‹ Contribution à l'étude de la suture cutanée au moyen d'agrafesChapitre 8 sur 22 · Gérard, Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Gérard, Thèse de Paris

nous reporter, car lui seul peut nous donner un aperçu sur les procédés de suture utilisés au Moyen âge.

Encore ébloui par la rayonnanteérudition grecque, et traditionnel par nature, Albucasis réédite certains préceptes d’Hippocrate avec une fidélité parfois littérale : cependant le trentième livre de son Encyclopédie médicale (1) renferme l'exposé de quelques méthodes nouvelles ; certaines, en raison de leur extrême originalité, méritent d’être mentionnées.

Il s’agit du « traitement des plaies intestinales de peu d’étendue » :

« Quandil y a une plaie de l'intestin, — dit Albucasis, — et qu’elle est petite, il faut la coudre de cette manière : on prend des fourmis à grande tête, on met en contact les lèvres de la plaie, et l’on applique une de ces fourmis la bouche ouverte sur les deux lèvres de la plaie ; et quand elle a mordu et refermé la bouche, on lui coupe la tête, laquelle tient ferme et ne lâche point. Ensuite on en applique une autre... toutes ces têtes resteront attachées sur l'intestin jusqu’à ce qu’il soit guéri, et il n’arrivera rien de fâächeux au malade (2)».

Cette étrange suture perdue ne doit pas être considérée comme un procédé particulier à Albucasis ; la suture au moyen d’agrafes animales représente au

1. Le 30°, liber açaragui de chirurgia, est consacré à la médecine opératoire ; il fut traduit en latin à Tolède par Gérard de Crémone. La Faculté de Médecine de Montpellier jen possède un exemplaire écrit en langue provençale.

Page 1