‹ Contribution à l'étude de la spléno-pneumonieChapitre 7 sur 11 · BACTÉRIOLOGIE · texte numérisé non relu

BACTÉRIOLOGIE

Les recherches bactériologiques dans la spléno-pneumonie et dans les différentes congestions pulmonaires ont été omises bien souvent; souvent aussi elles ont donné des résultats négatifs. C'est ainsi que Duflocq a recherché en vain le pneumocoque dans la congestion du type Woillez, que Grancher n'a pas obtenu de meilleurs résultats, et que de même, parmi toutes les observations de Bourdel, l'examen des crachats fut pratiqué seulement trois fois et ne révéla la présence d'aucun bacille. D’autres auteurs ont rencontré des organismes analogues à des levures: Chantemesse croit avoir reconnu des diplocoques différents de celui de Talamon-Fraenkel. Auché et Carrière {de Bordeaux) ont isolé le staphylocoque dans les spléno-pneumonies tYphiques. Delpeuch, Alfaro et: Carrière ont surtout retrouvé des pheumocoques du type Talamon. M. Sabrazès (de Bordeaux), qui a fait tous les examens bactériologiques de M, le professeur Picot, déclare que très souvent il n'a pas obtentu de résultats, mais que, lorsqu'il a trouvé des bacilles, ceux-ci ont tou-

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jours été des pneumocoques. M. le professeur Grasset, dans ses Ciniques médicales, étudiant la pathogénie des diverses congestions pulmonaires, les englobait sous la dénomination de preumococcies thoraciques atlénuées, et admettait de ce fait que, grâce à une gamme de virulence progressivement décroissante, on doit classer successivement, dans une première série de faits, les pneumonies courtes et avortées, et, dans une seconde série, les formes purement congestives, telles que congestions de Woillez, de Potain et de Grancher.

M. Carrière (de Bordeaux), dans la Presse Médicale, donne son appui aux idées émises par le professeur de Montpellier. Cet auteur admet tout d'abord que le pneumocoque Talamon, seul ou associé à d’autres espèces (staphylocoque ou streptocoque), est capable de produire chez l'homme les lésions de la congestion pulmonaire de Woillez, celles de la spléno-pneumonie de Grancher, et celles de la pleuro-pneumonie de Potain.

En second lieu, dans tous les cas, la virulence des microbes rencontrés est très notablement atténuée.

Troisièmement, l'atténuation de la virulence est due à une résistance exagérée de l'organisme où à une vitalité moins énergique de l'agent pathogène.

* Mais M. Caussade, en 1899, bat en brèche la théorie de la pneumococcie atténuée, en présentant une observation où il démontre que :

1° Le pneumocoque était virulent et non atténué ;

2 Que cette virulence recherchée d'abord au début, puis au milieu, puis à la fin de laffection, s'est maintenue pendant trois mois. C'était réduire à néant la théorie de M. Grasset, confirmée par Carrière.

Voici au reste l'observation résumée de M. Caussade :

Observation II

Un malade âgé de 49 ans est hospilalisé le 2? mars 1898, pour un point de côlé assez violent à gauche avec dyspnée, céphalée, insomnies, sueurs noclurnes, anorexie, quintes de toux avec expecloration verdâtrenon félide. L'ampliation respiratoire est fort diminuée à gauche ; les espaces intercostaux sont plus espacés à droite et le diamètre thoracique est augmenté à gauche.

Matité absolue dans tout le poumon gauche; vibrations abolies : ni égophonie, ni pectoriloquie aphone. Cependant, après quelques quintes de toux violentes, on perçoit un souffle lointain, voilé et faible. Cœur un peu dévié,

Poumon droit normal.

Le diagnostic d'un épanchement pleural gauche d'au moins trois litres s'imposait. M. Caussade le rejette parce que :

1° La matité n’est pas une malité hydrique ;

2 Le cœur n'est pas dévié comme il devrai l'être dans un épanchement aussi abondant ;

3° En auscultant très allentivement, on entend quelques râles froltements à la base. à

Température au début entre 39 et 40 degrés, capricieuse, irrégulière, S'abaissant parfois à 3705 pour remonter le lendemain à 39 degrés. s

La ponction exploratrice ne permet de retirer que quelques gouttes de sang. Quant aux crachats, il sont nettement purulents el très abondants. Ils sont examinés et inoculés à une souris blanche ; ils contiennent du pneumocoque à l'état de purelé. La souris qui reçoit quelques gouttes de crachat meurt en 18 heures. Avec le sang de son cœur el avec des frottis de fragments de ses poumons on oblient des pneumocoques purs.

Pas de bacilles tuberculeux.

À la fin de mars, les signes se modifient: l'expectoration augmente d'abondance et change un peu d'aspect ; elle devient spumeuse et légèrement rougeâtre. Le sommel gauche seul tend à se dégager, tandis qu'au milieu et à la base on entend un souffie pleurétique, plutôt expirateur, Les vibrations réapparaissent au sommel avec

lt quelques râles sous-crépitants, tandis qu'à la base on perçoit les frottements du début.

A celle époque (31 mars) la fièvre descend en deux jours en ligne droite, mais pour se rallumer le lendemain 1° avril, et oscille à parlir de celle date entre 38, 39 et 395 ; retombe à la normale le 9 avril et à parlir de celte date se maintient entre 37 el 3895.

Cette nouvelle poussée coïncide avec l'envahissement du poumon droit. Le poumon droit est envahi de bas en haut: à mesure que celte nouvelle poussée congestive s'étale à droite, la congestion à gauche rétrocède lentement; mais l’état du malade est mauvais, il a le teint terreux, il présente même un amaigrissement très prononcé, lexpectoralion est purulente el très abondante. Les oscillations thermiques pourraient faire redouter une bacillose où une pneumonie caséeuse.

Les crachats sont à nouveau recueillis asepliquement, examinés el inocul's à une souris blanche et à un cobaye. IIS ne contenaient que des pneumocoques Talamon-Fraenkel avec quelques eocci, mais pas de bacilles de Koch. La souris est morte 18 heures après avoir reçu huit gouttes de crachat en inoculation sous-cutante.

Le cobaye n'est pas mort spontanément. Il a été sacrifié au bout d'un mois. A laulopsie, pas de tuberculose. Les poumons furent examinés par frotlis sur lamelles et on ne trouva pas non plus de bacilles de Koch.

Les résultats de nos recherches élablissaient donc péremptoirement que la tuberculose n'était nullement en cause, et ils prouvaient que l'infection restait toujours une pneumococcie avec gn agent aussi virulent que les premiers jours.

Le malade conserve à peu près le même aspect jûsqu'au 29 mai, époque à laquelle nous faisons un troisième examen des crachals ; nous trouvons encore des pneumocoques. Ils sont purs el aussi virulents que la première fois. Huit gouttes de crachats dilués dans l'eau amènent la mort d'une souris au bout de 18 heures. Le sang du cœur et les poumons sont farcis de pneumocoques.

Du 29 mai au 30 juin, la fièvre s'abaisse progressivement; le malade entre alors en convalescence. Vers le milieu de Juin, la résolution de la congestion du poumon gauche est à peu près complète; puis le foyer droit s'amende.

L'expectoration augmente encore, devient plus aérée, visqueuse,

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