ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Gba. ne sa communication initiale avait
fort bien pressenti la véritable nature de la
«€ typhoïd spine ». fl en faisait une « inflammation
des vertèbres ». Cependant, l'absence de preuves
anatomiques permit à d’autres auteurs, surtout Osler de nier l’organicité de l'affection. Dévant les
résultats de la radiologie, cette opinion a naturel-
lement disparu. Cependant certains auteurs gardent une tendance à considérer que la spondylite
typhique et sa symptômatologie douloureuse se développent de préférence sur un terrain névropa-
thique. Cette opinion, si atténuée qu’elle soit, nous paraît manquer d’une assise suffisante et nous
considérerons purement “et simplement la spondy-
lite typhique comme une affection organique.
Quelle en est l’anatomie exacte? Iic nous ne pouvons que déplorer notre absence de documents. Les spondylitiques guérissent; nous ne connaïissons que deux cas de mort: le premier, celui de
Schaeffer, a donné lieu à une autopsie dont le
compte-rendu est manifestement insuffisant (1). Quant au deuxième, celui de Rugh (921), sa relation qui est vraisemblablement sérieuse, est malheureusement introuvable.
L’acte opératoire peut-il nous renseigner? Guère davantage. Peu de spondylites ont appelé le bistouri. L’ « épidurite » de Raymond et Sicard est venue trop tôt, alors que l’attention n’était pas attirée sur les vertèbres et les disques intervertébraux.
- Le cas de Turner a été opéré; du pus contenant le
bacille d’Eberth à l’état de pureté fut découvert dans une vertèbre dorsale, laquelle contenait dans son corps un fragment de lame de couteau, ce corps
(4) Schaeffer dit simplement qu'il existait une « périostite considérable de l’épine Corsale avec une lésion obscure de la moelle. »
LME
étranger s’était implanté dans la vertèbre deux ans avant l’apparition du syndrome spondylitique et n’avait joué qu'un rôle de localisateur à locca-
sion d’une dothiénentérie intercurrente; cependant
le compte-rendu que nous avons de cette observation intéressante est muet sur les lésions que la spondylite avait pu produire par elle-même. Robi-
neau a vu une fois l’arc postérieur de l’atlas « complètement disséqué mais non dénudé ». Une autre
fois, intervenant pour une spondylite lombaire, il
a constaté que « les lames des vertèbres malades
étaient très friables, mais que l’ostéite portait bien plutôt sur les corps vertébraux que sur les lames.»
La radiologie nous fournit des résultats bien plus intéressants; généralement, les épreuves faites quelque temps après le début clinique de l'affection
nous révèlent des altérations nettes, portant sur les
disques intervertébraux (tassement, aspect flou de leur bord, perte de leur transparance), sur les COrps des vertèbres qui sont moins nets et souvent modifiés dans leur forme (les bords latéraux généralement concaves en dehors peuvent devenir rectilignes et même convexes), sur les trousseaux fi-
breux périvertébraux qui, normalement invisibles,
arrivent à projeter une ombre plus ou moins nette sur l’épreuve. Les clichés pris après guérison mon-
trent souvent des lésions plus nettes encore: des:
processus de calcification ont eu le temps de produire des véritables ostéophytes de chaque côté des vertèbres. Ces néoformations calcaires arrivent à
se rejoindre comme des ponts ou des arcs-boutants.
Cependant, certains clichés, même pris à la fin de
la maladie, ne montrent guère qu’une légère altératon du disque intervertébral où même rien du tout.
L’inflammation éberthienne a alors guéri par sim-
ple résoption.
D’autres fois, on a des images qui rappellent absolument celles des épiphysites: elles sont caractérisées par une densification importante des cartilages de revêtement de la vertèbre; on a alors sur le cliché négatif des images de corps vertébraux dont les bords supérieur et inférieur paraissent soulignés par un trait blanc d’ou ou deux millimètres d'épaisseur.
La spondylite typhique est donc une méniscite,
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une ostéopériostite et une ténosite (parfois simplement une épiphysite), présentant divers degrés d'intensité: inflammation simple, destruction partielle réparée par calcification, suppuration. Le terme moyen est le plus fréquent.
Quel est maintenant l’état des méninges et de la moelle enfermées dans cette gaîne malade ? La moelle est rarement lésée; nous n’en voulons pour. preuve que labsence de modification des réflexes et de signes de compression signalée dans la plupart des observations. Quant aux méninges, c’est la ponction lombaire qui va nous renseigner sur leur état. Eh bien l’examen du liquide céphalo-rachidien donne des résultats variables. Tantôt comme dans un cas de M. Ardin-Delteil, or a un syndrome de Sicard et Foix, une dissociation albumino-cytoloique traduisant une compression sans inflammation des méninges ;tantôt les méninges ont réagi (1) à l’infection et on n’a ni hyperalbuminose ni lymphocytose. L'état des méninges est donc variable, c’est l’étui qui les enveloppe qui est malade et présente des lésions constantes: elles, elles réagissent différemment suivant les circonstances. +
Il en est de même pour les éléments nerveux: il est indiscutable que les cordons nerveux pris dans un tissu enflammé souffrent; c’est même leur souffrance qui constitue la majeure partie du tableau clinique. Mais où souffrent-ils ? est-ce sur toute leur longueur comme l’on dit les premiers observateurs,
est-ce seulement au niveau du trou de conjugaison:
S agit-il de funiculite simple et non pas de radiculite (2). Je crois qu’il serait bien osé de trancher brutalement la question. Certes, on a toujours le syndrome de funiculite, mais cela veut-il dire que les racines n’ont pas réagi ou ne réagiront pas?
(1) Dans 4 observations, trois de Silver et une de Halpenny et Mac Intyre, on avait du Kernig et de la: raideur de la nuque.
(2) Sicard appelle funicule « le tronc nerveux situé en plein trou de conjugaison, intermédiaire entre les racines et les branches d’origine des plexus. Il a deux Caractères anatomiques importants: 1° il est extraméningé et en dehors du liquide sSous-arachnoïdien, c’est-
me
Signalons enfin un symptôme décelé par la ponc-
tion lombaire qui paraît plus constant que les au-.
tres: c’est l’hypertension du liquide céphalo-rachidien. M .Ardin-Delteil l’a trouvé deux fois, nous l’avons nous-même rencontré chez deux des malades dont nous apportons les observations.
L’hématologie des spondylitiques présente-t-elle
quelque chose de particulier? Il ne le semble pas. Il existe en général seulement une leucocytose légère (4 à 6.000 globules blancs) avec un certain degré de polynucléose comme dans toute ostéo-périostite éberthienne. La réaction d’agglutination de Widal est généralement positive, elle peut manquer. :
à-dire que son atteinte ne résultera pas d’une manière primitive au moins, d'une inflammation de la leptoméninge; il fait partie de l’espace épidural, seules les épidurites retentiront directement sur lui: 2° il con-
tient toutes les fibres des racines antérieures et posté- rieures, c’est-à-dire que la topographie des troubles que sa lésion pourra engendrér sera radiculaire.
Le syndrome funiculaire décrit par Forestier con- Siste en: douleur locale (point vertébral latéral), con= iracture musculaire, rigidité de la colonne, douleur irradiée à l’occasion des mouvements et de la toux, dissociation albumino-cytologique du L. C.-R. Les douleurs purement radiculaires ne s'accompagnent pas de contracture musculaire, ne sont pas influencées par les changements de position, entraînent une hypercytose du L. C.-R. La rareté des cas où on a observé des réactions cellulaires dans les Spondylites nous amène donc à rattacher dans da plupart des cas leur symptomatologie douloureuse à une funiculite.