‹ Contribution à l'étude de la Strychnine utilisée dans le traitement des paralysies du chienChapitre 7 sur 14 · PENSE · texte numérisé non relu

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Rossbach, qui jugent, au contraire, que l’usage prolongé de ce médicament troublerait essentiellement l'appétit. On a pourtant noté une action favorable sur la quantité et la qualité du suc gastrique chez les hypopeptiques. Elle exerce une action certaine sur la motricité stomacale, tout au moins au début de son administration tant que la musculeuse stomacale n’est pas affaiblie ; à ce moment on voit alors l'excitation motrice se transformer en un affaiblissement de la motilité et l'effet du médicament devient nuisible.

La sécrétion biliaire diminue, quant à la sécrétion. pancréatique, elle n’est pas modifiée.

ACTION SUR L'APPAREIL UROGÉNITAL.— La sécrétion urinaire, contrairement à ce que l’on a souvent affirmé, n’est pas augmentée, ainsi que Vulpian s’en est assuré directement. Le spasme du sphincter de la vessie peut occasionner de la rétention d’urine avec des besoins incessants provoqués par l’action sur le muscle vésical.

La strychnine à dose suffisamment élevée, agit sur les muscles des organes génitaux, où elle entretient un état d’éréthisme permanent.

ACTION SUR LE SYSTÈME NERVEUX. — Sur le cerveau, à doses faibles, elle a pour effet d’exalter l'impressionnabilité des organes des sens. Chez l'homme, le champ visuel périphérique est étendu surtout pour la perception des couleurs, pour lesquelles elle augmente durant un temps relativement prolongé, la sensibilité de la rétine. Chez le chien, on observe de la photophobie, du larmoiement. L'ouie, le tact subissent aussi une exacerbation marquée. On voit souvent des chiens intoxiqués répondre au moindre attouchement par de violents mouve-

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ments de défense. Elle provoque l'apparition d’hallucinations qui, pas plus que la conscience du monde extérieur, ne disparaissent pas jusqu’à la mort, quelle’ que soit l'intensité de l’intoxication. | : SUR LE SYSTÈME GÉRÉBRO-RACHIDIEN CENTRAL ET PÉ- RIPHÉRIQUE. — On peut tout d’abord se demander s’il est nécessaire pour que la strychnine agisse sur le système nerveux, qu'elle soit absorbée par les tissus de l’économie el transportée ensuite par la cireulation,:ou bien s’il suffit qu’elle soit mis en contact par simple imbibition. |

Muller pense que cette imbibition est suffisante pour la portion périphérique, mais qu’il faut le conecvurs de la circulation pour la portion centrale. Martin-Magron, au contraire, se croit autorisé à conclure par de nombreuses expériences que l’intoxication de la moelle est réalisable en Pabsence non seulement de toute circulation, mais même de toute imbibition sanguine.

ACTION SUR LE NERF MOTEUR, — Vulpian constate que si la dose est suffisante, la motricité nerveuse est abolie tandis que persiste la contractilité musculaire, S'agit-il, comme l’a prétendu Claude Bernard, d’un surmenage du nerf moteur, d'un excès d'activité ? |

Non ! La section du sciatique chez un animal strichnisé et l'excitation du bout périphérique montre que’ celui-ci ne perd sa motricité que bien après que le nerf homologue a perdu la sienne.

La cause véritable de l'abolition apparente de la motricité des nerfs chez les grenouilles strychnisées est l'influence par contact direel de la substance toxiqué sur les agents périphériques de la motilité. Si on ne peut pas

douter de l'influence de la surexcilalion des nerfs, sur la disparition apparente de la motricité, il n'en est pas moins vrai que cette influence n’est qu'adjuvante, Il se produit un point d'union des fibres nerveuses et:des faisceaux musculaires, un état {el que la substance 1oxique les altère plus rapidement ; Vulpian à basé celte conclusion sur l'expérience suivante : il injecte chez le chien une forte dose de chlorhydrate dans l'artère crurale, [1 constate que les muscles ont conservé leur contractilité dans le membre considéré, mais la farahdisation du bout périphérique du nerf sciatique n’a donné qu'un faible mouvement du pied, alors que de l’autre côté, la motricité n'avait subi aucun affaiblissement. Avec une dose encore plus forte, on constaté que le nerf a perdu toute sa motricité, alors qu'il n’en est rien du côté opposé. La certitude est donc acquise que la strychnine peut faire disparaître la motricité des nerfs chez les mammifères, lorsqu'elle arrive en quantité suffisante au contact des extrémités nerveuses.

La strychnine agit-elle directement sur le tronc nerveux ? Appliquée directement sur les (roncs nerveux,

- cette substance, après un temps plus ou moins long,

fait perdre lexcitabilité à la partie touchée, mais, en raison du revêtement des cylindraxes les troncs résistent bien plus dans l’empoisonnement que les extrémités. Elle rend, dans une certaine mesure, le tronc nerveux plus excitable. :

ACTION SUR LE NERF SENSITIF, — Pour Claude Bernard, elle serait le poison de là fibre sensitive, à l'opposé du curare qui serait celui de la fibre motrice. Tandis que le curare agirait sur l'extrémité périphérique de la

la fibre motrice, peut-être sur sa plaque terminale, la strychnine agirait sur l'extrémité centrale de la fibre nerveuse sensitive.

Le premier tue le nerf moteur en engourdissant et déprimant ses propriétés ; le second, au contraire, empoisonne le nerf sensitif en les excitant, en les exagérant.

Vulpian ne partage pas cette opinion, par une série d'expériences chez la grenouille, il a pu constater la persistance de la sensibilité. Brown Sequard empoisonne une grenouille dont il a coupé la moelle vers son renflement cervical, au-dessus de l’origine des nerfs du bras. Il a sectionné aussi toutes les artères qui vont de l'aorte au rachis. De cette façon, la moelle ne recevra pas de toxique. Il ne voit pas alors survenir les phénomènes de l’intoxication strychnique dans les régions correspondant à la moelle isolée. Les crises tétaniformes ne sont donc pas déterminées par l’action du toxique sur les nerfs sensitifs. De même, des expériences de Martin- Magron, il résulte que la strychnine n’agit pas sur les extrémités sensitives. Mais, si le tétanos n’est pas déclanché par action directe sur le nerf sensitif, il n’en est pas moins vrai qu’elle augmente son impressionnabilité, ainsi que le révèlent les moindres attouchements sur l’animal strychnisé.

ACTION SUR LA MOELLE ET LE BULBE. — On peut démontrer que toutes les régions de l’axe bulbo-spinal sont impressionnées d’une façon analogue, car la section de la moelle n'empêche pas les convulsions strychniques de se produire, aussi bien dans les territoires qui dépendent de la partie de la moelle située en deça de la sec-

tion que dans celles qui dépendent de la partie située au dela.

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Magendie a montré que c’est surtout sur la substance grise du bulbe et de la moelle que le toxique agit, mais cette action peut se produire soit par irritation directe, c’est-à-dire à la façon d’un excitant physique, soit en exaltant l’excitabilité des centres bulbomédullaires, de telle sorte que les moindres excitations transmises à ces centres provoqueraient des réactions motrices et généralisées. :

Si la strychnine agissait sur la substance grise par une action directe, cette irritabilité serait continue, on aurait des contractures et les convulsions devraient durer jusqu'à épuisement de l’excitabilité médullaire pour reparaître spontanément dès que l’aptitude fonctionnelle de la moelle serait régénérée par le repos. Or, les convulsions ne se produisent que sous l'influence d’une cause excitatrice centripète. De plus, sur un animal éthérisé, chloroformé, on n'obtient plus les accès du strychnisme parce que la moelle a perdu sa sensibilité et son impressionnabilité excito-motrice, bien qu'elle ait conservé son excitabilité motrice aux excitants appliqués immédiatement sur elle. Vulpian a dit : « Les phénomènes spasmodiques sont tous de nature réflexe ». En effet, Claude Bernard coupa toutes les racines postérieures de la moelle avant l’ingestion du poison, l’empoisonnement aura lieu encore, mais sans présenter de convulsions. Si, au lieu de couper toutes les racines on en laisse une intacte, les convulsions se produisent comme elles le feraient sur un animal non préparé.

L’excitabilité de la moelle est considérablement augmentée ; sans la moindre action excitante, une violente action motrice est déclanchée, et ce sont surtout les ir-

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ritants mécaniques : air, son choc, qui agissent avec le plus d'intensité. Il est à remarquer qu'il n'existe pas d’exagération de l’excilabilité réflexe vis-à-vis de Pirritant chimique. Les expériences de Schlick ont prouvé que le temps de la réaction provoquée par les excilants chimiques (acides, ammoniaque) augmente notablement sous l'influence de la strychnine.

S'agit-il d’une augmentation directe des fonctions normales de la moelle ou d’une perturbation profonde substituant aux formes de réactions normales, des modalités pathologiques ? C’est Ià l'opinion de Couty, qui n'hésite pas à conclure que la strychnine trouble les fonctions du bulbe et de la moelle au lieu de les exciter, et qu’elle diminue d'emblée la sensibilité.

Plus récemment, M. Frédéric Bremer admet lui aussi que tous les symptômes de l’intoxication strychnique chez les vertébrés où ils sont d'une frappante uniformité, peuvent être considérés comme l'expression de désordres surgissant dans le fonctionnement du système nerveux central et périphérique. IT constate que l'animal strychnisé répond à un attouchement insignifiant par une secousse musculaire généralisée, à laquelle partieipent simultanément des muscles d'actions antagonistes et il montre, après Shevrington, que cet état tétaniforme est dû à l’inversion de la composante inhibitrice des réflexes, caractéristique de l'intoxication strychnique. On sait que le réflexe de flexion d’un membre provoqué chez le chat, par exemple, par l'excitation d’un nerf de ce membre, comporte la contraction des fléchisseurs (agonistes), et le relâchement simultané de leurs antagonisties, les extenseurs. Shervinglon découvrit qu'une

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