MEET. 7 A
de façon précise le rôle de l’agent traumatique dans la genèse de ces manifestations. Aussi les laisseronsnous volontairement de côté et proposons-nous de réserver le terme de Syphilis post-traumatique aux manifestations spécifiques provoquées chez des sujets antérieurement contaminés, par la seule catégorie des TRAUMATISMES EXTERNES, ACCIDENTELS, DONT ON PEUT NETTEMENT PRÉCISER LA NATURE, L’INTENSITÉ ET LE POINT D'APPLICATION.
Ainsi délimitée, la question n’est pas neuve. Sans que des études bien nettes aient été faites, on connaissait depuis longtemps la lenteur de cicatrisation des plaies dans certains « états constitutionnels » et, en particulier, dans la syphilis. Virchow, Cornil avaient montré l’importance des contusions dans la production des lésions osseuses syphilitiques. Mais c’est surtout à Verneuil que l’on doit les premiers travaux mettant le mieux en lumière l'influence du traumatisme sur la marche et les manifestations de la syphilis. Dans ses Mémoires de Chirurgie, au tome V, intitulé : « Traumatisme et Syphilis », non seulement il envisage le retard de cicatrisation des plaies chez les syphilitiques et leur fréquente transformation en « ulcères », mais il montre que « très souvent le traumatisme met une syphilis latente en activité et devient le point de départ, la cause occasionnelle de manifestations les plus inattendues, qui s’accumulent autour du point lésé et même se généralisent ».
L'auteur, après un aperçu historique très complet,
cite de nombreuses observations qui servirent de base à la thèse de son élève L. H. Petit, en 1875.
Le problème fut ainsi bien posé par Verneuil, et si l’on veut se rendre compte à quel stade il était parvenu vers 1905, on ne peut avoir d'idées plus précises qu’en se reportant au livre de Fournier, Trailé de la Syphilis, période tertiaire, où le grand syphiligraphe s’exprime ainsi : « Un troisième groupe étiologique comprend nombre de causes extérieures susceptibles de servir d’incitation au tertiarisme... Figure ici le traumatisme qui, d’une façon indiscutable, a servi maintes fois d’origine, de prétexte à des modalités diverses et parfois des plus curieuses ». Après avoir cité de nombreux cas (contusions, fractures, brûlures, plaies opératoires) pour appuyer son opinion, l’auteur conclut ainsi :
« Possibilité indéniable pour une plaie quelconque affectant un sujet syphilitique, de subir l'influence de la diathèse et de dégénérer en une plaie syphilitique ; mais rareté de telles dégénérescences. »
Telle est l'opinion de Fournier et elle est en tous points comparable à celle de Stolper, en Allemagne, vers la même époque. Bien que soulevée d’une manière aussi remarquable, il ne semble pas, qu’en fait, la question ait pris l’importance qu’elle méritait et c’est à peine si, par la suite, quelques rares auteurs en font mention dans leurs travaux.
Quelques années plus tard, la guerre allait fournir le vaste champ d’observations que l’on. sait, aux recherches de tous ordres, dans tous les domaines. La Syphiligraphie, enrichie de travaux à peine anté-