‹ Contribution à l'étude de la syphilide pigmentaire du couChapitre 10 sur 21 · RENE NS RE · texte numérisé non relu

RENE NS RE

ces macules rosées se foncent davantage, deviennent

plus manifestes et parfois plus nombreuses par pous-

us |

sées successives. Elles arrivent rapidement à l’état adulte, et présentent alors une couleur rouge tendre, fleur de pècher. Elles persistent ainsi pendant un temps plus ou moins long, selon les cas et peut-être aussi selon l'intensité de la diathèse. Nous avons observé un

certain nombre de cas, où la roséole est restée sta- .tionnaire pendant plus de deux mois.

Puis commence la régression des macules ; celles-ci deviennent rouge sombre d'autant plus foncé que l’on se rapproche du centre de l’élément. En même temps les bords paraissent moins distincts, plus irréguliers, moins faciles à suivre, s’estompent insensiblement.

C’est à partir de ce moment que l’on assiste à un remaniement complet de la pigmentation cutanée. Nos macules se transforment, se décolorent par dégradation insensible du centre vers la périphérie qui devient

successivement brun jaunâtre, puis grisâtre, ne se

distinguant plus nettement de la peau voisine. De plus on aperçoit à leur niveau un fin plissé épidermique tout d'abord limité aupourtour des macules et qui semble bien indiquer qu'il se produit là, une résorption ou une transformation assez intense d'éléments cellulaires. Ce plissement est plus ou moins visible à l'œil nu selon les cas, mais il est toujours très net à la loupe. Il s'étend progressivement vers le centre des éléments, suivant en cela une marche parallèle à l’évolution du pigment.

Bientôt on aperçoit autour de chaque macule une zone très délicate dont l'aspect blanc plus ou moins pur, parfois rosé, établit une limite très nette entre la peau saine et l’élément éruptif. Presque toujours, à ce moment précis, on note sur le cou un léger teint jaune chamoiïs clair, le plus souvent partiel, et paraissant toujours débuter par les régions où les macules sont plus nombreuses.

Cette coïncidence est remarquable et il est probable qu’elle est due à la présence du liseré blanchâtre qui établit une démarcation précise et rompt la monotonie d’une transition insensible. Aussi ne sommes-nous pas loin de croire, que c’est à partir du moment où les macules commencent à se résorber, que la coloration du cou change elle aussi. Mais c’est par successions de nuances si voisines que cette modification reste inaperçue jusqu’au jour où un terme de comparaison, l’anneau blanc, apparaît. On dirait, comme le pense si justement

M. Balzer, une sorte de rejet du pigment à la périphérie.

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— Al —.

Ce liseré blanc s'étend peu à peu, s’élargit concentriquement, et finit par envahir toute la macule, laissant un îlot décoloré.

La pigmentation périphérique suit une marche parallèle, s’accentue à mesure que les macules se décolorent, et finalement on a sous les yeux l’aspect typique de la syphilide pigmentaire.

Tel est le cas de Marguerite D. que nous allons

reproduire ici.

Observation I (Personnelle).

Marguerite D., 19 ans, couturière, entre le 26 janvier 1904, salle Astruc, n° 16, pour une syphilis datant de trois mois.

On constate chez elle une roséole très intense formée de macules rouges, de dimensions variables, disséminées sur tout le corps. Elle est particulièrement marquée sur le dos, la poitrine et la face interne des cuisses.

Sur le cou il existe de nombreuses macules rosées, peu mar-

quées, mais qui s’accentuent les jours suivants et augmentent

de volume. Elles sont assez régulièrement arrondies et leurs

dimensions varient de celles d’une lentille à une pièce de

90 centimes.

Le 2 février, on dessine à l'encre aussi exactement que possible, le contour des macules en se servant du verre bleu, et l’on prend un calque bien repéré. Pas de pigmentation anormale à cette date.

L'éruption reste stationnaire un certain temps, puis commence à se modifier le 20 février, Les divers éléments baissent

de couleur, s’effacent par leur périphérie, tandis que le centre

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brunit, On remarque aussi une sorte de plissement de Pépiderme qui, à leur niveau, se fronce et réduit légèrement les dimensions des macules.

Le 25 février, on remarque autour de chaque élément, une étroite zone d’un blanc grisâtre très nette. En même temps les régions voisines prennent un teint jaune clair, surtout marjué au niveau des parties latérales.

Le 8 mars de nouveaux éléments ont apparu sur la poitrine et le dos; ils sont confluents par endroits, d'assez fortes dimensions et ont une légère tendance à devenir papuleux.

Sur le cou, l'aspect jaune chamois s'accentue, devient brunâtre, et l’on voit nettement se dessiner un réseau dont les mailles s’entrecroisent assez régulièrement. Elles entourent des

îlots composés de deux zones distinctes : au centre, macule

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bronzée, lenticulaire, présentant un plissé épidermique très fin et tout autour, collerette de 1 à 2 millimètres, d'un blanc gri-

sâtre, rendue plus apparente par la pigmentation périphérique.

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