OBSERVATION I
«I s’agit d’une jeune fille de 20 ans, nommée N..., habitant le bourg même de Sautron, commune de. la Loire-Inférieure, où j'exerçäis alors.
. Cette jeune fille fut atteinte d’abord d’une pneumonie aiguë. Le cycle pneumonique fut normal. «
Déjà la fin de la crise pneumonique existait depuis environ deux jours, lorsque la température qui était redevenue normale s'éleva tout d'un coup à 40° environ, sans cause appréciable. .
Seule une angine se révéla aux investigations, angine d’ailleurs sans exsudats, sans engorgement ganglionnaire. Deux ou trois jours après l'apparition de cette angine survint une éruption qui se généralisa à tout le corps, la face exceptée, avec la plus grande rapidité ; elle était surtout intense sur la poitrine et sur le dos.
Les caractères de cette éruption étaient les suivants : tout d’abord on ne voyait que de petits points rouges rappelant les éruptions morbilliformes. Aussi pensais-je d’abord à la rougeole; mais l'évolution ultérieure de l'élément éruptif vint modifier ce diagnostic qui me semblait s'imposer.
Sur ces points rouges, sur cette éruption exanthémateuse d'aspect morbilliforme dont je viens de parler se développèrent de petites vésicules en tout semblables aux sudamina que l’on observe si souvent au cours d'un grand nombre de maladies
infectieuses. Tous les points rouges ou, pour mieux dire, Pélément éruptif des premiers jours présenta bientôt .partout la transformation vésiculeuse.
Un fait me frappa beaucoup, c'est l'apparition de sueurs profuses pendant toute la durée de l’éruption. L'odeur qui s'en exhalait était spéciale : je ne puis mieux la comparer qu'à celle qu'il m'est donné de percevoir tous les jours, dans mon laboratoire, lorsque j’ai à ouvrir les cages qui contiennent les souris dont j'ai besoin.
J'ajoute: que, pendant toute la durée de l’éruption, la température se maintint. à 40°, sans aucune défervescence, pas mème le matin. k
‘La malade mourut six ou sept jours après le début de cette angine qui semble avoir été un des premiers signes de cette infection, laquelle me parait absolument répondre à la description classique de la suette miliaire. Ce tableau-est encore plus saisissant, je crois, dans l’observation qui suit.