‹ Contribution à l'Étude de la Spondylose RhizoméliqueChapitre 31 sur 32 · OBSERVATION N° I · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° I

M. F..., 38 ans, ingénieur (communiquée par le D'° Mouchet, prise en partie par les D” Reverdin et Naville).

Antécédents personnels.

Ni blennorragie, ni syphilis.

À seize ans, douleurs rhumatoïdes qui l'immobilisent pendant un mois. Se remet complètement en trois mois.

A vingt ans (1913), ajourné pour faiblesse de constitution. Reversé dans le service armé en novembre 1914,

Supporte facilement le séjour au front, dans un régiment d’artillerie, de janvier à juin 1915.

Histoire de la maladie.

Le 16 juin 1915, par suite de l’éclatement d’un obus de gros calibre, à courte distance, il est projeté à terre, tombe sur le dos et se relève, avec l’aide de ses camarades, souffrant d’une forte douleur dans la région lombaire. Comme son état ne s'améliore pas (ii marche difficilement et, surtout, ne peut se redresser) il est évacué le 30 juin 1915.

Du 2 juillet au 25 août, il se plaint surtout, dans divers hôpitaux de l'arrière, de douleurs au niveau des adducteurs et du quadriceps, entraînant une certaine impotence fonctionnelle : il marche difficilement, avec une canne. De plus, la courbure vertébrale post traumatique reste irréductible. Ce que nous savons du traitement institué à cette époque, c'est que le malade à fait à Aix-les-Bains un séjour d’un mois qui semble avoir amélioré ses troubles fonctionnels, mais n'avoir eu aucun effet sur son rachis.

De retour à son dépôt, à la fin d'octobre 1915, il est immobilisé à nouveau par une crise douloureuse analogue à la première.

Sur sa demande, il suit un traitement électrique à Dijon ; à ce

moment, on aurait constaté la disparition des réflexes rotuliens et d’autres anomalies dont le malade n’a pas gardé le souvenir.

Six semaines de haute fréquence améliorent les mouvéments des hanches sans agir sur le rachis. Malgré cela, il reprend du service au front, mais est définitivement réformé, le 15 avril 1916, pour ankylose de la colonne vertébrale.

Depuis lors, par poussées successives revêtant chacune un caractère subaigu, son état n’a fait qu’empirer.

Premier examen clinique.

M. F.… est vu en juin 1920 par les D'" Reverdin et Naville. Voici le compte rendu de leurs observations :

Malade pâle, dont l’état général est visiblement altéré. Il se présente le dos fortement vouté, marchant difficilement, même avec une canne. Son attitude attire immédiatement l'attention sur le rachis et les hanches.

Dans l’ensemble, le rachis décrit une courbe à convexité postérieure intéressant surtout le segment dorsal ; le redressement de la lordose lombaire aplatit ce segment.

Les cuisses sont en adduction et celle-ci est plus marquée à gauche qu’à droite; la cuisse gauche, de plus, est fléchie sur le bassin et fixée dans cette attitude.

Les genoux sont libres.

Au niveau de l’épaule droite, le malade accuse une légère limitation des mouvements et ceux-ci déterminent de gros craquements.

I faut noter, enfin, une notable diminution de la mobilité des côtes, l'expansion thoracique étant très restreinte.

Toutes les autres articulations sont intactes.

La recherche des mouvements confirme ces données : dans les essais de flexion et d’extension du tronc, le rachis RES comme soudé et cette rigidité s’oppose énlement aux mouvements intentionnels, soit de rotation, soit de flexion latérale.

Cette ankylose est surtout lombaire et dorsale : le rachis cervical conserve une certaine mobilité, bien que limitée, Tous les mouvements de la tête et du cou sont possibles.

La hanche gauche est bloquée en flexion adduction, alors que la droite conserve des mouvements, peu étendus il est vrai, de flexion et d’extension.

Par suite, le malade ne peut marcher sans ganne, il ne peut prendre appui sur sa jambe gauche. Pour s'asseoir, il aide de ses deux mains pour amener sa jambe dans la position voulue; Assis, la

cuisse reste étendue sur le bassin et le malade porte son tronc en arrière pour compenser cette position. S'il veut se coucher, il appuie ses fesses. sur le lit et bascule sur les ischions.

Les mouvements brusques s’accompagnent de douleurs localisées, non à l'articulation coxo-fémorale, mais le long du quadriceps et des adducteurs ; ces muscles, d’ailleurs, sont contracturés, mais non douloureux à la pression.

Dans l’ensemble, le système musculaire du malade est peu développé. Il a pu constater, entre janvier et juin 1920, un amaïigrissement de 7 kilogs. De plus, la cuisse gauche est atrophiée, la mensuration à 20 centimètres au-dessus du bord supérieur de la rotule donne, à droite, 42 centimètres contre 38 à gauche. La mensuration de la jambe, à 15 centimètres de la pointe de la rotule, donne 30 centimètres à droite contre 29 à gauche. Il n'existe pas de raccourcissement d’un membre par rapport à l’autre.

Par ailleurs :

L'examen des poumons est normal, sauf une inspiration un peu saccadée au sommet gauche et une expiration prolongée des deux côtés, le tout en rapport avec le peu de mobilité du thorax, les mouvements respiratoires ne s’exécutant que grâce au jeu du diaphragme.

Au cœur, les bruits sont normaux ; la tension artérielle : 14-11 au Pachon, avec index oscillométrique extrêmement petit.

Les fonctions digestives sont bonnes ; seul, l'appétit est diminué depuis deux à trois mois. k

L'examen neurologique montre l'intégrité de la sensibilité, mais une diminution générale de la force musculaire, l’abolition des reflexes rotuliens, sans Babinski, sans aucune autre anomalie.

Examens spéciaux.

Ce malade est indemne de toute blennorragie, la réaction de B. W. est négative, ses urines ne contiennent pas d'éléments anormaux. Une cuti-réaction à la tuberculine est restée négative.

Nous n’avons pu examiner les clichés faits à cette époque. Ils auraient montré, paraît-il :

1° Des ponts osseux unissant les corps vertébraux entre eux, les apophyses articulaires homolatérales entre elles ;

2° Des têtes fémorales semblant faire corps avec l’ombre des cavités cotyloïdes et non plus séparées d’elles par un espace clair.

ASE

Evolution ultérieure.

M. F.… cessa d’être vu à partir du mois de juin 1920 ; ayant repris une santé générale parfaite, son existence était devenue très active dans l’industrie.

En mars 1920, après une chute sur le dos dans un escalier de pierre, il doit garder le lit pendant plusieurs semaines, ressentant des douleurs très pénibles dans la région lombaire.

Depuis cet accident, il a repris ses fonctions d'ingénieur, Si les douleurs aiguës ont disparu, il persiste, par contre, de la gêne dans la marche et il doit s’aider d’une canne. Deux cures à Barrêges l’ont soulagé, mais il conserve un endolorissement du rachis dorsal et lombaire.

En outre, il constate que les mouvements de la tête et du cou sont beaucoup moins libres qu'auparavant et il tient sa tête un peu courbée en avant.

Dernier examen.

Le 23 janvier 1931, il vient consulter notre maître, le D° Mouchet.

A cette date, l'aspect du malade est le suivant :

La cyphose dorsale est totale, la lordose lombaire à disparu. Il marche difficilement, la tête fortement courbée en avant.

La région cervicale, très enraïdie, est le siège de mouvements insignifiants de flexion, d'extension, d’inclinaison latérale. La rotation de la tête est nulle.

La rigidité vertébrale est absolue et tout essai de redressement est impossible,

L'examen des ceintures montre :

a) Une grosse limitation des mouvements des deux articulations scapulo-humérales, surtout la droite où l’abduction, la flexion en avant dépassent à peine l'angle droit ;

b) Un bloquage complet de la hanche gauche, en flexion à angle obtus avec adduction ;

c) Une simple limitation des mouvements de la hanche droite.

L'examen somatique complet est normal; en particulier, la recherche des troubles endocriniens à été négative. Nous avons analysé plus haut les excellentes radiographies de

ce malade ; elles sont très caractéristiques de la spondylose rhizomélique.

OBSERVATION N° II (D° Lacapère)

M. K.., maçon, 41 ans.

Antécédents héréditaires et collatéraux.

La mère est morte à 70 ans de broncho-pneumonie ; le père, âgé de 75 ans, est bien portant. Il a présenté autrefois des manifestations arthritiques. Trois frères et deux sœurs bien portants.

Antécédents personnels.

Rougeole dans l'enfance. Une blennorragie à 24 ans. Une seconde blennorragie à 47 ans, avant les accidents actuels. Grippe en 1914, Rhumes fréquents. Gros troubles urinaires.

Lé malade a déjà présenté, aux genoux et aux coudes, des douleurs articulaires, en 1915, qui Pont obligé à rester alité trois mois. Il aurait guéri par les bains chauds. - \

Histoire actuelle.

Le début de l'affection qui amène le malade à consulter à Cochin, le 10 novembre 1930, remonte à quatre ans.

Le malade à commencé à souffrir de douleurs lombaires, qui ont ensuite gagné la fesse et la cuisse droites. Les douleurs sont d’abord intermittentes, provoquées par la fatigue, puis continues, exacerbées par le mouvement, rendant tout travail impossible.

L'examen

Montre une rigidité dorso-lombaire absolue, portant également

sur tous les segments de la colonne vertébrale.

La rotation de la tête ne dépasse pas 30°.

Le malade ne peut se baisser.

Il existe, de plus, une cyphose dorsale accentuée.

Les mouvements de l’articulation coxo-fémorale, surtout à droite, sont douloureux. Lä flexion, l'extension, la rotation sont également limitées et provoquent des douleurs.

Le cœur est normal.

Les réflexes tendineux et cutanés sont normaux. Il n'existe pas

de troubles trophiques.

La radiographie

Montre une spondylose. Tendance au se

Ossification ligamentaire de L 1-L 2. De profil, les disques lom-

baires sont bombés.

On ne note rien d’anormal aux articulations de la hanche.

Les réactions de laboratoire

Montrent que les réactions de Wassermann, de Hecht, de Vernes sont négatives.

La gono-réaction est positive.

La réaction de Vernes colorée : 55.

Sédimentation normale : 10.

L'évolution

Ne montre pas de régression des troubles.

Le malade est, il est vrai, traité depuis deux mois seulement au vaccin anti-gonococcique, après l’échec du phosphore et de l’iode.

OBsERvVATION N° III (D° Lacapère)

M. C.., 45 ans.

Antécédents héréditaires et collatéraux.

Inconnus du. malade. Celui-ci est marié, père d’un enfant de sept ans, bien portant.

Antécédents personnels.

Aucune maladie d’enfance.

Depuis trois ans, le malade a présenté des bronchites fréquentes pour lesquelles on soupçonne la tuberculose.

Tous les examens sont restés négatifs.

En 1906, il a eu la fièvre typhoïde.

En 1910, le malade contracte la blennorragie ; il a une seconde atteinte de cette affection en 1918.

En 1910, commencent les manifestations articulaires douloureuses. Elles sont caractérisées par des douleurs vives avec gonflement et sont localisées uniquement aux genoux.

Le malade est alors immobilisé six mois, Cependant, laguérison est assez complète pour qu’il fasse toute la guerre...

En 1925

Le malade à une nouvelle crise articulaire généralisée touchant sans prédilection toutes les articulations.

Cette crise dure six mois et s’accompagne de fièvre (38°). Depuis cette époque, les manifestations articulaires persistent.

À lPexamen

En octobre 1928, on note : une ankylose totale de la colonne vertébrale laissant une légère mobilité à la tête, mais entraînant l’immobilisation complète des segments lombaires et dorsaux. Les articulations de la hanche sont douloureuses et peu mobiles. Les scapulo-humérales légèrement diminuées de mobilité, surtout dans les mouvements d’élévation du bras.

Tous les appareils sont normaux. Il est à remarquer que le malade, depuis plus de dix ans, a fait une carie dentaire généralisée qui a nécessité l’avulsion de toutes les dents.

La radiographie

du rachis et des hanches montre des lésions typiques de spondylose rhizomélique.

Les réactions serologiques ont été pratiquées :

la réaction de Wassermann,

la réaction de Hecht,

la réaction de Desmoulières sont négatives.

La réaction de Vernes à la résorcine : 40.

La sédimentation est de 32 après une heure, 56 après deux heures, 89 après vingt-quatre heures,

Les différents traitements iodés, phosporés, le Porndorf ont peu amélioré le malade.

Spondylose rhizomélique dont l’étiologie est douteuse, bien que la notion d'infection gonococcique ait été retrouvée à la base de l’évolution.

OBsERVATION N° IV (D Lacapère) M. C..., 46 ans, typographe.

Antécédents héréditaires.

Père et mère bien portants. Pas de frère, ni de sœur. Antécédents personnels.

Scarlatine et rougeole dans l’enfance. Gonococcie il y a vingt ans. Genu valgum gauche, opéré. Chancre syphilitique soigné de façon insuffisante, il y a quinze ans.

Le malade n’a pas d'enfant. Sa femme n’a pas fait de fausse couche.

A plusieurs reprises, il a souffert de douleurs vagues dans le dos et la région lombaire. Il n’a jamais eu, cependant, de vraies crises de rhumatisme avec fièvre et nécessitant le séjour au lit.

Histoire actuelle.

Depuis quelques mois, les douleurs lombaires et dorsales sont devenues plus tenaces, mais elles restent discontinues, influencées par la fatigue, la station debout prolongée ; elles irradient à la face postérieure du membre inférieur, de chaque côté.

Le malade a été vu pour la première fois le 15 avril 1931.

Il présentait :

Une scoliose lombaire accentuée.

Il existe de la rigidité localisée aux segments dorsaux et lombaires, la colonne cervicale est souple.

On note des points douloureux à la pression de la cinquième lombaire. Les apophyses épineuses lombaires sont rigides.

La pression de la onzième et de la douzième côtes provoque de la douleur.

Les articulations coxo-fémorales : la droite est mobile ; à gauche, les mouvements sont limités.

Il existe un raccourcissement du membre inférieur gauche par ankylose fibreuse du genou.

Le cœur et les poumons sont normaux.

Les réflexes tendineux achilléens existent.

rotuliens, à gauche, est impossible à rechercher, à droite, existe avec contro-latéral des adducteurs.

On note de l'inégalité pupillaire, la pupille droite étant plus petite ; les réflexes lumineux sont conservés.

Il n'existe pas de troubles trophiques, sauf une atrophie de la cuisse gauche, dont l’ankylose du genou est responsable.

Il n’a pas encore été fait de radiographie.

Les examens de laboratoire montrent :

Les réaction de Wassermann, de Vernes, de Hecht, de Desmoulières fortement positives.

La réaction de Vernes résorcinée : 75.

La sédimentation : 59 après 1 heure, 80 après deux heures, 109 après vingt-quatre heures.

Le malade, qui supporte mal le novarsenobenzol, a été mis à un traitement au cyanure.

En résumé, spondylose dont l’étiologie spécifique semble certaine, mais dont l’observation est trop récente pour permettre d’en tirer des conclusions thérapeutiques.

OBSERVATION N° V (D° Rœderer) M. M... 21 ans.

Antécédents héréditaires et collatéraux.

Normaux.

Histoire de la maladie.

M. M... est vu pour violentes douleurs de la colonne vertébrale, apparues au cours d’une tuberculose pulmonaire en évolution. Il est alors dans un état cachectique marqué et présente déjà une cyphose accentuée qui, jointe aux douleurs, ne lui permet pas de marcher sans cannes.

L'examen révèle une douleur précise à la pression de la quatrième vertèbre dorsale. g

On porte alors le diagnostic de mal de Pott, en raison d’une grosse exagération des réflexes tendineux des membres inférieurs avec clonus du pied, et de la concomittance d’une tuberculose pulmonaire en évolution.

Le malade est immobilisé dans un plâtre. Durant quelques mois, l’état général s'améliore notablement, les phénomènes de compression s’amendent, mais, au renouvellement du troisième plâtre, c’està-dire neuf mois après le début du traitement, on constate que, loin de s’améliorer, la cyphose est beaucoup plus accentuée et tend à se développer en longueur.

Remis debout, le malade souffre terriblement et, malgré une nouvelle immobilisation rigoureuse, les douleurs ne cessent plus. Elles sont intolérables et le moindre mouvement, la moindre secousse auprès du lit sont l’objet d’une très vive réaction.

La cyphose s’exagère et, après un an d'évolution, le malade est en arc de cercle ; la courbure vertébrale, très régulière, est absolument irréductible,

A cette période, les douleurs paraissent s’être déplacées et, au cours de la seconde année, elles siègent dans la région lombaire et dans les articulatidns coxo-fémorales qui s’enraidissent au cours de la troisième année,

Jusque là, les épaules sont restées libres.

Le diagnostic de spondylose rhizomélique est confirmé par la radiographie qui montre, d’un bout à l’autre de la colonne vertébrale, les bandes classiques d’ossification ligamentaire, sans déformation des vertèbres qui sont simplement décalcifiées.

Des nouvelles récentes de ce malade montrent que son état ne s’est pas modifié ; il n’y a eu ni rétrocession, ni extension du processus d’ankylose. Les douleurs ont à peu près disparu et la maladie peut être considérée comme fixée.

Cette observation est intéressante par la notion précise d’une tuberculose causale, la localisation initiale du processus à une ou deux vertèbres, l'extension de haut en bas de l’ankylose qui n’a atteint qu’en dernier lieu les articulations coxo-fémorales.

OBsERvATION N° VI (D° Lacapère)

M. F..., 35 ans, chauffeur d'automobile.

Antécédents héréditaires.

Père vivant, âgé de 55 ans, ayant présenté du rhumatisme.

Mère, 59 ans, bien portante actuellement, aurait été soignée pour tuberculose pulmonaire.

Trois frères morts en bas âge de méningite tuberculeuse.

Antécédents personnels,

Rougeole et scarlatine dans l’enfance. Tuberculose du sommet droit il y a quinze ans.

Sa femme est bien portante, n’a pas fait de fausse-couche,

Il a deux enfants, l’un de 7 ans, tuberculeux, l’autre de 5 ans, bu portant.

Histoire de la maladie.

Le malade, depuis trois ans, accuse des douleurs articulaires. Elles ont débuté aux genoux. Le malade ne souffrait tout d’abord qu'aux mouvements. Cette douleur durait deux ou trois jours, puis disparaissait pour reparaître quelques jours après, Puis, les douleurs ont atteint les articulations sacro-iliaques ; elles ont disparu pour passer aux articulations costo-vertébrales, puis aux articulations sterno-costales. Il s'agissait de douleurs fugaces, sauf à la hanche, où elles persistaient continuellement, rendant les mouvements difficiles et gênant le sommeil du malade,

C'était une douleur à type de courbature ou de déchirure. Ces phénomènes douloureux étaient absolument apyrétiques.

Actuellement, presque tous les groupes articulaires principaux sont touchés : hanche, genou, scapulo-humérale, sterno-costales ; les petites articulations sont respectées.

Examen.

Le malade présente une cyphose antérieure dorsale à grand rayon. La rigidité vertébrale est absolue dans tous les segments. A peine obtient-on du malade une légère flexion de la tête, les articulations scapulo-humérales conservent une certaine mobilité Les mouvements les plus limités sont l’élévation du bras et l’abduction. La hanche est plus atteinte, la rotation surtout est diminuée. De plus, on est gêné par la douleur qui rend l’exploration des mouvements difficiles.

L'examen des poumons montre seulement, au sommet droit, une diminution de la respiration, sans bruits adventices.

Le cœur est normal, un peu rapide.

Les reflexes sont normaux. La température normale.

Le malade est amaïgri et manque d’appétit,

La radiographie, peu nette, ne montre aucune lésion caractéristique.

Les réactions de Wassermann, de Hecht, de Desmoulières, sont négatives, la réaction de Vernes à la résorcine : 66.

La sédimentation est de :

61 au bout d’une heure, 94 au bout de deux heures, 135 au bout de vingt-quatre heures.

Le diagnostic porté est celui de spondylose rhizomélique, dont on peut discuter la nature tuberculeuse en raison des antécédents du malade,

OBSERVATION N° VII (D° Lacapère)

M. C.., 39 ans, blanchisseur.

Antécédents héréditaires et collatéraux.

Père mort d’un chaud et froid à 34 ans.

Mère bien portante, Une sœur morte d’entérite tuberculeuse.

Antécédents personnels.

Sauf des maladies d'enfance : rougeole, coqueluche, on ne relève dans les antécédents ni blennorragie, ni syphilis.

Marié il y a dix ans. Pas d'enfants. Sa femme n’a pas fait de fausse-couche.

Histoire de la maladie.

La maladie a débuté il y a cinq ans par des douleurs dorsales inférieures et lombaires intermittentes. En même temps la raideur apparaît, ainsi qu'une cyphose.

Ces troubles s’aggravent progressivement. Les irradiations douloureuses apparaissent à l’abdomen et au scrotum ; elles surviennent surtout la nuit, sans toutefois réveiller le malade, s’accentuant si le malade tousse ou éternue.

Les mouvements sont de plus en plus difficiles. La gêne qui, au début, limitait les mouvements du dos et du thorax, s'étend aux membres inférieurs. Les mouvements de la cuisse sont limités à un tel point que l’acte le plus simple (mettre ses chaussures) nécessite de longs efforts.

Tout travail est rendu impossible.

L'examen pratiqué

à la première consultation, en novembre 1929, permet de noter :

Une ankylose vertébrale avec cyphose dorsale accentuée.

Dans le segment cervical : perte des mouvements latéraux ; l’extension et la flexion de la tête se font à 30°, la rotation à 00°.

Le segment dorsal montre une ankylose vertébrale absolue avec une cyphose marquée. Le thorax est rétracté, la respiration difficile. L’amplitude respiratoire, au niveau des mamelons, est de 95-96,5. Le segment lombaire montre la perte de l’ensellure avec ankylose totale.

Les articulations des membres inférieurs, surtout du côté droit,

ont des mouvements limités, surtout les mouvements de rotation externe et interne.

Etat général

Bon. ll n’y a pas de température. Les appareils respiratoire et circulatoire sont normaux, Le système nerveux normal.

Les examens de laboratoire.

Permettent de noter :

Le Wassermann, le Hecht, négatifs ; La gono-réaction, négative ;

La réaction de Vernes colorée : 16.

La calcémie : 0,072 %s.

Evolution,

Le malade est traité par l'acide phosphorique per os et par l’iode.

On lui fait deux injections épidurales de lipiodol.

Il est revu plusieurs fois. L'amélioration est lente, mais progressive.

A l’époque actuelle, avril 1931, à part quelques douleurs discontinues, le malade va bien et a repris son travail. L’ankylose des articulations coxo-fémorales et du cou a légèrement diminué.

La cyphose et l’ankylose lombo-dorsale persistent.

Aucune étiologie dans ce cas, sur lequel la thérapeutique instituée semble avoir agi efficacement,

OBsERVATION N° VIII (D° Ræœderer)

M. H, 66 ans.

Antécédents personnels.

Aucune notion de blennorragie, ni de syphilis. Pas de traumatisme.

Dès l’âge de 23 ans, névralgies et douleurs rhumatismales vagues, que le malade attribue d’une part à son tempérament arthritique, d'autre part à un grand surmenage physique subi depuis sa seizième année.

A 25 ans, très forte atteinte de grippe avec coliques hépatiques.

A 43 ans, crise de rhumatisme articulaire aigu, généralisé, suivi d'amélioration après une cure à Bourbon-Lancy.

Histoire de la maladie.

Les premières manifestations apparaissent à 50 ans. C’est alors que M. H.. constate, en même temps que des douleurs vertébrales qu’il intitule lumbago, un certain manque de souplesse de la région lombaire et une gêne très nette des mouvements de rotation de la

tête : phénomènes d'autant plus nets que, jusque là, il était d’une extrême souplesse, grâce à des exercices physiques réguliers.

Progressivement, la raideur augmente et les mouvements du rachis se limitent chaque jour un peu plus.

A 55 ans, une violente crise de cholécystite aigué influence considérablement son état général ; l’ankylose se complète. Le diagnostic de spondylose est posé alors pour la prémière fois par le D' Abrami. Toutes les recherches étiologiques faites à cette période ont été négatives. Un essai de traitement par Rayons X et vaccins est resté inefficace.

Depuis, l’évolution de la cyphose s’est faite progressivement ; la courbure vertébrale est extrême, les douleurs sont continues et le malade est réduit à une impotence complète,

Nous n’avons pu nous procurer les radiographies du rachis elles confirment le diagnostic de spondylose rhizomélique.

Voici une observation à laquelle nous pouvons difficilement attacher une étiquette étiologique. Faut-il retenir l’infection grippale et les crises successives de cholécystite présentées par ce malade ? C’est là une notion bien vague dont nous n’osons affirmer la valeur.

OBSERVATION N° IX (D° Rœderer) M. G.., 65 ans.

Antécédents personnels.

Le malade nie toute blennorragie, toute syphilis et déclare n’avoir jamais fait de chute grave, ni eu d’accidents auxquels on puisse rapporter sa maladie,

Histoire de la maladie.

Dès l’âge de 23 ans, douleurs intermittentes à type musculaire, principalement au niveau des tendons d'Achille, puis phénomènes névralgiques, à type sciatique, intercostal, crural.

En 1913, à 47 ans, douleurs cervicales avec craquements dans les articulations.

Ce n’est qu’en 1917 que débute nettement l’ankylose, qui progresse de haut en bas, atteignant en dernier les membres inférieurs.

Etat actuel,

M. G... a le rachis complètement ankylosé en flexion, à peu près däns la situation d’un homme assis devant une table basse,

ia PE PE suit nettement les courbures dorsale et lom-

baïre ; la cyphose est donc régulière, sans gibbosité.

Le mouvements de la tête sont abolis, tant pour la Han que

pour l'extension, la flexion, les in dlinaisons latérales. Les cuisses sont en flexion légère sur le bassin (20° environ).

Quand le pe est couché, il arrive à gagner ER degrés

d’extension.

Tous les mouvements de rotation, d'abdnction ou d’adduction sont abolis.

Les genoux, libres, sont parfois Do

Les épaules sont parfois le siège de douleurs et moins mobiles que normalement ; le malade porte difficilement les bras en avant. Il n'existe pas de RUE ù

Observation de spondylose rhizomélique confirmée radiographiquement, mais pour laquelle il n’existe aucune notion étiologique.

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