PRET TETE
considérée comme primitive si la malade était moins affirmative sur son éruption antérieure, Mais lorsqu'on y regarde de près, on remarque aussitôt, que chacun des îlots blancs présente à son centre une macule gris rosé surtout visible à ‘jour frisant et dont les dimensions ne dépassent pas celle d’une forte tête d'épingle. En se servant de la loupe, cette petite tache centrale, se distingue encore plus nettement par son fin plissé épidermique, de la zone décolorée.
On remarque en outre, chez cette malade, au niveau de la
région dorso-lombaire, une pigmentation très prononcée, d’un
brun noirätre, dessinant une dentelle assez régulière: dont la large trame entoure de nombreux éléments arrondis, décolorés ayant les dimensions d’une pièce de 20 centimes.
Elle est surtout prononcée sur la ligne médiane et s'étend depuis l'angle inférieur de l’omoplate, jusqu’à la partie supérieure de la région fessière. |
Même aspect sur les parties latérales de la paroi abdominale, la région axillaire et la face interne des cuisses ; il existe à ce niveau une pigmentation très prononcée, entourant un certain nombre d'éléments cicatriciels.
Le 25 mars. — On commence une série d’injections d’huile grise ; les jours suivants les pelites macules centrales s’atté-
nuent de plus en plus pour disparaitre complètement le 10 avril.
Observation XIX (Personnelle).
s ; c , Marie L. 21 ans, domestique, entre le 29 mars 1904, salle Astruc,n° 11, pour syphilis et blennorrhagie. Elle a été soignée une
première fois à Broca en décembre 1903 pour chancre induré
de la vulve.
Elle présente, sur la face interne des cuisses, un certain nombre de taches brunâtres, légèrement infiltrées, vestiges de plaques papulo-squameuses de fortes dimensions, ainsi qu'une roséole papuleuse en voie de résolution.
Sur le cou, l’éruption est particulièrement abondante ; elle est formée détient assez régulièrement arrondis, ayant 9 à 6 millimètres de diamètre, et composés de deux zones distinctes. Au centre, macules dont la couleur varie du rouge cuivre au brun foncé, lenticulaires, nettement infiltrées; tout autour zone concentrique plus claire de deux millimètres au moins de diamètre. Ces îlots décolorés ressortent d’une façon intense surle fond brun crasse de la peau du cou, surtout accentué au niveau de la nuque.
Sur le côté latéral droit, la pigmentation est moins accusée et descend obliquement de l’angle du maxillaire inférieur vers la clavicule où elle se termine en s’effilant, laissant intacte la partie supérieure de cette région. Au niveau de la région sus-claviculaire, on remarque une large macule jambonnée, lisse, sans relief appréciable, du volume d’une pièce de un france. Tout autour, éléments plus petits bronzés à pourtour décoloré,
Même aspect sur le côté latéral gauche : éléments d’un rouge brun, entourés par une série d’anneaux blancs, séparés les uns des autres par des intervalles de 6 à 7 millimètres,
Le 16 avril. — Les zones décolorées se sont élargies aux dépens des éléments centraux, représentés par une petite macule d’un rouge clair. Celle-ci disparaît complètement le 24 avril, laissant un collier de Vénus type, ayant la forme d’un
croissant, dont les deux extrémités se terminent vers le milieu
de la région claviculaire,
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Observation XX (Personnelle).
Marie B..., 30 ans, femme de chambre, entre le 28 mai 1903, salle Astruc, n° 40, pour syphilis, Elle a été soignée à Turin en septembre 1902, pour chancre infectant de la petite lèvre droite, par des injections de salicylate de mercure.
A son entrée le 28 mai on'constate des plaques muqueuses vulvaires, des ganglions inguinaux très développés, ainsi qu'une roséole papuleuse très intense, irrégulièrement disséminée sur tout le corps. Elle est formée d'éléments arrondis, de dimensions très variables, si nombreux par endroits qu’ils deviennent presque confluents, Çà et là, quelques éléments papulo-squameux de forte taille sur le dos, la poitrine et les bras,
Au niveau du cou, les papules sont {très nombreuses; elles sont disposées sans ordre, présentent 5 à 6 millimètres de diamètre, et se réunissent par endroits, pour former des groupes de 4 à » éléments, séparés par quelques millimètres d'intervalle.
Aucune trace de syphilide pigmentaire à cette date. La malade
est soumise aux injections d'huile grise.
L’éruption reste stationnaire pendant longtemps, malgré le traitement spécifique ; de plus, la malade se plaint de violents maux de tête, survenant par accès et qui persistent depuis deux mois.
C'est au mois d’octobre 1903 que nous voyons la malade pour la première fois.
L'éruption persiste encore, mais elle s'est profondément modifiée; les papules ne forment plus aucun relief, et sont représentées par des taches assez régulièrement arrondies, composées de
deux zones distinctes. Au centre, il existe une macule brunâtre
du volume d'une lentille, dont les contours mal définis se con- EE
tinuent insensiblement avec une deuxième zone périphérique
d’un blanc grisätre. :
Le cou présente déjà un aspect jaune sale très prononcé, rendu plus appréciable par le teint blanc mat de la malade qui est blonde et fortement anémiée. à
Les jours suivants, l’éruption s’atténue de plus en plus; la. tache centrale se rétrécit graduellement, se décolore, pendant que la zone blanche s'accroît parallèlement En même temps, la pigmentation du cou s'accentue et le 8 décembre, la malade
se voit affligée d’un beau collier, qui fait son désespoir; tout
élément éruptif à disparu. S |
Observation XXI (Personnelle).
Louise D... 23 ans, couturière, entre le 8 avril 1904, salle Van Swieten, n° 28, pour une syphilis dont le début a passé inaperçu. |
Elle présente des plaques muqueuses vulvaires, ainsi qu'une roséole discrète, à tendance papuleuse. |
Le cou présente déjà un aspect jaune brun très manifeste ; sur ce fond se détachent de petits éléments cuivrés, arrondis, légèrement infiltrés, surtout nombreux au niveau de la nuque. Ces divers éléments sont en pleine régression, leurs bords sont diffus, estompés et sont déjà envahis par une zone de décoloration de 1 millimètre de diamètre.
La malade est soumise aux injections d'huile grise. Les jours suivants l'éruption s’atténue de plus en plus, en même temps
que la pigmentation s'accentue fortement.
Le 20 avril. — Les parties latérales du cou présentent un
aspect brun sale massif, sur lequel se dessinent un certain nombre d'ilots d’un blane éclatant, de petite taille, ayant encore presque tous à leur centre un reste rouge cuivre de papule.
Sur la face postérieure du cou, les îlots sont plus nombreux, : plus irréguliers ; un certain nombre ont des contours polyeyeliques indiquant la confluence des éléments, qui du reste, sont encore représentés par des macules brunes,
En avant la pigmentation s’atténue insensiblement pour s’arrêter au niveau du bord antérieur du sterno-mastoïdien.
Le 30 avril, — Toute trace d'éruption a disparu laissant une belle syphilide pigmentaire.
Observation XXII (Personnelle).
Lucie H.., 25 ans, entre le 2 avril 1904, salle Van Swieten, n° 23, pour une syphilis dont le début a passé inaperçu. Elle présente un noyau de bartholinite en voie de résolution, un col volumineux avec ulcérations banales de métrite, des plaques muqueuses sur les amygdales, ainsi qu'une atrophie considérable du membre inférieur gauche, conséquence d’une paralysie spinale infantile.
1 existe en outre depuis trois semaines, une roséole à tendance papuleuse, très intense sur le dos, la région lombaire, les
fesses, la poitrine et l’abdomen ; les membres sont à peu près
intacts.
Çà et là, quelques éléments papulo-squameux sur le dos et la poitrine.
Le cou présente un aspect jaune chamois très net; sur ce fond se dessinent de nombreux éléments arrondis, de petite taille,
nettement infiltrés.
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Ils sont d’un rouge clair, et leurs dimensions varient du volume d'une lentille à celui d’une pièce de 20 centimes ; un certain nombre sont infectés et recouverts de croûtes jaunâtres.
On soumet la malade aux injections d'huile grise. Sous l’influence du traitement l’éruption se modifie ; les papules s’aplatissent, leurs bords s’affaissent et commencent à se décolorer, tandis que leur centre devient brunâtre. Peu à peu on voit. apparaître un fin liseré grisàtre qui entoure chaque élément, et s’accroit à ses dépens.
Le 20 avril. — La pigmentation du cou s’est fortement accentuée ; elle est d’un jaune sale, d’autant plus net que la malade est pale et très blonde. Elle est interrompue çà et là par des îlots en nombre variable, assez régulièrement disposés, formés d’une macule centrale brune, entourée par un anneau
blanc. Cet anneau grandit, et finit par occuper exactement la
EU
place de la papule qui disparaît le 20 avril, laissant un collier de Venus type, très accentué sur les parois latérales du cou, et
la nuque, à peine ébauché en avant.
Ooservation XXII (Personnelle).
Louise C.. {8 ans, mécanicienne, entre le 18 février 1904, salle Astruc n° 9, pour une syphilis soignée en décembre 1903 à Van Swieten.
L’accident initial à passé inaperçu; elle présente des plaques muqueuses vulvaires, des ganglions inguinaux volumineux, ainsi qu’une roséole disséminée sur tout le corps.
Sur le cou il existe de nombreuses macules bronzées du volume d'une grosse lentille, irrégulièrement disséminées, reposant sur un fond jaune brun. La malade est soumise aux injections d'huile grise.
Le 1% mars. — L'éruption s'est fortement atténuée, les petites macules sont devenues cuivrées ; leurs bords beaucoup plus diffus s'effacent et sont envahis par une zone blanche de { millimètre de diamètre, qui s'étend progressivement de la périphérie vers le centre. Cet anneau blanc est encore rendu plus apparent par la pigmentation générale du cou, qui de jaune brun est devenue brun sale, Peu à peu les macules brunes se rétrécissent, se plissent, perdent leur pigment et finissent par disparaître le 18-mars, laissant à leur place une belle tache blanche.
Un collier de Vénus type s’est donc constitué sous nos yeux ; il descend en avant jusque sur la première pièce sternale, et atteint son maximum d'intensité au niveau des faces latérales
du cou,
Observation XXIV (Personnelle).
Marie C... 18 ans, couturière, entre le 6 avril 1904, salle Van Swieten, n° 30, pour une syphilis datant du mois d'août 1903. Elle a été soignée pendant deux mois à Saint-Louis en septembre 1903.
Elle présente à son entrée, des plaques muqueuses vulvaires, ainsi qu’une bartholinite gauche, ouverte spontanément par deux ulcérations en voie de cicatrisation, de la métrite et des cicatrices brunâtres de plaques cutanées, sur la face interne des cuisses.
Il existe en outre, sur tout le corps, des traces de roséole en voie de résolution et quelques éléments papulo-squameux, de petites dimensions, irrégulièrement disséminés.
Le cou présente, surtout sur sa face antérieure, un teint jaune sale sur lequel se détachent des éléments papuleux de petite taille, dont 5 à 6 se groupent au niveau de la région sous-maxillaire gauche pour former un placard présentant le volume d’une pièce de 2 francs.
Tout autour, éléments plus petits, disposés sans ordre, dont le centre légèrement saillant d’un rouge sombre, est entouré par un anneau blanc grisâtre de 1 millimètre au moins.
La pigmentation s'atténue en passant sur les faces latérales du cou, et disparaît ou du moins cesse d’être appréciable au
niveau de la nuque.
Sur le côté gauche, on remarque une trentaine d'éléments, du volume d’une grosse lentille, arrondis, à épiderme finement plissé et dont la coloration rouge clair pâlit à mesure qu'on
s'éloigne du centre.
Même aspect sur le côté droit ; mais les éléments y sont moins nombreux. La malade est soumise aux injections d'huile grise, Les jours suivants, l'éruption s’atténue, pâlit et l’on assiste à la forma tion d’un anneau blanc qui entoure la petite papule dont le volume se réduit à mesure que la zone de dépigmentation s'élargit concentriquement.
Le 29 avril, — Toute trace d'éruption a disparu, laissant une
belle syphilide pigmentaire.
Observation XXV (Personnelle).
Maria C.., 22 ans, couturière, très blonde, entre le 12 avril
1904, salle van Swieten,n°4, pour une syphilis datant du mois de
e € » » Q » Ne . < mai 1903. Elle a été soignée en juillet 1903, à Broca, pour végétations et plaques muqueuses vulvaires.
Le 15 août. — On note une éruption très confluente, dissé-
minée sur tout le corps et en particulier sur le cou où les éléments sont arrondis, du volume d'une grosse lentille et tendent à devenir papuleux.
A son entrée, le 12 avril 1904, elle présente des plaques muqueuses vulvaires et de nombreuses macules de roséole, datant de plus de deux mois. Au dire de la malade, cette éruption. apparaît pour la deuxième fois, et devait être très intense, à en juger par les traces qu’elle laisse encore sur tout le corps.
Sur le cou, il existe un aspect jaune chamois, plus marqué au niveau de la face antérieure ; cette pigmentation s’atténue insensiblément en passant sur les faces latérales, et disparaît au niveau de la nuque.
A considérer la malade à une distance de 50 centimètres, on
se croirait en présence d’une ébauche de collier en voie de constitution, apparaissant spontanément, sans éruption antérieure, à ce niveau.
Mais notre attention a été tout particulièrement attirée par certaines macules qui à jour frisant trahissent leur présence , par leur aspect gris rosé, et surtout par un fin plissé épidermique, très net à la loupe. Lorsqu'on examine le cou dela malade attentivement, on arrive ainsi à en découvrir un grand nombre présentant toutes la même forme, et dont le volume atteint celui d’une grosse lentille,
Elles ont un contour très net, ondulé, et leur surface présente un fin plissé épidermique si distinct-de la peau voisine, qu'à lui seul il permettrait d’affirmer unelésion antérieure, Du reste, leur coloration rosée, virant au blanc grisâtre, se distingue facilement du teint jaune des régions voisines, et permet d'être plus catégorique encore.
Le 20 avril. — La pigmentation s’est accentuée ; elle prend. l’aspect de la crasse, en même temps que l’on voit apparaître de petits îlots blancs assez régulièrement disposés et occupant la
place exacte des petites macules.
Le 28 avril. — Le collier est définitivement constitué.
Ce
Observation XXVI (Personnelle),
S... 19 ans, institutrice d’allemand, entre le 20 mars 1904 salle Van Swicten, n° 6, pour blennorrhagie et plaques muqueuses sur le voile du palais et les amygdales, L'accident initial a passé totalement inaperçu.
Il existe une roséole très intense, papuleuse par endroits,
formée d’éléments régulièrement arrondis, d’un rouge sombre,
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disséminés sur le dos, la poitrine, l'abdomen et la face interne des cuisses.
Gette éruption date de deux mois ; elle est remarquable par son intensité sur la partie supérieure du corps et en particulier sur le cou. À ce niveau les éléments sont nombreux, ne forment aucun relief appréciable au toucher et leur couleur varie du rouge chair au rouge violacé. Ils sont assez régulièrement disposés et séparés les uns des autres par des intervalles de 6 à 8 millimètres.
Sur le côté droit du cou, on trouve deux éléments papuleux, légèrement squameux, ayant les dimensions d’une pièce de 50 centimes, Le cou présente déjà un aspect brun très manifeste.
Le 22 mars. — On commence une série d’injections d’huile grise. Sous l'influence du traitement, l’éruption s’atténue ; les macules baissent de couleur, se rétrécissent par une sorte de dépigmentation périphérique Bientôt on voit apparaître une zone: claire quientoure lesmacules et les envahit peu à peu.
Le 3 avril. — La pigmentation du cou s’est accentuée surtout au niveau des faces latérales. Sur ce fond hyperpigmenté ressortent nettement les anneaux blancs augmentés de volume, qui entourent les taches cuivrées à peine perceptibles.
Le 18 avril. — L’éruption a totalement disparu, sauf les deux papules droites, qui sont encore reconnaissables à leur aspect bronzé. La malade présente un superbe collier de Vénus dont les mailles brunâtres, larges de 4 à 8 millimètres, s’enchevêtrent assez régulièrement et laissent entre elles des îlots blancs de dimensions variables. Il est surtout accentué sur les faces latérales et descend en avant jusque sur le milieu du
sternum.
Observation XX VII (Personnelle).
Eugénie E... 28 ans, domestique, entre le 8 avril 1904, salle Van Swieten, n° 29, pour plaques muqueuses vulvaires,
Elle a été soignée au mois d’août 1903 à St.-Louis, pour chancre infectant de la grande lèvre gauche. Le 10 septembre elle vient à Broca, où elle reste jusqu’au 20 janvier 1904,
On note à cette date une roséole à larges éléments, et des papules sur le dos, le cou, les cuisses et les bras. Sur le tronc, semis de taches nombreuses, presque confluentes par endroits, d’un rouge plus ou moins foncé, dont les dimensions varient du volume d’une lentille à celui d’une pièce de 50 centimes et qui donnent à la peau un aspect tigré.
Pendant son séjour, bon nombre de macules de roséole se transforment en éléments papulo-squameux, notamment sur le dos, l'épaule et les bras. |
Le 8 avril. — L’éruption n’a pas encore complètement disparu ; elle est représentée par des macules dedimensions variables, à épiderme finement plissé.
Sur le cou où l'éruption a été très intense, les macules se présentent sous deux aspects différents : celles qui sont consécutives à des taches de roséole, sont cuivrées au centre, décolorées vers la périphérie, landis que celles qui succèdent à des éléments papuleux sont brunâtres. En même temps la région cervicale prend dans son ensemble un aspect jaune sale, très manifeste.
Le 15 avril, — L’éruption pälit de plus en plus ; les macules se rétrécissent et sont envahies par une zone de dépigmentation
qui mesure déjà près de deux millimètres,
Le 28 avril. — Toute trace d’éruption a disparu au niveau
du cou ; un collier de Vénus type s’est constitué sous nos yeux.
Observation XXVIII (Personnelle).
. Alice M..., 18 ans, couturière, entre le 10 avril 1904, salle Van Swieten, n° 21,pour une syphilis datant du mois de décembre 1903.
Elle présente à son entrée, de la blennorrhagie, des ganglions inguinaux volumineux, des plaques muqueuses géantes sur le voile du palais, ainsi qu'une roséole à tendance papuleuse disséminée sur tout le corps.
Le cou présente déjà un aspect brun très manifeste, bien différent du teint blanc rosé de la malade qui est blonde et robuste.
Sur ce fond,sont disséminés de nombreux éléments du volume d’une lentille, dont le centre est saillant, rouge cuivre, tandis que les bords s’étalent, se décolorent et deviennent grisâtres.
Sur la face postérieure du cou, la pigmentation est beaucoup plus prononcée et vient se terminer insensiblement dans l’espace ‘interscapulaire, Elle est d’un brun erasse et entoure une multitude d’ilots décolorés dont le centre présente soit une macule rouge sombre, soit un petit élément saillant rosé.
Sur les faces latérales, il n’existe pas encore d’ilots blancs très nets ; mais les divers éléments éruptifs palissent etde rouges, deviennent grisâtres vers la périphérie.
Au niveau de l'articulation acromio-claviculaire gauche, on remarque une plaque papulo-squameuse, à bords saillants et irréguliers du volume d’une pièce de un franc,
Le 18 avril. — La pigmentation du cou s’est accentuée sur
ia
les faces latérales du cou ; en avant elle est moins marquée et s'arrête au niveau de la première pièce sternale. De plus la zone de dépigmentation a fait de notables progrès et a réduit les divers éléments éruptifs aux dimensions d’une tête d'épingle. Ceux-ci finissent par disparaître totalement le 24 avril, laissant
une syphihde pigméntaire typique. .
Observation XXIX (Personnelle).
Louise P..., 24 ans, entre le 18 avril 1904 salle Van Swieten, n° 22, Elle a été soignée à Nice en décembre 1903 pour chancre induré de la grande lèvre droite. |
Elle présente à son entrée, de la blennorrhagie et une syphilide papuleuse, à éléments peu nombreux, disséminés sur le tronc et les membres. Il existe en outre des éléments papulosquameux sur la face interne des cuisses, des pliques hypertrophiques vulvaires et des plaques muqueuses sur les amygdales.
Le cou présente un aspect jaune chamois très net, rendu plus évident encore par le teint pâle de la malade qui est très blonde,
Sur ce fond, se détachent de nombreux éléments de petites dimensions ayant au centre une petite papule rouge, à surface lisse, entourée par un anneau blanc de 1 à 2 millimètres.
Sur la face postérieure du cou, papules plus volumineuses, mais en plus petit nombre, les unes lisses et luisantes, les autres finement squameuses.
Le 20 avril. — On commence une série d’injections d'huile grise, Les jours suivants l’éruption pâlit sous l'influence du
traitement ; les éléments s’affaissent, se rétrécissent, à mesure
que l’anneau blanc qui les entoure s’élargit et se substitue progressivement à eux.
Le 29 avril. — La dépigmentation est complète ; chaque élément est mamtenant remplacé par une lunule blanche, à épiderme finement plissé, entouré par des mailles brunes qui s’en trecroisent régulièrement et dessinent une belle dentelle, Un
collier de Vénus type s'est constitué.
Observation XXX (personnelle)
Lucie J... 20 ans, domestique, entre le 9 avril 1904, salle Van Swieten n° 27, pour blennorrhagie et syphilis dont le début a passé inaperçu. |
Elle présente de nombreuses plaques hypertrophiques vulvaires, des plaques muqueuses sur les amygdales, ainsi qu’une roséole à tendance papuleuse.
Sur le cou, nombreux éléments de petite taille en voie de résolution, reposant sur un fondjaune chamois très net, Sur la nuque, on trouve une douzaine d’éléments d’un rouge cuivre,
dont le centre est saillant, tandis que les bords s’affaissent, deviennent plus clairs et se confondent avec leteint jaune brun de la région.
Sur les faces latérales, aspect brun plus foncé, surtout vers le milieu de la région, s’atténuant à mesure que l’on se rapproche de l’épaule. Sur ce fond, se détachent un certain nombre d'éléments de plus forte taille, entourés par un fin liseré blanchâtre.
Le 21 avril. — La pigmentation s'est accentuée ; elle entoure de nombreux îlots présentant deux parties distinctes: l’une
centrale rouge cuivre, la deuxième périphérique forme un
anneau blanc de deux millimètres qui envahit progressivement la tache centrale et s’élargit à ses dépens. Celle-ci disparaît complètement le 8 mai, laissant une syphilide pigmentaire typi-
que. s
Observation XXXI (Personnelle).
Reine L... 21 ans, couturière, entre le 23 février 1904 sal'e Van Swieten, n° 25, pour blennorrhagie et syphilis. Elle présente sur la grande lèvre gauche un superbe chancre induré en voie de cicatrisation, des plaques muqueuses sur les amygdales, ainsi qu’une roséole discrète, formée de petites macules rouges surtout nombreuses sur le cou et la partie supérieure du thorax.
Pendant son séjour, un certain nombre de ces macules se transforment en plaques cutanées déprimées au centre, à contour limité par un bourrelet saïllant et squameux. Quatre d’entre elles sont situées sur l’avant-bras gauche, une seule sur le bras droit, le menton et la lèvre supérieure.
Sur le cou, bn remarque 4 à 5 papules dont le volume atteint celui d’une pièce de 20 à 50 centimes.
Elles sont entourées par de nombreuses macules rosées, de dimensions variables, et disposées sans ordre,
Aucune trace de syphilide pigmentaire à cette date ; on soumet la malade aux injections d'huile grise.
L’éruption reste stationnaire pendant un certain temps ; ce n’est que versle 12 mars que les macules commencent à s’atténuer, Elles deviennent successivement violacées, puis rouge sombre,
et enfin rouge cuivre, pendant que les bords s’estompent et se
décolorent. Les papules s’affaissent, leurs bords s’inclinent pro-
gressivement vers la peau saine qui les entoure, en même temps qu'ils deviennent lisses et luisants,
Le 25 mars. — Le cou présente dans son ensemble un aspect un peu brun ; les macules de roséole ne sont plus représentées que par des îlots de même forme, se distinguant nettement par leur aspect plissé et leur coloration grisätre.
Les papules sont devenues brunâtres au centre, tandis que leurs bords sont déjà envahis par une mince zone de dépigmentation, leur formant un liseré de { millimètre au moins.
Le 10 avril. — Les taches de roséole ont totalement disparu et sont remplacées in situ par des lunules blanches : les éléments papuleux ne forment plus aucun relief et ne présentent qu’une petite macule centrale entourée par un large anneau blanc,
Le 18 avril. — Toute éruption a disparu ; le cou est devenu
jaune brun foncé, faisant ainsi plus fortement ressortir les îlots
blancs.
Observation XXXII (Personnelle).
Anne B.., 27 ans, domestique, entre le 30 juillet 1903, salle Van Swieten, n° 12, présentant de la blennorrhagie, des ganglions inguinaux volumineux, des plaques muqueuses vulvaires et de la métrite du col avec léger ectropion.
Il existait en outre une roséole très abondante, formée d'’élé-
ments papulo-squameux, la plupart assez volumineux, irrégu -
- lièrement disséminés sur tout le corps.
Sur le cou l’éruption était formée de larges éléments à bords saillants et squameux surtout abondants au niveau de la nuque et des faces latérales. Aucune trace de pigmentation ; la malade
fut soumise aux injections d'huile grise.
Nous voyons la malade pourla première fois au mois de février 1904: l’éruption n’est pas encore terminée; le cou est parsemé de nombreuses macules brunâtres sans relief appréciable, dont les dimensions très variables atteignent la plupart celles d’une pièce de un franc.
Elles sont irrégulières, séparées les unes des autres par des intervalles de 4 à 8 millimètres, et leurs contours polyeycliques, semblent indiquer qu’elles résultent de la fusion de plusieurs éléménts, L'une d’elles située sur le côté latéral droit présente une forme irrégulièrement triangulaire, ayant 3 centimètres de long sur 2 de large,
Le cou présente déja dans son ensemble un aspect jaune chamois clair. .
Le 10 mars. — Chaque élément bronzé présente une zone de dépigmentation très nette, lui formant une couronne de 1 à 2 millimètres. Cet anneau blanc, s'accroît progressivement, aux dépens de la zone pigmentée qui se rétrécit peu à peu et finit, par disparaître le 28 mars.
En même temps que se produit cette destruction pigmentaire, l'aspect général du cou brunit de plus en plus et le 28 on constaté un magnifique collier de Vénus, formé de larges macules leucodermiques, présentant l'aspect du vitiligo. Elles sont irrégulières, de forme très variable, et sont entourées par des mailles brunes de 4 à 8 millimètres de large, s’entrecroisant
irrégulièrement pour former une dentelle très bizarre.