pathognomonique devient parfois franchement hémoptoïque Où manque {otalement.
D'autres fois aussi au lieu d'une voussure nous avons une rélraction thoracique (docteur Gallois). Dans un cas on signale la disparition de l’espace de Traube. Nous ne voulons pas insister outre mesure sur toutes ces particu-
RS Es ae larités, et nous abordons notre sujet en cilant in erlenso le cas observé dans le service de M. le professeur Carrieu.
Observation I
(Communiquée par MM. Romant et Guignot, chef de clinique et interne de M. le professeur Carrieu)
C. L.., marchand forain, 27 ans, entre dans le service de notre maître M. le professeur Carrieu, le 18 mars 1907 (salle Combal, n° 15).
C'est un homme grand, robuste, sans antécédents personnels. Il est malade depuis huit jours; le soir du 10 mars, il ressent un mal à la Lêle violent, qui s'accompagne de quelques bouffées de chaleur et d'une très grande côourbalure. Constipation depuis quatre jours ; il se purge, a des selles très abondantes, mais son état restant slalionnaire il entre à l'hôpital.
Nous le trouvons donc au huitième jour de sa maladie. Il est très abattu ; l'aspect est celui d'un typhique : complètement affaissé, répondant très mal aux questions, le malade repose dans le décubi- Lus dorsal. La prostralion est exlrème. Il n'y a pas eu d'épislaxis, mais la céphalée persiste depuis le débat. Un peu de dysphagie, jamais de nausées, ni de vomissements. Pas de diarrhée ni de conslipation. Quelques frissons tres légers : il ne Lousse ni ne crache, il n'y à pas trace d'oppression. :
A l'examen, la langue est sale, très blanche uniformément. Un peu d’angine diffuse, expliquant la gêne à la déglutition. Le ventre n'est aucunement tendu, mais dans la fosse iliaque droite nous trouvons un peu de douleur et quelques gargouillements. Trois taches rosées peu caractéristiques à la base du thorax. Au cœur, le premier bruit est affaibli el prolongé. Rien en avant aux poumons, mais en arrière quelques râles ronflants el sous-crépilants aux deux bases, plus parliculièrement à droite, mais qui sont rares el peu perceplubles. Les sommets ‘sont sains. Température : 394. Le pouls, rapide, n'est pas dichrote, mais un peu faible. |
On hésite entre une grippe el une dothiénentérie. Si l'aspect est celui d'un typhique, la langue n'a rien de la dothiénentéiie ; il
ae PE
VA ë : ; P manque les épistaxis, la diarrhée: les taches rosées sont un peu précoces dans leur apparilion. Pour loutes ces raisons, à cause du début brusque, de la douleur un peu diffuse, de l'absence d'insom-
mie persistante, des gargouillements mal limilés, M. le professeur :
Carrieu penche vers la grippe à forme gastro-intestinale. La rale d’ailleurs n'est pas angmentée de volume. En attendant le sérodiagnostic, on prescrit des bains et du pyramidon (3 cachets par jour à 0,15 centig.) donnés à 4 heures du matin, 3 et 11 heures du soir, selon la méthode habituelle du service. La température, prise deux heures après, tombe de 9/10.
19, 20, 21. — Même état. Ascension de la température (39°8) le soir ; elle est toujours bien influencée par le pyramidon.
22. — Douzième jour de la maladie. A la visite du malin , le malade accuse un point de côté à droite très intense. Il est couvert de sueurs abondantes, el n'a pas de dyspnée. Le crachoir est plein de crachats rouges, fibrineux, très adhérents. La langue trémulant'e est moins blanche. En arrière, la base droite est mate ; on trouve de l'obscurité respiratoire et quelques sous-crépitants aux deux bases. Nouvel examen des sommets qui son£ normaux. Le foie n’est pas hypertrophié ; il remonte vers le mamelon, un peu plus haut que normalement, mais descend moins bas. Le séro de Widal, pratiqué deux fois depuis le début, est négalif ; même résul{al pour celui d'Arloing. Température 39°9, depuis le 21 mars. Pas de descente de la lempérature le matin. Le pouls esL rapide (118 pulsations). Le pyramidon agit moins bien qu'au début.
23. — Le malade est très abatlu et somnolent. Au point de côté de la veille, s'ajoute de la toux, lorsque le malade fait des efforts. Les crachats, hémoploïques, très rouges, Sont très abondants. En avant el à droite, on trouve au-dessus de la matité hépatique un peu haute, quelques sous-crépitants. En arrière et du même côté, les vibrations sont diminuées à la base, jusqu'à la pointe de l'omoplate. La malité s'est étendue ; il y à un souffle expirateur léger au tiers moyen. Pas d'égophonie, pas de peclorilüquie aphone. Les souscrépilants sont plus nombreux. M. le professenr Carrieu porte le diagnoslic de spléno-pneumonie du liers moyen avec congeslion pulmonatre de la base survenue au cours d'une grippe. Températuré 396 le matin, 40°2 le soir: cette élévation thermique coïncidant bien avec 1 première apparition des signes physiques, |
CRE Des ventous?s scarifiées sont appliquées d'urgence sur le thorax du malade très dyspnéique (59 respirations à la minute). Où lui donne 6 pilules avec :
ES OR TRE er Re 0,10 cent. ; LOC ARRETE LE Re 0,05 cenl.
UPS EC sed SPP MAI ET ALP 0,02 cent.
Le cœur est soutenu par une polion avec :
Spartéinez. #01: ren0l0icentivr.
Benzoate de soude... Sigr.
Sp. de polygala....... 30 gr.
Julep ds APE: ven: 120 gr.