DE LUE
base présente une consistance ferme, pas d’adénopathie.
Le diagnostic pouvait être discuté entre une gomme syphilitique post-traumatique et un ecthyma nécrotique. Bientôt se confirme le diagnostic de syphilis : l’ulcération est devenue plus profonde, elle a un fond bourbillonneux et revêt l’aspect typique d’une ulcération spécifique.
Réactions de Wassérmann et de Hecht positives.
La malade avoue enfin avoir eu, en 1921, un chancre vulvaire, reconnu à St-Lazare, et avoir été traitée, à ce moment, au novarsénobenzol et au bismuth; depuis, pas de traitement.
Une série de novarsénobenzol est alors commencée et, le 30 novembre, l’ulcération est comblée par des bourgeons charnus, presque cicatrisée. »
Dans ce groupe des syphilides post-traumatiques, nous signalerons une étiologie particulière: nous voulons parler des manifestations apparues après certaines manœuvres thérapeutiques, telles qu’injections médicamenteuses, application de ventouses, de vésicatoires, de pointes de feu. Ces faits sont assez nombreux dans la littérature, mais ils sont, en réalité, très rares, eu égard au fréquent emploi de ces méthodes thérapeutiques chez les syphilitiques. Fournier, avait signalé quelques cas de gommes apparues aux points où avaient été pratiquées des injections sous-cutanées de solutions médicamenteuses et, après lui, bien d’autres auteurs ont publié des cas analogues. Pour ne parler que des plus récents, citons 3 observations de Pasini et 3 autres de Gouge-
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rot ; ce dernier a pris soin d'éliminer certaines causes d'erreur qui peuvent être objectées à la réalité de ces lésions : les abcès, les nécroses locales ne sont, en effet, pas rares à la suite de ces injections et, une fois ouverts, ils simulent parfaitement des gommes ulcérées.
Quant aux manifestations apparues à la suite de l'application de vésicatoires ou de ventouses, il s’agit, en général, de syphilitiques à la période secondaire, et nous citerons, à ce propos, une observation de Milian où, chez un homme présentant une syphilis secondaire généralisée et ayant contracté une bronchite, l’application de ventouses sèches et scarifiées fit sortir l’éruption papuleuse avec une intensité formidable, exactement aux points où elles avaient été placées.
En terminant cet aperçu des lésions de la syphilis post-traumatique cutanée, nous dirons quelques mots des retards simples de guérison des plaies traumatiques ou opératoires chez les syphilitiques. Ces faits sont extrêmement rares : nous n’avons pu en relever que 3 cas dans les bulletins de la Société de Chirurgie et ceux de la Société de Syphiligraphie (une observation de Toussaint, deux de Lapointe et Marbais). La région traumatisée, dans ces cas, est rebelle à toute cicatrisation, sans qu’il soit possible de dire que la plaie se soit transformée en ulcération syphilitique. Il n’existe, à son voisinage, aucune manifestation spécifique, et il s’agit uniquement, d’après certains auteurs, d’un retard de guérison causé par le terrain syphilitique. Le traitement conduit rapide-
ment à la cicatrisation de ces lésions, irréalisable malgré les pansements corrects et les thérapeutiques habituelles. Il ne semble donc pas, vu le petit nombre de cas publiés par les chirurgiens, que l'infection syphilitique soit une cause bien redoutable de non cicatrisation des plaies traumatiques ou opératoires.
Il. — Manifestations osseuses syphilitiques post-traumatiques
Contrairement à l’opinion classique émise par Verneuil, puis par Fournier, les lésions osseuses syphilitiques sans syphilides cutanées, sont exceptionnelles après des traumatismes. Ces auteurs avaient observé l’apparition fréquente de périostiles, de périostoses bosselant, déformant les surfaces osseuses; plus rarement, ils avaient signalé des gommes nettement circonscrites en plein tissu osseux, après des contusions atteignant des syphilitiques. Ils avaient insisté, dans l’étiologie de ces manifestations, sur le rôle du petit traumatisme souvent répété, parfois d’origine professionnelle.
Mais on ne retrouve pas, dans les travaux récents, l’observation fréquente de ces faits qui avaient permis à Verneuil de montrer l'influence du traumatisme sur l’apparition des manifestations syphilitiques. Broca, a publié quelques cas de lésions osseuses spécifiques au voisinage d’articulations traumatisées, mais ils sont discutables, et il n’y a guère de caractéristique qu’une seule observation, celle d’Œttinger,
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où l’on note, après une chute grave sur lépaule, l'apparition de manifestations localisées uniquement à l’humérus, ressemblant à celles de la maladie de Paget ou à celles de l’ostéomyélite gommeuse.
Les retards de consolidation des fractures et les pseudarthroses, chez les syphilitiques, paraissent aussi rares. CI Simon, n’a pu en trouver qu’une seule observation dans la littérature, publiée par Toussaint ; il s’agit « d’un officier hérédo-syphilitique qui, à la suite d’une chute de cheval, se fait une fracture fermée des deux os de la jambe. Malgré un traitement correct, au 80° jour, une pseudarthrose se forme, qui fait place à un cal solide quand le traitement spécifique est institué ».
L'observation n° 1 de M. le Professeur Agrégé Favre, doit être rangée dans cette catégorie de lésions, et elle est donc particulièrement intéressante vu l’excessive rareté des faits de cet ordre.:Rappelons qu’il s’agit d’un jeune officier hérédo-syphilitique qui eût une fracture par balle des deux os de l’avantbras. Malgré plusieurs tentatives de consolidation, dont deux ostéosynthèses, le cal ne se forme que lorsque le Docteur Favre, ayant examiné le blessé, fait instituer un traitement antisyphilitique.
IL. — Manifestations syphilitiques post-traumatiques localisées au tégument et à l’os sous-jacent
Le plus grand nombre des observations de Syphilis post-traumatique doit être rangé dans ce groupe :
il existe, en effet, dans la majorité d’entre elles, parallèlement aux manifestations cutanées, des lésions osseuses sous-jacentes. L'importance de ces dernières échappe souvent à l’examen clinique et il est nécessaire de recourir à l'épreuve radiographique. Aussi peut-on penser que si cette méthode de diagnostic avait été utilisée dans les cas publiés de manifestations syphilitiques uniquement tégumentaires, apparues à la suite de traumatismes intéressant et les plans cutanés et les plans osseux, on eût certainement trouvé, dans bon nombre de ces cas, des lésions osseuses spécifiques. Le groupe des syphilides post-traumatiques décrit plus haut, serait encore plus restreint qu’il ne l’apparaît actuellement.
Il s’agit, en général, de traumatismes de violence moyenne, déterminant des plaies au voisinage de plans osseux. Puis ces lésions évoluent anormalement : leur cicatrisation ne se fait pas et, au bout d’un temps variable, elles se présentent comme de véritables ulcérations, dont les caractères et les manifestations de voisniage permettent de faire soupconner la nature syphilitique. Celle-ci est confirmée par l’examen général, la recherche des antécédents, l'étude des réactions sérologiques et surtout par le résultat du traitement spécifique.
Les lésions observées sont presque toujours du type tertiaire, et le fait n’a rien d’étonnant, si l’on veut bien songer qu'il s’agit, le plus souvent, de sujets syphilitiques anciens. II a même permis à MM. Simon, Queyrat et M. Pinard de soutenir, avec raison sem-
ble-t-il, que les lésions spécifiques provoquées par