OBSERVATION IV
Cette observation et les deux suivantes ont été recueillies à la clinique ophthalmologique de l’'Hôtel-Dieu de Lyon.
Le nommé Jean D.., agé de 37 ans, exerçant la profession de corroyeur, entre à la clinique le 30 août 1880.
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L’affection pour laquelle il entre, et qui siège sur lœil droit, a débuté il y a quatre ou cinq jours, sans cause appréciable.L'’exudat que l’on constate sur la cornée au moment de l'entrée, aurait débuté par la périphérie, en haut, et aurait gagné peu à peu le centre.
Le malade dit y voir très mal, comme à travers un nuage.
On constate sur la cornée de l’œil droit un exsudat occupant la moitié supérieure. Des vaisseaux y arrivent en petit nombre.
L’iris est lent à se mouvoir ; la pupille est peu dilatable par la lumière et Patropine.
On porte le diagnostic de kératite parenchymateuse et on institue le traitement suivant: Seton; iodure de potassium, un gramme cinquante, instillation d’atropine.
8 septembre. — Quelques vaisseaux se montrent à la partie supérieure de la cornée.
9 septembre. — Etatinflammatoireaigu. — Iodure de potassium, deux grammes cinquante; — Cataplasmes.
11 septembre. — Vaisseaux scléroticaux très développés. — Douleur à la pression, en haut sur le globe. La pupille se dilate peu malgrél’atropine. — Irido-choroïdite probable. — Traitement : Compresses tièdes ; onctions avec onguent napolitain belladoné, atropine.
15 septembre. — Toujours de l’inflammation. — Pommade au précipité jaune.
27 septembre. — Un peude cyclite; — Agrandissement de
la chambre antérieure.
Traitement: purgation au calomel; onguent napolitain; atropine.
1er octobre. — Moins d’inflammation, cependant l'iris ne se dilate pas.
8 octobre. — La pupille se dilate pour la première fois par l'atropine.
14 octobre. — L’œil a meilleur aspect; la vision revient.
16 octobre. — [ris atrophié par place, surtout à la partie interne, tremulus iridien limité à ce point, Une tache légère
ee Aa persiste sur la cornée. Troubles diffus du corps vitré avec mouches volantes. 17 octobre. — Le malade sort. Il va bien.
RÉFLEXIONS
Dans cette observation on ne parle pas de la syphilis : les renseignements sur ce sujet manquent absolument. Malgré cela nous avons cru devoir la publier et considérer le malade qui en fait le sujet comme syphilitique. En effet, il a présenté un trouble diffus du corps vitré et nous considérons cette affection comme un symptôme presque caractéristique de la syphilis tertiaire. De plus, il a été traité et amélioré par l’iodure de potassium: Ce médicament a été continué jusqu’à la fin et le malade est sorti guéri. Enfin, l'affection cornéenne se rapproche assez de ce que nous décrivons comme gomme de la cornée: infltrat cornéen, s'accompagnant d’une inflammation d’intensité moyenne et d’uneiritis à symptômes subaigus, et survenant chez un homme que l’on peut considérer comme syphilitique.