‹ Contribution à l'étude de la stomatite bismuthiqueChapitre 25 sur 47 · SP TES · texte numérisé non relu

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Sa couleur en général grisâtre, gris ardoise, varie suivant son intensité, elle tire sur le bleu lorsqu'il est léger et sur le noir lorsqu'il est plus marqué. Le soufre, soit ‘en ingestion, soit en injection, fonce le liséré et le rend plus apparent.

Son point de départ et d'intensité maximum se trouve sur la muqueuse gingivale, en un endroit infecté ou irrité (chicot dentaire, point d'appui d’un appareil de prothèse, dent cariée, clapier pyorrhéique, dent de sagesse). Souvent nous avons constaté un point de départ de prédilection au niveau des languettes interdentaires des deux incisives médianes inférieures, ‘et de la muqueuse recouvrant le collet de ces deux dents; il se manifeste alors discrètement sous forme de taches punctiformes, ou de petits croissants noirâtres à concavité tournée vers le haut. ;

La durée du liséré est très variable, il s’atténue généralement en une quinzaine de jours, mais des traces peuvent persister pendant des mois.

Du liséré il faut rapprocher les plaques pigmentaires grisâtres, qui tatouent parfois la muqueuse buccale âu cours de traitements bismuthiques. Elles sont moins constantes que le liséré et elles s’observent en associations ou non avec la stomatite. Elles apparaissent sur la muqg'ieuse des joues (Obs. IX), des lèvres, du palais, de la langue (Obs. XIT et XV), des piliers. Elles siègent avec prédilection dans des zones irritées;

elles sont surtout fréquentes sur la muqueuse jugale et labiale en rapport avec les arcades dentaires; dans certains cas elles reproduisent nettement l'empreinte des dents.

Elles sont de dimensions variables, de la grosseur d’une lentille, à celle d’une pièce de vingt francs argent. Leurs contours, rarement irréguliers, sont généralement polycycliques.

Leur couleur est gris pâle, blanchâtre, souvent très discrète; leur teinte n’est pas toujours uniforme, elles présentent parfois des plages plus colorées. Dans certains cas le pigment se dispose en stries fines.

Parfois la pigmentation de la muqueuse buccale peut être

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générale, sans plaques délimitées, et se présenter sous forme d’un piqueté grisâtre, disposition souvent observée au niveau de la langue.

Ces taches pigmentaires, moins tenaces que le liséré, disparaissent rapidement avec quelques lavages de bouche à l’eau oxygénée diluée.

Cette pigmentation bismuthique n’est d'ailleurs pas Sspéciale à la cavité buccale; toutes les muqueuses peuvent y participer; elle a été notée sur les muqueuses gastrique, intestinale et vésicale (MM. H. Lôühe et H. Rosenfeld).

L'inflammation gingivale. — Les gencives sont rouges, légèrement tuméfiées, et présentent souvent une tendance nette à saigner; la muqueuse buccale participe également de cette inflammation.

La douleur. — Elle est constante, le plus souvent très marquée; elle devance parfois le liséré. Dans certains cas elle peut apparaître très précocement, quatre à cinq heures après l'injection, constituant le « choc dentaire » de certains auteurs. Ce syndrome observé autrefois avec l'emploi de solutions bismuthiques par la voie intraveineuse est aujourd'hui exceptionnel. Nous ne l’avons observé qu'une seule fois (Obs. D.

Le plus souvent la douleur débute par un agacement des dents, qui, en l’espace d’une journée ou d’une nuit, devient pénible et aiguë. Les sensations éprouvées sont différentes suivant les malades. Ces douleurs se manifestent chez les uns sous forme de « picotements », chez d’autres sous forme de « brûlures », de névralgies à accès paroxystiques avec irradiation d’un côté de la face. Les chicots, les dents cariées, les points d’alvéolite, de pyorrhée les localisent électivement. La mastication des aliments durs tels que le pain est possible, mais douloureuse.

La salivation n’est généralement pas augmentée et la fétidité de l’haleine a été parfois notée.

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L'état général n’est nullement touché.

Cette forme peu grave, simplement inflammatoire, peut guérir seule en l’espace de cinq à huit jours, si l’on interrompt le traitement. Quelques lavages de bouche avec des antiseptiques suffisent à tout faire rentrer dans l’ordre en trois à quatre jours, même en continuant le traitement. Si, au contraire, l’on ne s'occupe pas de la stomatite et si l’on injecte de nouvelles dôses de bismuth, elle s'aggrave, des ulcérations apparaissent, et l’on passe à la forme suivante.

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