‹ Contribution à l'étude de la stomatite bismuthiqueChapitre 35 sur 47 · LOGE RE · texte numérisé non relu

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rouge vif, avec des plaques adhérentes pseudo-membraneuses, que l’on observe aussi sur les ulcérations signalées.

La déglutition est difficile pour les liquides, impossible pour les autres aliments épais ou solides, même pour les purées.

Le 2 mai, tout rentre progressivement dans l’ordre, les ulcérations se dépouillent de leur enduit pseudomembraneux et gangréneux, La langue présente sur son bord droit, au tiers moyen et antérieur, une vaste et profonde ulcération, reposant sur une zone infiltrée.

Le 8 mai, toutes les lésions sont détergées, l’ulcération profonde de la langue bourgeonne. Il persiste encore de l’æœdème des gencives. L’albuminurie oscille de 3 à 10 centigrammes.

Le 20 mai, il ne persiste plus qu’une ulcération ovalaire, du côté droit de la langue, de 2 centimètres sur 1 cm. 5, bourgeonnante, de bon aloi. |

Le 16 juin, l’ulcération de la langue est presque guérie, superficielle, rosée, grande comme une pièce de 0 fr. 50, avec un liséré de cicatrisation qui fait présager la guérison prochaine.

Le 24 juin, la guérison est complète, avec une encoche nette et une atrophie du bord droit de la langue, dont l’ulcération est bien cicatrisée.

Le traitement, du 24 avril au 20 juin, consiste en lavages antiseptiques à l’eau boratée oxygénée au 1/5, avec des comprimés de chlorate de potasse à sucer; et, à partir du 15 mai, avec des badigeonnages des ulcérations, tous les deux jours, avec une solution de nitrate d’argent à 1/40.

OBsERvATION XXI.

(Due à l’obligeance de M. le Docteur R. Davin-Craussé.)

Mile B... (Odette), 33 ans, est venue à la consultation le 25 juillet 1931 pour un chancre induré de la lèvre supérieure. Le Docteur Mougneau a confirmé le diagnostic clinique par un examen ultramicroscopique. Le B.-W. est négatif.

Du 25 juillet au 24 septembre 1931, la malade reçoit, sans incident, une série d’injections intraveineuses de N. A. B,., puis 12 injections IL. M. de Quinby insoluble.

Le 2 octobre 1931, le B.-W. reste négatif, et on commence une série d’injections sous-cutanées de sulfarsénol. On fait : 0,06, 0,12, 0,18, 0,24, 0,30, jusqu’au 23 octobre 1931. A cette spot la malade quitte Bordeaux et abandonne tout traitement.

Elle revient le 1% septembre 1932 avec des syphilides palmai-

‘res et des plaques muqueuses vulvaires. Au reste, elle a conta- miné quiqu'un, et c’est pour cette raison surtout qu’elle se décide

à reprendre son traitement.

Son B.-W. est fortement positif.

Du 1% au 27 septembre 1932, elle reçoit 9 injections de Bivatol aux dates suivantes : 1%, 5, 8, 12, 15, 19, 22, 27 septembre.

Le 29 septembre se déclare une stomatite grave que rien ne permettait de prévoir. En effet, Mille B... fait surveiller soigneusement sa denture : il ne manque que la canine, la prémolaire et la molaire inférieures droites, qui sont remplacées par un bridge paraissant parfaitement adapté. Deux ou trois autres dents sont obturées par les inlays; les gencives ont toujours été saines.

Le 30 septembre, la malade est au lit, très abattue, salivant abondamment; elle ne peut ouvrir que difficilement la bouche; elle a uriné normalement (ses urines ne contiennent pas d’albumine); elle n’a pas de fièvre.

A l’exämen, les lèvres sont intactes; la face interne des joues, contre les molaires, est occupée par une vaste ulcération en éventail, saignant facilement et recouverte d’un enduit pseudomembraneux. Les gencives sont augmentées de volume et les collets des dents sont érodés et saignants. La langue est sale, légère ment augmentée de volume.

Le lendemain, les lésions se sont aggravées,, les ulcérations couvrent les gencives, la face interne des joues et la langue. Tout au fond de la bouche, contre la dent de sagesse, sous un enduit crémeux, se trouvent des ulcérations allongées, saignantes, très douloureuses et bordées par des traînées bleuâtres.

La région sous-mentale est très augmentée de volume, et on perçoit quelques ganglions.

date pr.

On fait laver la bouche plusieurs fois par jour avec de l’eau oxygénée boratée au 1/10, et on prescrit une potion au chlorate de potasse (2 g. par jour).

Le 2 octobre, les lèvres sont œdématiées et la malade peut à peine entr'ouvrir la bouche; l’alimentation solide est impossible, l'absorption des liquides est rendue pénible par le mauvais goût et l’odeur fétide des fausses membranes; de même le traitement est difficile à appliquer, et l’on se décide à faire matin et soir un grand lavage au bock avec de l’eau oxygénée boratée, puis une solution de permanganate à 0,50/1.000.

Le 4 octobre, ce traitement a produit un résultat très net; le trismus est très atténué, et l’on peut examiner la cavité buccale : La face interne des joues est tapissée de fausses membranes qui forment un bourrelet saillant correspondant aux arcades dentaires; la langue est très augmentée de volume, recouverte d’un enduit crémeux de 5 millimètres d'épaisseur environ; sur les bords sont marqués les empreintes des dents.

Dans la nuit suivante, le bridge tombe spontanément.

Le 6 octobre, la malade peut ouvrir la bouche; la cavité buccale est nettoyée. Après un bon lavage au bock, on voit, sur la partie de la gencive, recouverte par le bridge, une cavité remplie de pus, très douloureuse. Deux ou trois jours après, les lésions vont de mieux en mieux, et la malade signale une saillie tranchante au niveau de l’emplacement du bridge. Avec une pince, on extrait sans difficulté un séquestre de maxillaire de 25 millimètres de long sur 10 de large.

Par la suite, l’amélioration est très rapide.

La malade va voir son dentiste, qui fait un nettoyage soigneux et des attouchements des gencives à l’acide chromique.

Le 30 octobre, tout est rentré dans l’ordre. La gencive-au niveau du séquestre s’est remarquablement arrangée: on ne voit plus qu'une légère dépression sans fistule; les gencives sont roses, Le liséré bleuâtre ne persiste qu’au niveau des grosses molaires.

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