‹ Contribution à l'étude de la syphilide pigmentaire du couChapitre 16 sur 21 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation III (Personnelle).

Marie R... 25 ans, lingère, entre le 28 octobre 1903 salle Astruc n° 35 pour une syphilis datant de plusieurs mois et une blennorrhagie intense.

On constate sur la face interne de la grande lèvre gauche une ulcération ressemblant par-sa forme, sa couleur et ses bords au chancre simple mais reposant sur une base indurée. On fait une inoculation sur la paroi abdominale qui donne bientôt naissance à une lésion présentant tous les caractères du chancre simple. Ilexiste en outre de nombreuses plaques hypertrophiques vulvaires et sur la face interne des cuisses, des éléments de couleur rouge sombre, à bords saillants et légèrement squameux,

Sur le corps, il existe une éruption très intense formée de plaques papulo squameuses, irrégulièrement disséminées sur le dos, la poitrine et les bras. Sur le cou, nombreux éléments de même nature, à bords saillants et légèrement squameux, d’un

rouge sombre.

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Le 2 décembre. — On prend un calque exact et bien répéré de la partie postérieure du cou, sur lequel on dessine l’éruplion, Aucune tracé de syphilide pigmentaire à cette date.

Le 10 janvier, — De nouveaux éléments ont apparu sur la poitrine et le dos. Sur le cou l’éruption commence à s'atténuer.

Le 25 janvier, — L’infiltration diminue au niveau des divers éléments. Les bords s’affaissent, s’inclinent insensiblement vers les régions voisines ét baissent en couleur tandis que le centre devient brunâtre, Un certain nombre de plaques de petites dimensions ne font déjà plus aucune saillie appréciable ; elles sont d’un rouge cuivre sombre au centre et présentent un fin plissé épidermique, tandis que la périphérie est manifestement envahie par une zone de dépigmentation très légère.

Le 10 février. — Le cou prend un aspect jaune chamois dans son ensemble, La zone blanche qui entoure les éléments s’est élargie aux dépens de la partie centrale cuivrée qui se dépigmente progressivement.

Le 8 mars. — L'éruption a totalement disparu ; chaque élément est représenté par un ilot blanc reposant sur un fond

jaune sale, le tout dessinant une superbe dentelle.

Observation IV (Personnelle),

Marguerite G. 18 ans, domestique, entre le 28 Janvier 1904, saile Astruc, ne 14, pour blennorrhagie et syphilis, datant d’un mois.

Elle présente des plaques muqueuses vulvaires, de petits éléments papulo-squameux sur la face interne des cuisses ainsi

qu'une roséole très nette surtout sur le dos et la poitrine,

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Sur le cou, on constate une douzaine de plaques papulosquameuses, à bords infiltrés, de dimensions variables, d’un rouge chair musculaire, entourées par de nombreuses macules cuivrées de roséole.

Le 28, — On prend un calque de la partie postérieure du cou avec tous les éléments éruptifs.

Les jours suivants les macules s’atténuent baissent de couleur vers la périphérie, tandis que le centre devient branâtre. Les gros éléments papuleux s’aplatissent à leur tour, mais plus lentement ; leur couleur d’abord rouge devient bronzée au centre, et s’atténue insensiblement vers la périphérie.

Le 10 février. — Un certain nombre de plaques possèdent eucore un petit élément papuleux, tandis que les autres se sont totalement affaissées et présentent un aspect cicatriciel. Elles sont entourées par des zones d’un blanc grisâtre, de 1 à 2 mullimètres, devenant plus larges àmesure que les plaques se résorbent. |

La plupart des macules rosées sont totalement décolorées :

Le 2 mars. — Le cou prend un aspect jaune sale par endroits, mais non uniforme, surtout marqué au niveau des faces latérales. Cette pigmentation s’accentue peu à peu, devient jaune chamois, et l’on voit se dessiner des mailles de 4 à 5 millimetres s’entrecroisant assez régulièrement et entourant des zones claires hypopigmentées, L'éruption a presque totalement disparu, jéissant un collier de Vénus type, mais léger et d'un jaune Clair au niveau de la nuque, plus net sur les faces latérales.

Le 10 mars. — On dessine à l'encre les ilots clairs, et l’on remet le calque en place ; il est alors facile de se rendre comp-

te de la superposition exacte des lésions. Chaque tache blan-

che correspond à la résorption d’un élément antérieur dont il

ne reste plus comme traces, que quelques macules rouge

cuivre. »

Observation V (Personnelle).

Louise M... 16 ans, bonne, entre le 16 mars 1904, salle Van Swieten, n° 12 pour chancre infectant de la grande lèvredroite, en voie de cicatrisation.

Elle présente des plaques muqueuses vulvaires et une roséole papuleuse généralisée, surtout intense au niveau du dos.

Sur le cou, on remarque de nombreux éléments, de dimensions variables, très rapprochés et finement squameux, dont les bords légèrement saillants commencent à s’éffacer. La région cervicale présente déjà un aspect jaune, chamois très net,

Le 18 mars.— On prend un calque bien repéré, de la partie postérieure du cou, avec tous les éléments éruptifs. Ceux-ci ne tardent pas à s’atténuer progressivement, sous l'influence du traitement ; leurs bords s’aplatissent, se décolorent, tandis que le centre encore saillant et infiltré devient rouge sombre.

Le 28 mars. — On constate l'aspect suivant : autour de chacune des anciennes plaques rétrécies et devenues d’un rouge cuivre clair, on voit une petite zone blanche décolorée de 1 à 2 millimètres de diamètre.

Sur la face antérieure du cou, quelques plaques peu nombreuses, en voie de résolution, dont la périphérie est manifestement décolorée. Même aspect sur les parties latérales, où les éléments sont plus confluents. Ce qui frappe surtout c'est le teint jaune sale très prononcé du fond sur lequel repose l’érup-

tion, formant un beau réseau à mailles serrées, et assez réguliè-

res, Au centre, nombreux îlots de 5 à 6 millimètres, arrondis,

occupés par des éléments bronzés, d’aspect cicatriciel à épi- derme finement plissé, et entourés par une zone blanche assez

large.

Le 12 avril. — Nous revoyons la malade à la consultation ; elle présente un superbe collier de Vénus, dont les mailles brun crasse entourent des zones blanches possédant encore la plupart une macule lenticulaire au centre. Le calque pris à son

entrée, montre la parfaite superposition des lésions.

Observation VI (Personnelle).

Lina V., 21 ans, femme de chambre, entre le 26 janvier 1904, salle Astruc, n° 3, pour syphilis. Elle a été soignée une première fois en 1902 pour chancre infectant de la grande lèvre gauche.

Elle présente sur la poitrine et la paroi abdominale de nombreux petits éléments blanchâtres, arrondis, de 2 à 3 millimètres de diamètre, irrégulièrement disséminés. Nombreux éléments analogues sur le dos et la face interne des cuisses, ayant l'aspect de macules blanchâtres, donnant au doigtla sensation d’un grain de plomb : ce sont des cicatrices chéloïdiennes de syphilides folliculaires.

Au niveau du cou la malade présente un collier de Vénus très net, formé de larges mailles d’un jaune brunâtre s’entrecroisant assez régulièrement. Elles circonscrivent de nombreux petits îlots blancs arrondis, très distincts, séparés les uns des autres par des intervalles de 6 à 8 millimètres. Chacun de ces îlots se compose de deux zones: au centre, trois ou quatre

petits éléments brunâtres, cicatriciels, à épiderme finement

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