‹ Contribution à l'étude de la spléno-pneumonieChapitre 6 sur 11 · ER · texte numérisé non relu

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dans une série de territoires organiques ; mais il est d'observalion courante que cette action congeslive s'exerce beaucoup plus fréquemment au niveau du poumon. Rien d'étonnant, en ce cas, que la spléno-pneumonie succède souvent à une grippe à forme pulmonaire; et c'est en effet la constatation que lon peut faire à la lecture de nombre d'observations publiées jusqu'à ce jour!

L'intérêt que présente Justement celle que nous avons relatée, réside dans la présence au début d'une grippe à forme nettement abdominale ; à tel point que le médecin traitant avait cru à une dothiénentérie. Nous avons vu en effet que le malade présentait l'aspect général d'un typhique et que l’on pouvaitconstater quelques gargouillements dans la fosse iliaque droite et des taches rosées à la base de la poitrine. Nous ne revenons pas sur le diagnostic entre typhoïde et grippe abdominale, très bien exposé par MM. Romant et Guignot, et nous savons que M. le professeur Carrieu, se basant sur le résultat négatif du séro de Widal fait à une période assez tardive, sur ‘l'absence de certains symptômes essentiels de la fièvre typhoïde et sur le peu de valeur symplomatique des taches rosées, conclut à une grippe abdominale sur laquelle serait venue se greffer une spléno-pneumonie.

Comme nous le disions un peu plus haut, cette particularité est exceptionnelle ; dans aucune des observations signalées nous n'avons pu constater un fait de ce genre. Si, en effet, la spléno-pneumonie consécutive à une grippe thoracique nous paraît d'une explication facile, il n’en est plus de même pour une grippe intestinale.

Nous sommes obligé d'admettre, en ce cas, une action toute spéciale du pnaumocoque : Marchiafava, Massalongo, Weitchelbraun, Galliard (Traité de Médecine de Brouardel), ont cité des cas d’entérites aiguës, souvent

HAS glaireuses où pseudo-membraneuses, même fibrineuses,survenant au cours ou au déclin de pneumonies ou broncho-pneumonies et dues au coccus de Talamon- Fraenkel.

Or, si on veut bien se rappeler que l'association avec le pneumocoque est l’association préférée de la grippe, on est en droit de supposer que les symptômes abdominaux ont été sous la dépendance d’une pneumococcie greffée tout d'abord sur un intestin congestionné par la grippe ; et que, de cette localisation primitive aux organes abdominaux, s’en est suivie une pneumococeie localisée secondairement à l'appareil respiratoire.

Il résulte done de cette étude sur l'étiologie de la spléno-pneumonie, que la grippe apparait comme la cause de beaucoup la plus fréquente de cette affection, et que la forme abdominale elle-même peut avoir un retentissement sur l'appareil broncho-pulmonaire.

Il est admis généralement d'autre part que si linfluenza, la dothiénentérie ou la tuberculose sont souvent le point de départ de la splénisation pulmonaire, il existe : des cas nombreux où la maladie de Grancher apparaît comme réellement primitive. On ne retrouverait en l'espèce à son origine que le refroidissement, qui ne jouerait très probablement que lé rôle de cause occasionnelle.

En résumé, et pour terminer ce chapitre, nous diviserons les spléno-pneumonies en primilives et secondaires :

1° Primiives. — Elles seraient imputables au refroidissement.

2° Secondaires. = Elles seraient consécutives soit à

ne une affection chronique, qui serait le plus souvent la tuberculose; soit à une maladie aiguë, la dothiénentérie et surtout la grippe apparaissant alors comme les causes les plus fréquentes.

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