On appelait « enhème » (ev-«mux) des médicaments dont on
se servait pour les plaies récentes (Note de Littré). 2. Hippocrate, Œuvres, Edit. Baillère, 1839, t. VI, p. 405.
R. Herdner Le
Cependant, quatre cents ans plus tard, dans le de re medica (qui renferme la substance des progrès réalisés pendant les quatre siècles qui séparent Hippocrate de l'ère chrétienne), Celse préconise pour la première fois l’agrafe, qu’il semble avoir héritée des Grecs : & Si la plaie, — dit-il, — est béante, et que les bords arrivent difficilement au contact, la suture est contre-indiquée ; il faut dans ce cas appliquer les fibules, — que les Grecs appellent éyxrñocc, — et qui ont pour but d'attirer un peu les bords afin que la cicatrice ait plus lard moins d’étendue. »
« Imponendae vero fibulae sunt, —— syerñse Graeci nominant...» (1)
Ici l’agrafe antique semble plutôt viser le rapprochement des lèvres de la plaie que leur suture : mais ailleurs l’auteur conseille la fibule pour les sutures esthétiques ou délicates : et, — de même que nous utilisons encore la serre-fine pour l'opération du phimosis, — les Anciens recouraient aux fibules pour les opérations sur le prépuce :
€ Exempto filo, fbula additur ; quæ quo levior eo melior est... » (2)
Le chirurgien disposait done d’un certain jeu de fibules, comprenant des agrafes de divers « numéros », Quant à leur forme, Celse ne précise pas,
mais il nous donne à supposer que leur mode d’affrontement laissait souvent à désirer :
1. Celse, Œuvres, Livre V ; chap. XXVI; $23 (dela réunion des plaies). SE