‹ Contribution à l'étude de La Syphilis Héréditaire De L'Oreille InterneChapitre 4 sur 27 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

LR

La découverte de la ponction lombaire, les examens des réactions humorales de l’organisme et,

par aïlleurs, les acquisitions séméiologiques en oto— logie ont permis de donner un nouvel essor à la syphilis neuro-auditive que les auteurs comme Ricord, Hutchinson, Politzer, Fournier, etc., avaient observée et décrite dans ses grandes Jane cliniques. | Grâce à la coordination et à la confrontation de ces deux ordres de recherches, étude du sérum sanguin et du liquide céphalo-rachidien d'une part, étude clinique et expérimentale des fonctions labyrinthiques d'autre part, il semble bien qu ’on puisse serrer d'un peu plus près le problème ardu de Ia syphilis de l'oreille interne, acquise ou congénitale. La syphilis de l'oreille apparut aux cliniciens il y a certes bien longtemps puisque dans le De Morbo Gallico, Fallope (1) parle de « tintements d'oreille dans la vérole confirmée », tandis que A, Paré écrit vers la même époque « que les vérolés vexés de la grosse vérole perdent l’ouïe par une grande douleur de tête ». Valsalva (1), le premier, expose une patho-

génie longtemps considérée comme la plus fréquente de la surdité syphilique. Il s’agit de « l’oblitération de la trompe par des plaques muqueuses allant à la caisse ». |

Horne, Pearson, Genselius, Astruc, Frank, etc., rapportent des observations d’atteintes syphilitiques de l'oreille. Itard, en 1821 (1), déclare dans son Traité des maladies de l'oreille que «les causes syphilitiques et herpétiques sont de toutes les causes dites virulentes celles qui produisent le plus com- ‘munément la surdité ». Des pustules syphilitiques à la surface du tympan ou à l'intérieur du conduit auditif ont été constatées par Beil, Vidal, Triquet, Baumes. Certains auteurs remarquent l'association de troubles nerveux avec des troubles auditifs; tel Favre en 1579 qui parle d'étourdissements et de vertiges épileptiques, et qui paraissent bien être des cas de syphilis vestibulaire. Tels encore Ricord et Diday en 1852 qui signalent la coexistence de la paralysie faciale avec la surdité chez les syphilitiques. En 1859, Gros et Lancereaux d'une part, Lagneau d'autre part, publient des cas où, sans altéralion tubo-tympanique, il existe une surdité spécifique qui serait due à une localisation primitive sur l'appareil nerveux auditif.

Un grand pas scientifique est fait en 1867 avec Hutchinson qui décrit la fameuse triade, base clinique de la syphilis héréditaire. Bien que Feitch: man (1) en 1857 ait publié le‘premier cas de surdité hérédo-spécifique, on doit considérer la description

de Hutchinson comme la première réelle étude magistrale sur celte question, car c’est lui qui remarqua la coexistence de l’inflammation oculaire, des malformations dentaires et des troubles de l’ouïe qu'il rapporte à la syphilis héréditaire.

La discrimifation était faiteentre la syphilis acquise et la syphilis congénitale de l'oreille interne.

D'autre part, la séméiologie otique s'enrichit des progrès de l’acouméirie et c'est pourquoi Hinton, Politzer, Trœltsch apportent encore une large part à cette étude de la syphilis acquise et héréditaire. On étudie la perception osseuse et on interroge le labyrinthe. Schwartze, Urbantschich contribuent à ces études. Fournier (1) dans son Zraité sur la syphilis héréditaire tardive donne une description très complète de la surdité. 11 montre la connexion pathogénique qui relie cette surdité à l'influence hérédo-syphilitique, connexion qui est & patente, indéniable ». Et Fournier remarque que si des observateurs très nombreux ont observé cette surdité, tels Hutchinson, Jégu dans la thèse de 1884, Toynbée, Jones, Field (dans ie Medical Times, 1897, t.1), Pierce, Lavergne et Perrin (dans les Annales dermato. et dé Syphili., t. IV, 1885), Hermet dans les mêmes Annales, tome V et tome VI, ces faits ne sont pas encore connus du publie médical.

Il est vrai que le pronostic, au dire de presque tous ces auteurs, est bien sombre dans la syphilis héréditaire puisque le plus souvent il s’agit d’incurabilité. Fournier écrit : « Pour ma part, je n'ai

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