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Il est très fréquent de voir chez les nouveau nés syphilitiques des éruptions d'ordres différents se réunir sur le même sujet et de former des éruptions des plus complexes. Chacun de ces éléments se développe pour.son compte. Les uns conservent leur aspect ordinaire, d’autres sont soulevés par un liquide et deviennent vésiculeux ou bulleux ; d’autres enfin se recouvrent de squames ou s’ulcèrent. Il en résulte donc un polymorphisme dont aucune description ne viendrait à bout. C'est à ces éruptions que Jacquet a donné le nom de syphilides érythémato-papuleuses polymorphes.
Le polymorphisme est done un caractère de grande importance pour cette syphilide composée. Outre ce caractère, elle n'a pas une marche définie. Il y a des éruptions qui sont à peine ébouchées el qui restent frustes, d'autres deviennent érosives et ulcéreuses ou bien restent squameuses, psoriasiformes. Toutes ces modalités peuvent être isolées, confluentes ou affectant une disposition symétrique.
Les changements que cette syphilide subit sous l'influence du siège sont d'un intérêt pratique assez considérable. A la face elle a une prédilection très marquée pour le pourtour de l'orifice buccal, le menton et les sourcils.
Les syphilides autour de la bouche se fissurent quelquefois sous l'influence de l'irritation que causent la salive ou d'autres liquides.
Pour Jacquet, le pemphigus des nouveau-nés ne serait qu'une simple variété de la syphilide érylhémato-papuleuse, qui deviendrait bulleuse à cause de la congestion normale de la peau des extrémités el de la minceur de l’épiderme dans les premiers jours de la vie, ce qui explique que «plus le pemphigus est éloigné de la naissance, moins il offre un type net » (Parrot).
6° Syphilides tuberculeuses. - Jacquet, Comby, ne croient pas que les syphilides tuberculeuses de Parrot et Sevestre soient des gommes, mais ils admettent que ce sont de petits abcès cutanés que l’antisepsie guérit parfois très rapidement. Ces éruptions existentaussi chez l'adulte: mais elles diffèrenten ce sens qu'elles ont une grande tendance à guérir sans se transformer en ulcérations. On les voit sur les fesses, les cuisses, les jambes, rarement aux mains et aux pieds.
T° Syphilides ulcéreuses.— Elles n'existent pas comme éruptions propres et primitives. Ce ne sont que des infections, surajoutées que l'on peut éviter par l’antisepsie. Parrot, Sevestre et la plupart des syphilographes refusent donc à cette manifestation l’origine syphilitique.
8° Lésions des annexes de la peau. — a) L'onyxis et la périonyæis sont assez fréquents chez les syphilitiques innocents. L'onyxis est généralement une conséquence de l’érythème squameux et dans ce cas tous les ongles sont envahis La chute etle remplacement dn même ongle peuvent s'effectuer plusieurs
fois de suite chez le même malade.
b) Alopécie. — Observée par Parrot, Diday, sous forme de bandes chauves. Elle n’a pas la même physionomie que chez l'adulte ; au lieu de se mettre en clairière elle se montre généralement sous forme de bandes claires postéro-latérales ou fronto-pariétales. Les cheveux sont courts, décolorés, entremêlés de cheveux longs. Souvent les nouveau-nés syphilitiques n'ont qu'un léger duvet. Les cils et surtout les sourcils peuvent complètement faire défaut.