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Il nous semble bien que l’on doive partager cette opinion ; souvent, en effet, avons-nous pu constater chez le chien des phénomènes d'intoxication survenant à dose moyenne, vers les huitième ou neuvième jour du traitement, alors que les premières médications à quantités égales, étaient bien tolérées.
Si la strychnine est retenue quelque temps avant d’être éliminée par les émonctoires, l'organisme s’habitue dans une certaine mesure, à son action: il y a accoutumance. C’est ainsi que chez le chien de poids moyen, une dose de trois milligrammes de sulfate de strychnine injectée d'emblée dans le tissu conjonctif sous-culané, pourra provoquer des accidents toxiques, alors que cette même dose ne provoquera aucun trouble chez un animal qui aura subi l'effet d’une médication à dose progressive.
INFLUENCE DE L'ÉTAT GÉNÉRAL. — Il résulte des expériences de Delaunay, sur la grenouille, que la nutrition exerce une action certaine sur la résistance ou la sensibilité à l’intoxication strychnique.
La constitution générale intervient, ei ce sont les plus forts qui sont le plus rapidement empoisonnés, mais aussi qui reviennent le plus vite à la santé lorsque la dose n’a pas été mortelle. Un sujet bien nourri est plus sensible à l’action du poison qu'un individu à jeun depuis longtemps. Ce qui se passe d’ailleurs dans l’organisme tout entier est applicable à une région déterminée : « Quand on empoisonne une grenouille dont le membre gauche a été élecirisé pendant 20 minutes, on voit que ce membre est pris de convulsions un quart d'heure après l’autre. Ce n'est qu’une demi-heure après l’injection que l’empoisonnement est égal des deux côtés, mais
cette influence ne s'exerce qu’autant que le fonctionnement organique est suivi de réparation et qu'il n’est pas poussé jusqu'à l'épuisement. De même, si l’on donne la même dose de strychnine à deux grenouilles dont l’une a été préalablement affaiblie par une saignée, on voil que cette dernière est moins rapidement et moins profondément empoisonnée que la grenouille indemne. Vis-. à-vis de ce poison, il existe aussi des réceptivités et des résistances individuelles. Monsieur Maignon a pu, sans arriver à déclancher le tétanos strychnique, injecter à un chien une dose totale de 25 milligrammes de chlorydrate de strychnine en moins d’une heure. À peine présentait-il un peu d’excitabilité ; il fallut arriver à la dose de 30 milligrammes pour déclancher les symptômes du sitrychnisme.
Après le sacrifice de l’animal, il fut procédé à la recherche du glycogène dans ses muscles ; au lieu de n’en trouver que trois ou quatre grammes par kilog, ce qui arrive généralement après les convulsions violentes, on en trouva près de cent grammes. M. Maignon se demande, à juste raison, s’il faut rapprocher le fait d'une proportion si considérable de glycogène à la résistance énorme du chien, dont le poids n’était pourtant que de 7-kilogs.
Effets de la strychnine
Ce poison marque une électivité toute particulière pour le système nerveux, mais son action retentit puis-
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samment aussi sur les appareils cardio-vasculaires digéstifs, et respiratoires.
ACTION CARDIO-VASGULAIRE. — Elle détermine une élévalion -considérable de la pression artérielle qui peut monter jusqu’au double du degré normal, alors même que l’on a, par la curarisation, empêché tout phénomène convulsif de se produire du côté des muscles du squelette. L’ascension de la colonne manométrique est souvent si accusée que l’on a admis à priori que la strychnine provoque une constriction générale des vaisseaux. Delezenne a montré qu'en même temps que la vasoconsiriction centrale, d’origine bulbaire, se produisait une vasodilatation périphérique intense se manifestant par une rougeur marquée sur la langue et la muqueuse buccale.-Cette hypérémie cutanée n’est pas due à la paralysie de l'appareil vasomoteur consécutive à une action exagérée, car cette vasodilatation commence uné minute après l'injection, c’est-à-dire quand les centres vasoconstricteurs sont violemment excités. On peut remarquer, d'autre part, que la température continue à augmenter tant que la pression artérielle reste à un niveau élevé et qu'elle s’abaisse au contraire, dès que la colonne de mer’ cure tend à revenir à sa valeur primitive. Cette action vasodilatatrice est-elle due au refoulement du sang vers la périphérie, sous l'influence de la constriction des vaisseaux profonds, ou s'agit-il d’une action vasodilatatrice active ? |
Delezenne a montré que la section du lingual supprimé cette vasodilatation pour la muqueuse buccale. Cette hyperémie est donc bien active. Il y a en même [PE augmentation de la pression veineuse,
La strychnine est done un dilatateur énergique du réseau vasculaire.de la. périphérie, et si l’on tient compte de l'action de cet agent sur l’ensemble de l'appareil vasomoteur, on voit qu'elle est identique à celle de l’asphyxie.
L'élévation de la pression centrale se produit également après la section des deux pneumogastriques. Elle est d'origine réflexe, car elle n’a plus lieu chez les animaux chloralisés. (Vulpian).
Sur le cœur lui-même, la strychnine se montre à faible dose douée de propriétés toniques, elle accélère légèrement les mouvements cardiaques. C’est un stimulant.
AGTION SUR L'APPAREIL RESPIRATOIRE. — Par suite du spasme tétanique des museles inspirateurs et du spasme glottique, la respiration devient très pénible. Entre les paroxymes, la fréquence des mouvements respiratoires, la ventilation pulmonaire et l'intensité des échanges augmentent à doses modérées, la strychnine est un stimulant des centres respiratoires. Cette action excitante a permis à Wertheimer de mettre en évidence des centres respiratoires secondaires dans la moelle. En effet, après la section de celle-ci, immédiatement au-dessous de l’atlas, la respiration ne s'arrête pas complètement si l'on a eu soin d’injecter préalablement à l'animal un peu de strychnine.
ACTION SUR L'APPAREIL DIGESTIF. — Pour Vulpian, la strychnine augmente la sécrétion salivaire et provoque une sensation de chaleur dans l'estomac. On lui attribue aussi la propriété d’exciter l'appétit et d'améliorer les digestions (Kôühler). Elle agirait à la façon des amers ; cependant cette action paraît douteuse à Nothnagel et