C. — Etude d’une ulcération
Une coupe faite au niveau d’une ulcération nous permet de voir, superficiellement, une première couche qui constitue l'enduit pseudo-membraneux recouvrant l’ulcération. Il apparait sous forme d'un exsudat assez compact englobant des débris cellulaires en voie de nécrose, des polynucléaires et des microbes; à la surface, on voit une substance « fibrinoïde, nécrotique, caractérisée par des fibrilles très brillantes limitant des petites loges où s'accumulent des polynucléaires en voie de mortification » (Azoulay). Cet exsudat, pour M. le Professeur Sabrazès, est également le résultat d’une dégénérescence. nucléaire des leucocytes polynucléés en cytolyse.
Les microbes y sont très nombreux. Le bacille fusiforme est abondant, surtout dans les parties superficielles de la
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coupe, tandis que le spirille, plus rare, se rencontre plus profondément dans le derme.
Au-dessous de cet exsudat, l’épithélium et le chorion sont détruits et remplacés par « une gangue conjonctive qui apparait bourrée d'éléments en voie de prolifération » (Azoulay).
Autour et au-dessous de l’ulcération, se trouve une zone de réaction inflammatoire intense, caractérisée par de l’infiltration leucocytaire et des vaisseaux dilatés aux parois tatouées de particules bismuthiques.
Dans les corps papillaires bordant l’ulcération, on rencontre le même aspect qu'au niveau du liséré.
De l’anatomie pathologique, il résulte :
1° que le bismuth est apporté par voie sanguine;
2° que le bismuth s’élimine par le côté dentaire ‘de la gencive;
3° que le pigment bismuthique siège dans l’endothélium des capillaires intradermiques.