oannis Andreae a cruce, Veniti medici, 1573. 2. Ibid
3. Scultet, Arcenal de chirurgie (ouvrage posthume publié en 1675), p. 225.
moyens de réunir « les bords des playes avec des agraffes. C'est sans doute à ce procédé qu'Ilennezel (1), fait allusion lorsqu'il cite la « suture agrafée des chirurgiens du xvi siècle. L’agrafe, d’après lui,
aurait consisté en un «fil de fer formant ressort, »
IV. — De la Renaïssance à nos jours.— Ainsi l’agrafage, parfois mentionné dans le cours des siècles qui précèdent, reste une méthode d'exception dans le traitement des plaies. L’agrafe est encore à l'état de fibule, et l’on peut être surpris qu'Ambroise Paré, dont l’'ingéniosité en matière de suture enrichit la chirurgie du xvi° siècle d’un’grand nombre de nouveaux procédés d’affrontement, n’ait point rappelé la suture agrafée dans ses œuvres el perfectionné ce mode de réunion.
En 1647, Fabrice d’Aquapendente, dans un chapitre resté célèbre (2) signale les nombreux avantages des fils métalliques, leur meilleure tolérance, et le premier pratique et vulgarise la suture métallique. Il utilise des « aiguilles flexibles en acier ou en bronze » qu'il assouplit (excepté à la pointe) en les recuisant sur des charbons ardents. Ces aiguilles sont passées au travers des lèvres de la plaie, puis leurs extrémités sont recourbées en crochel vers la plaie : Il s'agit moins ici d'un point de sulure que d'une agrafe, dont la principale courbure, au lieu d'être extérieure à la plaie, se trouve noyÿée dans la profondeur des tissus. ï
1. Thèse de Strabourg 1863, « des sutures métalliques ». 2. De chirurgicis operationibus (p. 146).
as LS Cie
Au contraire, au xviu* siècle, Dionis (1), chirurgien à la Cour de Louis XIV, attaché à la personne de la Reine, proscrit les agrafes, et certains modes de sutures, tels que les sutures enchevillées.… etc.
Mais le milieu du xix° siècle, voit sous l'impulsion de Marion-Sims et de Phelps, de Simpson et de Gosset, de Verneuil et d’Ollier, les fils d'argent, de fer, d'argent doré... etc., devenir d’un usage courant. L'année 1857 (2) marque leur admision définitive dans le domaine de la chirurgie. Alors, -- à la faveur d’un enthousiasme exagéré, — le fil de métal tend à se substituer aux autres fils; et pendant que certains auteurs s'efforcent de créer un arsenal nouveau pour passer, ajuster, tordre (3), ce fil rigide, d’autres cherchent à vulgariser son emploi sous forme de suture agrafée. |
Ce sont, répétant le procédé de Frabrice d’Aquapendente, les fines et longues aiguilles de Dieffenbach ; l’épingle filetée de Thierry, minuscule boulon d’argent dont l’écrou mobile règle le serrage de cette sorte d’agrafe... etc, ; &est surtout l’ingénieuse suture agrafée de Hattute, réalisée à l’aide d’un appareil instrumental des plus simples. Le matériel nécessaire ; composé d'épingles anglaises et d’agrafes argentées de couturière, se trouve partout, Pour poser un point de sulure, on traverse d’abord les lèvres de la plaie avec une épingle qu’on laisse à
1. Cours d'opér. de chir. démontrées au Jardin Royal, 1751. 2. Anniversary discourse, Med. Academ , New-York, 1857. 3. Appareils de Bozeman, de Coghill, de Clazen.
demeure, puis on engage une agrafe au-dessous des bouts émergeants de l’épingle.
Ce point de suture, qui par son mécanisme d’atfrontement, rappelle la « suture entortillée » d'Ambroise Paré présente sur cette dernière l’avantage d’une parfaite stérilisabilité.
Tandis que ces auteurs poursuivent leurs recher ches, la serre-fine, inspirée d’un mode de suture exotique, prend naissance, et après une série de modifications acquiert la forme définitive sous laquelle nous l’utilisons encore aujourd’hui.
Revenant d’une mission scientifique en Algérie, Furnari (1) rapporte un insecte coléoptère, carnassier, que les Arabes de nos jours utilisent dans la suture du bec-de-lièvre, ou plutôt du bec-de-chameau, — « Chareb el djemel », — pour laisser à cette difformité la dénomination, beaucoup plus juste d’ailleurs, que dans leur éternel tête-à-tête au désert la bête a naturellement suggérée à l’homme.
Le scarabée,connu en entomologie sous le nom de scarite pyracmon (2) est pourvu de « deux mandibules terminées à leur extrémité par deux petits crochets ».
L'opérateur saisissant l’insecte par le thorax, lui présente les lèvres qu'il désire suturer ; les introduit convenablement affrontées entre ses mandibules, et, lorsque le scarite, mordant sa proie, assure la réu-
1. Furnari, Voyage médical dans l'Afrique septentionale 1845. 2, Famille des Carabidae, longueur : 4 centimètres.
R. Herdner Le
nion, le chirurgien d’un mouvement brusque de torsion, le décapite, laissant en place la tête et les mandibules chitineuses, dont l’ensemble par la contrac ture post mortem, suture la plaie comme une agrafe.
Afin de prévenir l’écartement ultérieur des mandibules, les Arabes recouvrent d’un pansement occlusif la surface de décollation : un peu de mastic fait l'affaire ; mais cette précaution est superflue.
« Ce procédé, — dit Furnari, — nous a paru tellement ingénieux... que nous nous sommes empressés de présenter à M. Charrière un de ces insectes, le chargeant de nous faire un instrument pouvant remplir les mêmes indications, n’ayant que le volume
de la tête de l’insecte et étant à pression continue... »
Telle est donc l’origine de la serre-fine. La pre: mière serre-fine, consiruite sur les indications de Furnari, seraient complètement tombées dans l’oubli, si Vidal de Cassis ne l’avait en 1849 ressuscitée sous une forme nouvelle,
Vidal reconnaissant qu’un temps très court suffit à obtenir un début de cicatrisation, cherchait si « des pinces faisant l’effet de petits doigts », et maintenant les tissus au contact pendant quelques jours, ne remplaceraient pas avantageusement les points de suture. À cet effet il se fit présenter par Charrière divers appareils à forci-pressure, pinces à pression continue, pinces à serrage gradué.….., etc. (1) qu'il
1. La pince du D" Gosset, en usage « pour la réunion des plaies sans cicatrice apparente », étau à mâchoires parallèles munies de griffes, se rapproche de ces appareils.