C) ACCIDENTS LIÉS A L'ÉRUPTION DES DENTS
L'enfant dont l’éruption dentaire n’a pas commencé ne, présente jamais de stomatite. <
Il est classique de dire : « Pas de dent, pas de stomatite. »
Dans nos recherches, nous n’avons pas trouvé signalé de cas de stomatite, même chez de grands enfants (10-12 ans) traités au bismuth. Leur cavité buccale est moins septique que celle de l’adulte; les caries et la pyorrhée y sont relativement rares.
C’est l’éruption de la dent de sagesse qui présente pour nous le plus d'intérêt.
Nous rapportons une observation (Obs. XXII) dans laquelle elle fut le point de départ d’une stomatite grave.
Normalement, l’éruption de la dent de sagesse se manifeste par l’inflammation de la muqueuse recouvrant sa couronne et des portions de gencive avoisinante. Cette muqueuse formant le capuchon de la dent, se sphacèle, se détruit et laisse passer la dent; puis, rapidement, tout rentre dans l’ordre. Les phénomènes peuvent parfois évoluer différemment; l’inflammation est plus vive, la douleur est plus intense, des ganglions apparaissent, et une suppuration plus ou moins importante se développe sous le capuchon muqueux, où abondent normalement les micro-organismes de toute sorte et particulièrement l’association fuso-spirillaire.
Pour certains auteurs (Bercher, Cathelan, Mayet), le rôle joué par les microbes ne serait que secondaire. « L’évoiu-
tion de la dent de sagesse, écrit Bercher, en dehors de tout phénomène infectieux, peut jouer le rôle d’épine irritative susceptible de produire par voie nerveuse un trouble trophique de la muqueuse, et, par suite, une diminutien de résistance à l'infection. »
On conçoit aisément le terrain favorable qu'offrent ces
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accidents à l’éclosion d’une stomatite bismuthique.
d) TRAUMATISMES DENTAIRES.
M. Magimel rapporte, dans sa thèse, des expériences intéressantes qu'il fit à ce sujet. Il prend un chien dont des dents ont été fracturées depuis quelque temps, et d’un seul côté de mâchoire. Il injecte sous la muqueuse gingivale, du côté sain et du côté traumatisé, 4 cm3 de Bismuthoïdol (bismuth col- . loïdal contenant 0,003 de Bi métal par cm3). Il constate l’apparition d’ulcérations pseudo-membraneuses à fond noirâtre sur la gencive en rapport avec les dents fracturées, tandis que l’autre côté reste parfaitement sain.
Les traumatismes dentaires déterminent des lieux de moindre résistance. Les arêtes tranchantes que présentent les : dents fracturées irritent au plus haut point et éraillent sou. vent les muqueuses gingivale et jugale, favorisant ainsi l’apparition d’ulcérations. .
Les appareils de prothèse, bien supportés et bien en place, et à plus forte raison lorsqu'ils sont mal adaptés, traumalisent la muqueuse, entraînent son inflammation à leurs points d'appui et peuvent être le point de départ de stomatites Fénignes (Obs. 1, VID) ou graves (Obs. XXI, communiquée par le Docteur R. David-Chaussé).
L'irritation buccale causée par l’abus du tabac peut avoir quelque action sur l’étiologie de la stomatite; cependant, elle ne nous à paru que de peu d'importance.
Toutes ces causes secondes passent en réalité au premier rang. Ce sont elles qui déterminent et qui conditionnent la stomatite bismuthique.
LuGARDON.
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