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HISTORIQUE

Quand on se trouve en face d’un sujet présentant une syphilide pigmentaire bien constituée, telle qu’on la rencontre fréquemment dans les divers services hos- Pitaliers, on se demande comment une affection qui, « attire l’œil malgré lui, par une désharmonie choquante » (Maireau) a pu passer si longtemps inaper- (AITCE

On est tout surpris de voir des observateurs aussi

sagaces que Hunter et Ricord, rester muets sur ce sujet

dans leurs ouvrages.

Monneret le premier (in Compendium de médecine) :

semble y faire allusion, sous le nom de dyschromie syphilitique.

Pillon dans sa thèse raconte que « pendant son séjour à Lourcine en 1852, M. Gosselin employait déjà contre cette affection dont il faisait aussi une étude, la

teinture d’Ellébore blanc. »

C’est en 1853, que la question sort définitivement de

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ce long oubli, pour passionner l'esprit des dermatologistes.

Hardy décrit en effet à cette époque, sous le nom de syphilide pigmentaire ou maculeuse, des troubles de pigmentation occasionnés par la syphilis. Il donne à cette lésion sa vraie place parmi les affections spéci-

fiques, ainsi que le nomde collier de Vénus, expression

aussi heureuse qu’originale et qui méritait à juste titre

d’être conservée. Il la considère comme un exanthème tardif uniquement constitué par de l’hyperchromie, et dont la persistance pourrait servir à mesurer l’intensité de la diathèse.

Bazin en 1854, s'appuyant sur l’inefficacité du traitement spécifique, fut le premier et longtemps le seul à

combattre les idées de Hardy sur l’origine et la valeur

séméïologique de cette affection.

Il ne nie pas l'influence de la syphilis sur sa production, mais comme elle n’est améliorée ni par le mercure, ni par l'iodure de potassium, il la range dans la catégorie des affections qui reconnaissent à la fois pour cause la syphilis et une influence extérieure. Il y voit une juxtaposition d'achromieet d’'hyperchromie, mais il ne partage pas les idées de Hardy au point de vue du pronostic.

Pillon, en 1855, paraît en avoir une conception assez exacte et lui attache une réelle importance. « A peu près dans tous les traités spéciaux, dit-il, il est question de taches, de macules ou éphélides syphilitiques ; mais aucune des descriptions qu’on en donne ne con-

vient exactement à ce dont il s’agit. »

Il la décrit sous le nom de syphilide maculeuse et la considère comme un accident très fréquent de la période secondaire. Il y voit une série d'éléments, les uns pâles hypopigmentés, les autres anormalement colorés, mais ne semble pas avoir d'opinion très arrêtée sur son origine. à

Après avoir affirmé que la roséole affecte rarement le cou, il ajoute dans une observation : « La roséole a pâli notablement, sa teinte a changé; ilexiste sur le cou une teinte sombre diffuse mais non continue, au milieu de laquelle s’apercoivent des espaces irréguliers bien plus blancs. »

Ses idées ne furent pas admises sans résistance par tous les auteurs. C’est à cette époque que parut la fameuse lettre de Diday à Pillon dans laquelle il se demande si l’on ne peut expliquer lasyphilide pigmentaire par des altérations du sang sous l'influence du virus syphilitique.

Neuman de Vienne, était déjà dès 1855, le promoteur de cette idée de Bazin qui a fait à l'étranger de nombreux adeptes et d’après laquelle la syphilide pigmentaire serait une affection vitiligineuse.

Rollet de Lyonen 1865, dans son Traité des maladies vénériennes, lui refuse tout caractère spécifique évident et la rattache lui aussi au vitiligo, ou au pityriasis versicolore.

Tanturri en 1865 la décrit sous le nom de syphilide jaune primitive, caractérisée par des taches couleur d’ocre ou grisâtres, qui se manifestent ordinairement sur le cou sous forme d’un large collier. Il conclut de

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ses examens histologiques, que les parties décolorées en apparence, renferment autant de pigment que la peau normale.

Kaposi en 1875, la nie formellement ; il ne l’a jamais observée et ne la croit pas soutenable,

Fox et Taylor en 1877 lui refusent tout caractère spécifique et la considèrent comme une simple mélanodermie cachectique, un chloasma de dénutrition générale sans valeur séméiologique.

Drysdale en fait lui aussi, une affection vitiligineuse

de la peau formée de taches alternativement brunes et

blanches ; ces dernières possèdent moins de pigment

qu’à l’état normal.

Atkinson en 1878 considère les parties foncées comme étant la seule manifestation pathologique, et déclare que les taches blanches ne paraissent plus blanches que les autres parties du corps que par suite du voisinage des zones pigmentées.

O. Simon et Neisser en 1883 lui donnent le nom de leucodermie syphilitique, et la décrivent comme un trouble de la nutrition cutanée dans laquelle il y a deux éléments : résorption d’une part, formation de pigment d'autre part.

Riehl en 1884, la regarde comme consécutive aux

efflorescences maculeuses et papuleuses de la syphilis ;

mais ses recherches anatomo pathologiques de mème

que les symptômes cliniques ne lui permettent pas d’admettre qu'il y ait une différence quelconque entre la leucodermie et le vitiligo idiopathique.

Maireau en 1884 dans sa thèse y voit « une dyschro-

ie caractérisée par des îlots arrondis d’hypochromie isolés où confluents, semés en plus ou moins grand nombre, sur une nappe plus ou moins étendue d'hyperchromie. » Il se demande si les îlots blancs sont réellement dépigmentés et si à leur niveau « il se fait un travail de raréfaction pigmentaire, au sujet duquel nousn’aurons à émettre que des probabilités. » Pour lui, c’est une affection primitive qui n’est nullement l'expression posthume d’accidents antérieurs ; elle a une individualité symptomatique qu’elle. n’emprunte pas et qui lui est propre.

Lesser en 1884, Haslund, Finger et Erhman en 1887 en font une affection secondaire et accordent toute l'importance aux taches claires. « Ces taches blanches, dit Haslund, qui se voient souvent après les papules, sont des cicatrices toujours légèrement déprimées. Elles sont au début de couleur brune en raison de l’augmeéntation de pigment produite par la transsudation de la matière colorante du sang dans la papule ; elles ne revètent la couleur blanche que longtemps après lorsque le pigment a été résorbé. »

Romalo dans sa thèse en 1885, est plus timide ; il la décrit sous le nom de syphilide pigmentaire primitive, mais il admet également que dans quelques rares cas, elle pourrait succéder à un exanthème.

De Fisson, propose dans sa thèse en 1887, le terme de vitiligo syphilitique et distingue nettement deux variétés de syphilide pigmentaire. Il compare, au point de vue des troubles de la pigmentation, la syphi-

lis à la lèpre. « De même que dans la lèpre, il faut

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