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II. — Stomatite avec ulcération

Elle peut faire suite à une stomatite simple ou au contraire apparaître d'emblée, en l’espace d’une nuit. Cette rapidité d'apparition faisait dire à Balzer que « dans la stomatite bismuthique le sphacèle est en quelque sorte primitif, sans que son apparition soit précédée de rougeur, et d'inflammation de la muqueuse buccale ». |

Elle se produit de préférence dans les premières semaines du traitement (surtout avec les sels solubles); cependant, elle ne peut se manifester que tardivement. Milian a rapporté un cas où la stomatite ulcéreuse se déclara neuf jours après la dix-septième injection d’un sel insoluble.

Elle présente les mêmes symptômes que la stomatite simple, mais plus marqués.

Le liséré est plus large, plus noir, l’inflammalion se manifeste par une tuméfaction plus importante, les gencives sont rouges, chaudes, la langue est saburrale, les muqueuses, jugale et labiale, sont congestionnées; la douleur est plus intense et le malade est très gêné pour s’alimenter; la mastication du pain est souvent impossible. À tous ces signes s’ajoute le symptôme qui la caractérise : l’ulcération.

L'ulcération peut siéger en un point quelconque de ia muqueuse buccale, généralement en un endroit traumalisé,

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irrité ou infecté; elle peut apparaître soit sur une tache pigmentaire, soit sur une portion de muqueuse enflammée.

D'après son siège, calquant sur les formes décrites par Fournier pour la stomatite mercurielle, certains auteurs (Azoulay-Magimel) ont voulu distinguer trois types principaux :

1° Une stomatite à type molaire et rétro-molaire; l’ulcération siège sur la muqueuse gingivale en rapport avec ces dents, uni ou bilatérale, elle présente une prédilection pour le côté sur lequel le malade dort;

2° Une stomatite à type médian inférieur; les lésions siègent sur la gencive inférieure, c’est dans ce cadre que Fournier fait rentrer la stomatite du sillon gingivo-labial inférieur;

3° Une stomatite à type génien; l’ulcération occupe un point quelconque de la muqueuse jugale.

Cette classification, quoique classique, nous paraît un peu trop artificielle.

Pratiquement, il est rare de rencontrer des ulcérations répondant à des zones si systématisées; nous les avons vues siéger, avec une égale fréquence, en n'importe quel point de la muqueuse gingivo-jugale, souvent multiples, intéressant plusieurs zones à la fois. On en trouve sur la langue, sur les piliers, sur les amygdales, sur le palais. C’est l’épine irritative qui seule appelle l’ulcération.

Cette ulcération est, en général, peu profonde, de grandeur variable, d’un confetti à une pièce de dix francs; elle présente des bords irréguliers, le plus souvent taillés en pente douce dans une muqueuse très enflammée; les pourtours en sont parfois festonnés par un liséré grisâtre, le fond est rouge et saignant.

L'ulcération est recouverte presque toujours par un enduit épais, crémeux, blanc sale, véritable purée microbienne; il déborde l’ulcération et n’est pas très adhérent, un coup de grattoir l’enlève facilement et met à nu une muqueuse érodée, présentant parfois un piqueté pigmentaire de couleur

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noire. Plus rarement l’ulcération peut être recouverte par de fausses membranes, diphtéroïdes, plus adhérentes, plus épaisses, et de couleur plus foncée.

Les zones ulcérées sont douloureuses et très sensibles aux acides; les malades doivent s'abstenir de vinaigre, de moutarde, d'épices, dans la préparation des aliments.

. Les signes fonctionnels de la stomatite ulcéreuse sont assez importants. La mastication est très pénible; le trismus, surtout marqué lorsque l’ulcération siège vers la région des molaires, ne permet qu'une ouverture limitée de la bouche.

La salivation, quoique symptôme inconstant, peut être parfois très abondante; MM. Souques et Perrin rapportent le cas d’une femme qui présenta une sialorrhée atteignant un demilitre par jour.

La langue est saburrale, rouge, légèrement augmentée de volume et parfois ulcérée. Le goût de métal se rencontre plus souvent que dans la stomatite simple, cependant il n’est pas constant.

. L'haleine est fétide dans la majorité des cas.

I] n’est pas rare de rencontrer des ganglions, parotidiens, angulo-maxillaires ou sous-maxillaires, légèrement augmentés’ de volume et douloureux.

La parotide est parfois tuméfiée et douloureuse au palper.

L'état général n’est que peu touché, le malade présente un peu d’anorexie, de céphalée et parfois une légère température.

Abandonnée à elle-même cette stomatite guérit en quinze à vingt jours après cessation du traitement.

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