FL
coïnme dans les observations V, XXV, où on le compare à une pièce de 0 fr. 50, le chancre peut au contraire occuper toute la portion vaginale. Liégner (obs. XV) parle de 5 centimètres pour le plus grand diamètre. Les dimensions les plus couramment citées sont celles d’une pièce de 1 franc (obs. XIII), de 2 francs (obs. XIV), d’un shilling (obs. X), @une amande.
L'aspect du chancre est assez caractéristique. La plupart du temps on se trouve en présence d’une lésion légèrement papuleuse, convexe (obs. XIII, XIV) avec un sommet aplati. La surface est unie et recouverte d’une fausse membrane grisätre (obs. I, X, XV, XIX), diphtéroïde (obs. XIII, XX) caractéristique, qui présente un reflet gras partieulier (obs. IX, XXII). Fournier compare cet aspect à celui du vieux lard qui commence à rancir. Le gris se transforme parfois en une tonalité blanc terne ou bien jaunâtre (obs. IX) avec de petits points hémorragiques disséminés sur la surface (obs. IV). Cette fausse membrane est une sorte de pellicule exsudative qui adhère assez solidement à la base de l’ulcération. Une fois enlevée ou spontanément disparue elle laisse voir une surface lisse (obs. VIT), brillante, rouge (obs. V, XXI), parfois même rouge cuivre (obs. XI), parsemée de petites zônes hémorragiques et ne secrétant que faiblement.
Les bords sont plats (obs. XIII, XXII) ou légèrement surélevées, en bourrelet (obs. III, XV), d’une netteté parfaite (obs. XXL, ”"XXIV) et semblent parfois avoir été tracés au compas. Autour d’eux existe une zône de transition plus rouge, signalée par la plupart des auteurs mais diversement décrite par eux. Fournier parle d’une ligne étroite marquant plus clairement le contraste avec le centre grisàtre. D’après Mrazek, c’est un grand cercle enflammé rouge; d’après Rille une ligne effilée, brune, reluisante. Toutes ces modalités se rencontrent en pratique. Nous en trouvons mention dans quelques observations sous forme d’un halo
NDS ——
inflammatoire (obs. III), d’une étroite zône de muqueuse enflammée (obs. IX), d’une collerette rouge pourpre (obs. XII).
Formes cliniques.
Tel est l'aspect classique, érosif ou papulo-érosif de la lésion entrevue au spéculum. Mais il s’en faut qu’il en soit toujours ainsi et en dehors des petites différences dans le détail, il convient de signaler une forme clinique bien spéciie que Thibierge et Passenaud ont les premiers bien décrite : c’est la forme ulcéreuse du chancre utérin, la plus délicate au point de vue du diagnostic à cause de sa ressemblance avec le cancer ulcéré ou le chancre phagédénique. Rostaine et Druelle ont cité 2 cas de forme ulcéreuse prises pour des tumeurs malignes et opérées comme telles. Dans les observations I et XII, nous lisons qu’un médecin avait conseillé l’hystérectomie. De méme, les observations XIV et XVIIT semblent répondre à cette variété particulière. Il s’agit en somme d’une ulcération assez excavée, recouverte d’un enduit visqueux, grisâtre, adhérent, prenant dans certains cas un aspect sphacélique (obs. XIV). Cet enduit enlevé apparaît une ulcération de coloration rouge chair musculaire ; le fond peut être granuleux (obs. XVIIT), irrégulier, saignant facilement. La lésion est cerclée d’une zône rouge intense et l’ensemble du col est augmenté de volume, parfois bosselé, ce qui rend la confusion plus facile avec l’épithélioma.
Symptômes fonctionnels.
Nous en réunissons l'étude pour les deux formes, où ils ont un caractère commun : leur insignifiance. L’indolence est complète et les symptômes généraux qui peuvent figurer dans les descriptions diverses ne sont que la signature de l'infection secondaire. Le seul caractère à mentionner se-
ET
rait la tendance hémorragique de ces lésions, discrète dans la forme érosive (obs. II, IV, X), important dans la forme uicéreuse. C’est la raison de ces pertes teintées de sang signalées par les malades (obs. XI, XII, XVIID), ou même des hémorragies graves qui ont pu dans de rares cas conslituer le symptôme dominant de l’affection, Dans le cas d’'O’Day, on crut que l'utérus s'était rompu (obs. VI), et dans celui de Liégner on pensa tout d’abord à un avorterient (obs. XV).
Evolution. — Durée.
Le processus de guérison évolue avec une rapidité saisissante, même sans le secours du traitement. Ce dernier venant ajouter parfois ses effets aux tendances naturelles à la réparation, il arrive qu’on ne reconnaisse pas la lésion d'un jour à l’autre. Au bout de peu de temps, le chancre n'apparaît plus que comme une érosion simple, puis comme une tache légèrement rouge et disparaît enfin sans laisser ordinairement de trace notable. Dans les observations inédites que nous devons à l’obligeance de M. le Professeur Petges, la durée de cicatrisation à partir du moment où l'affection fut découverte et traitée n’excéda jamais un mois et fut le plus souvent égale à 3 semaines.
Il y a des exceptions à cette règle : elles tiennent à l'étendue des lésions dans la forme ulcéreuse, à la complication d’une infection gonococcique ou bien à la grossesse qui retarde en général le processus de guérison.
D'une façon générale cependant nous pouvons souscrire à l’opinion de Thibierge qui explique la rapidité de la guérison par 3 facteurs :
a) Le siège même du chancre, bien abrité contre les causes d’irritation extérieure ;
b) La température élevée et constante de la partie haute du vagin ;
RCE IE
c) L'état d'humidité constante dans laquelle baïgne la surface de la lésion.
Le chancre laisse-t-il après sa disparition une cicatrice ? Les avis sont partagés à ce sujet et nous ne les discuterons pas dans le détail, car ce débat nous conduirait sur le terrain obstétrical où nous ne voulons pas pénétrer. Il est probable que les chancres ulcéreux avec nécrose étendue laissent après eux une cicatrice de quelque importance, mais nous devons penser que la plupart des sténoses signalées par les accoucheurs sont plutôt du domaine de la syphilis tertiaire.
Avant d'envisager le diagnostic des lésions primaires au col, nous avons jugé utile de faire suivre cette étude clinique des observations de chancres indurés que nous avons pu réunir : les unes proviennent des publications postérieures à la dernière thèse parue à ce sujet (Passenaud : thèse, Paris 1904) ; leur nombre restreint ous a permis de les rassembler presque toutes. Nous avons relevé les autres dans le service de M. le Professeur Petges, sur les fiches de traitement des malades internées à l'hôpital Saint-Jean. Nous pensons que ces quelques exemples de lésions primaires cervicales tilustreront suffisamment les considérations auxquelles nous nous sommes livré à leur sujet.
OBSERVATION I (résumée).
(UNGARO : Rassegna d'ost. eginec. Napoti, 19109, xvurr, p. 395.)
Chancre induré du col utérin.
Anna B..., 28 ans, un mois après le retour de son mari, absent, commence à remarquer un-écoulement vaginal dont elle n'avait jamais souffert précédemment. Pas d’adénopathie.
À dl’examen local : organes :génitaux externes d’une nullipare; vagin mou, étroit; col conique, dur, sensiblement aug-
TL
menté de volume avec un bourrelet fibreux, résistant, autour de l’orifice externe.
Le spéculum laisse voir uhe ulcération qui occupe le centre du col, de coloration gris-jaunâtre, du diamètre d’environ 2 centimètres avec une bordure externe circulaire en relief: on note de même à l’orifice l'écoulement d’une sécrétion séreuse. |
On porte le diagnostic de syphilome initial du col utérin et on commence le traitement spécifique. Déjà, de 5° jour, le bourrelet fibreux qui limitait l’ulcère a, pour ainsi dire, disparu et son fond commense à prendre une coloration plus vive. L’érosion qui succède disparaît'au bout de 2 semaines. Puis, le !traitement ayant été interrompu, des symptômes secondaires apparaissent.
OBSERVATION II (résumée).
(UNGARO -— Voir précédemment.)
Chancre induré du col utérin.
Fortuna P..., 23 ans, de Naples, mère de 6 enfants bien portants, se présente au dispensaire, le jour avant d'entrer à l’hôpital, où elle avait été envoyée par un gynécologue pour être opérée d’une hystérectomie., Le diagnostic qui avait été porté était celui de carcimone du col utérin, opérable ; il avait été confirmé par d’autres spécialistes, mais la malade, avant de se soumettre à l’acte opératoire, voulut avoir notre avis.
Elle raconte que, depuis un peu plus d’un mois, elle commença à ressentir un malaise général, puis une céphalée intense, des vertiges, des éblouissements, des pertes vaginales, fétides, récentes, et sensation de poids de l’abdomen.
On note, sur le visage et spécialement sur le nez, une éruption impétigineuse. Pas d’adénopathie.
A l'examen local : organes génitaux externes de multipare ; vagin lisse, mou ; col hypertrophique, de consistance fibreuse, saignant facilement. L'application du spéculum, parfois douloureuse, laisse voir une sécrétion dense, purulente, mêlée à une certaine quantité de sang qui sourd à l’orifice
externe. La lèvre antérieure du col est le siège d’une vaste ulcération de couleur jaunâtre qui semble se continuer avec da muqueuse cervicale. Une partie de la muqueuse atteinte ayant été prélevée, le microscope ne décela qu’une hypertrophie glandulaire notable.
On fait alors le diagnostic de syphilome initial et. on commence le traitement spécifique : calomel en attouchements locaux et mercure à l’intérieur.
Déjà, au bout de 3 jours de ce traitement, l’éruption impétigineuse du visage à sensiblement diminué. En 8 jours, le col a perdu sa dureté fibreuse d’auparavant. Il présente seulement au voisinage de l’orifice, sur la lèvre antérieure, une légère érosion. Au bout de 2 semaines, il n’y a pour ainsi dire plus aucune trace de lésion ; le col est revenu à la dimension, à la couleur, à la consistance normales. Toute sécrétion cervicale a disparu. La malade s’est également remise rapidement au point de vue de son état ‘général et est sortie parfaitement guérie.
OBSERVATION IIT (résumée).
(UNGARO — Voir précédemment.)
Chancre induré du col utérin.
Annunziata S..., 20 ans, déjà mère d’un enfant vivant et bien portant, est de nouveau enceinte de 5 mois. Elle ressent depuis 20 jours un prurit accentué et des pertes vaginales abondantes.
A l'observation : tumeur utérine de forme sphérique. De l’orifice vulvaire s'échappe une sécrétion purulente et tout autour de lui on note une abondante éruption papuleuse ; grandes lèvres œdématiées, ganglions inguinaux augmentés de volume. Vagin large, col cylindrique plutôt dur, hypertrophique, sur la lèvre antérieure duquel on note une ulcération à bordure circulaire relevée, de consistance cartilagineuse, tandis que le tissu d’alentour présente comme un large halo inflammatoire. Il nous semble possible d’exclure immédiatement l'hypothèse d’un chancre mou, soit à cause de l’éruption papuleuse, soit à cause de l’induration notable de l’ul-
nn
cération médiane, associée, en plus, à la dureté insolite pour un col d’utérus gravidé. Dès lors, on commence le traitement antisyphilitique mixte, par voie interne, en même temps que l’application locale de calomel, soit sur le col utérin, soit sur les papules vulvaires.
Les papules ont déjà disparu le 6° jour. Au bout d’un mois, il n’existe plus aucune autre lésion ; on remarque la complète restitutio ad intégrum de la portion vaginale, notablement ramollie.
La malade a suivi le traitement régulièrement et elle a accouché à terme, normalement, d’un enfant vivant et sain, après un travail de courte durée.
OBSERVATION IV (résumée).
(WILE et SENEAR : Surgery, Gynecology and Obstetrics, 1915, p. 645.)
Chancre induré du col utérin avec phénoméënes secondaires.
Malade, âgée de 37 ans, mère de 4 enfants, le plus jeune âgé de 11 ans : elle eut aussi 3 fausses couches. Infectée par son mari, blennorrhagique, il y a 6 ans ; 2 ans plus tard, nouval écoulement vaginal. Pendant les 2 dernières années, elle fut exposée à une source d'infection extracongugale. II y a 1 mois, après une menstruation régulière, augmentation marquée dans les pertes vaginales qu’elle déclare fétides, fluides comme de l’eau et souvent sanglantes la nuit. L’écoulement continua à augmenter en quantité et devint jaunâtre. Perte de poids et faiblesse progressives. Chute de cheveux, mal de gorge, raucité de la voix. Pendant les quelques derniers jours clie nota de petites grosseurs derrière ses oreilles el une éruption sur le corps.
Constatations : Syphilides secondaires typiques, maculo papuleuses sur le tronc et les extrémités. Pas de plaques muqueuses. Col assez œdémateux, le côté gauche étant plus volumineux et plus induré. Sur la portion œdématiée et sur la partie la plus élevée de la moitié droite du col existe une érosion superficielle étendue, de caractère nettement hémorragique.-Orifice recouvert d'une muqueuse normale, mais de
couleur pourpre. Ganglions lymphatiques axillaires et sousmamaires seulement légèrement palpables, ceux de la région cervicale et inguinale très augmentés de volume. Spirochètes actifs dans le frottis de la lésion. Diagnostic : Accident primaire du col.
OBSERVATION V (résumée).
(Mêmes références.)
Chancre induré du col utérin.
Fille de 18 ans, se plaignant de céphalées mocturnes intenses, datant des 2 dernières semaines. N’a pas connaissance d'infection syphilitique, mais croit que son amant a la syphilis.
Pas d’éruption cutanée. Muqueuse buccale et pharynx normaux. Organes génitaux externes normaux. Au voisinage de l’anus, nombreuses macules faisant songer au début de larges papules humides, mais pas d'infiltration de ces lésions.
Sur le côté gauche de la lèvre cervicale inférieure existe une petite érosion rouge sombre, d'environ 1 centimètre, dans son plus grand diamètre. Cette érosion est nettement limitée de la portion restante de l’orifice utérin. Léger écoulement d’un liquide séreux clair. Adénopathie générale. Wassermann positif. Après la 2"° injection desalvarsan, la lésion guérit pratiquement. Il persista seulement une légère saillie et une légère rougeur de la lèvre postérieure. Spirochètes trouvés dans les frottis de la lésion.
Diagnostic : Chancre primaire du col de l'utérus.
OBSERVATION VI (résumée).
(O’Day : New-York Medical Journal, 26 décemb. 1914, p. 1258.)
Chancre probable du col utérin ayant passé inaperçu.
Femme de 43 ans, examinée par plusieurs chirurgiens, tous d'accord sur le diagnostic de carcinome du col de l’utérus. O’Day fit le même diagnostic, déclarant le cas inopérable.
NT
Le col était érodé, très augmenté de volume, avec une infiltration qui s’étendait jusqu’aus culs-de-sac. Ecoulement séropurulent avec odeur désagréable typique de cancer. Pas de soupçon de syphilis. La malade devient une « Christian Scientist ». Plus tard, le col semble s'être rompu, la malade présentant de graves hémorragies. Elle déclina rapidement jusqu'à un point où la mort sembla imminente. O’Day la revit, juste un an après le premier examen. La malade, d’apparence cachectique, avait été alitée pendant 11 semaines ; elle était émaciée et souffrait intensément d’escharres de décubitus. O’Day fut appelé à la soigner pour des «boutons de fièvre » dans la bouche. À sa grande surprise, il découvrit des plaques muqueuses syphilitiques typiques. Uu débris expulsé du vagin fut reconnu non carcinomateux. Réaction de Wassermann fortement +. De nouvelles recherches révélèrent l'existence d’une infection syphilitique probablement contractée 2 ans avant la découverte du néoplasme. |
Un traitement approprié a rendu cette femme à la parfaite santé.
OBSERVATION VII (résumée).
(SHILLITOE, in PowELL and MurPHy : System of Syphilis, Londres, 1914.)
Chancre induré du col ultérin.
Femme, âgée de 21 ans, célibataire. Histoire d'écoulement vaginal, datant des 3 dernières semaines. Petite lèvre gauche œdématiée, les ganglions inguinaux légèrement augmentés de volume. Sur la lèvre antérieure du col existait un chancre arrondi, lisse, très légèrement convexe, pourpré, saignant facilement et ressemblant à une papule agrandie. Environ 2 semaines après, le chancre évoluait vers la résolution; il avait perdu sa teinte pourpre accusée; il était d’un rouge plus clair et s’applatissait.
Nr —-
OBSERVATION VIII (résumée).
(SHILLITOE : Mêmes références.)
Chancre syphilitique double du col utérin.
Femme, âgée de 26 ans. Accouchée, il y a 4 semaines d’un enfant prématuré de 8 mois qui vécut 3 jours. Une éruption existante avait disparu avant les couches maïs, ensuite, était apparue de plus belle. Sur le col de l’utérus existaient 2 lésions primaires encore visibles, apparaissant comme des papules agrandies, d’un rouge foncé, ovales, convexes, une sur chaque lèvre du col, entourant partiellement l’orifice externe.
OBSERVATION IX (résumée).
(MoRALLER : Zeitschr. f. Gebur. u. GynϾk., 1908, t. /xu1, p. 159.)
Chancre syphilitique du col utérin.
. Primipare, âgée de 29 ans, enceinte de 8 mois. La malade commença à se plaindred’une éruption cutanée accompagnée de prurit il y a cinq jours. Exanthème maculo papuleux couvrant le corps entier, sauf les extrémités. Sur la portion vaginale, entourant l’orifice externe, existait une ulcération d’environ 2 centimètres de diamètre, grosse, brillante, jaunâtre, à bords découpés, encerclée par une étroite zone de muqueuse rouge enflammée. Ganglions inguinaux légèrement augmentés de volume. Pas d’adénopathie épitrochléenne ni cervicale. Pas d’accidents muqueux dans la bouche ni à la gorge.
Diagnostic : Induration primaire de la portion vaginale du col chez une femme enceinte.
OBSERVATION X (résumée).
(IVENS : Journ. of Obstet. and Gyn. of Brit. Emp., Xi, p. 273.)
Chancre syphilitique du col avec examen histologique.
Femme, âgée de 33 ans, mère de 4 enfants. Sur la portion vaginale du col, légèrement à droite et s'étendant aux
gl
‘deux. lèvres, on voit une. ulcération de ‘la dimension: d’un shilling, La surface est couverte d’un dépôt grisâtre, sa base indurée. En essuyant la surface, on voit ile sang suinter fa-
cilement. Les constatations plaident en faveur d’une tumeur
maligne, mais le caractère singulier de l'ulcération et la coexistence d’une gonorrhée, conduisirent au diagnostic de
lésion syphilitique. Une parcelle de tissus excisée pour l’exa- .men microscopique montre seulement des réactions- inflammatoires. L’épithélium sain cesse brusquement et la sur- . face de d’ulcération se compose d’exsudation et d’un tissu de . &granulations nécrosées. Les tissus voisins hypéremiés et in- filtrés d’une façon dense par des cellules rondes, montrent - une très grande prolifération cellulaire. La tunique interne . des vaisseaux est épaissie. Cinq semaines après, des ulcéra-
tions superficielles caractéristiques se développent jsur les
. amygdales. Un traitement antisyphilitique est institué. Au
bout de 3 semaines, le chancre disparut et une semaine après, environ, une éruption roséclaire se manifesta.
OBSERVATION XI (résumée).
(Zomakion : Archiv. für Dermat. u. Syphilis, 1913, page 329.)
Chancre induré du col utérin.
Femme de 29 ans, mère de 2 enfants à terme. Il y a 2 mois, avortement au cours du 2° mois. Mari récemment traité pour lésion du pénis. Depuis peu, la malade a un écoulement purulent persistant et des hémorragies utérines irrégulières. Douleur dans la région inguinale. Grande lèvre gauche œdémateuse. Utérus en antéversion. Annexes droites grosses êt douloureuses (salpingo-ovarite). Portion vaginale dure et épaissie. Une ulcération indurée est palpable sur la Ilèvre
postérieure et une partie de la lèvre antérieure du col.
Diagnostic : Chancre induré de la portion vaginale. 8
‘jours après, roséole sur la poitrine.
OBSERVATION XII (résumé).
__ (ZomaxkioN : Mêmes références.) . Chancre induré du col utérin.
RENRRTE âgée de 23 ans, mariée depuis 6 ans. Un enfant
à terme et 2 avortements criminels. Ecoulement purulent pârfois mêlé de sang pendant le dernier mois. Un médecin fit le diagnostic de cancer et conseilla l’hystérectomie.
Constatations : Utérus en antéversion. Sur la portion vaginale, à droite de l’orifice, un épaississement douloureux palpable. Au speculum, une érosion visible sur J4 moitié droite du col épaissi, occupant seulement la lèvre postérieure et une partie de la lèvre antérieure. Déchirure étoilée dans l’angle de lorifice externe. La portion atteinte du col est plus volumi- . neuse que le côté sain, L’ulcération est d’une coloration rouge cuivre. Au centre existe une pellicule gris sale, découvrant la base rouge à la périphérie. La portion indurée du col est entourée et dès lors distinctement séparée du reste par deux sillons perpendiculaires. L’ulcération sécrète mais modérément, n’est pas sensible et devient visiblement plus pâle à la pression du stylet. On ne frouve pas de spirochètes dans les frottis.
Diagnostic : chancre primaire. du col.
| OBSERVATION XIII. F | (OZENNE ET DURŒUX : Ann. des Mal. vénériennes, juill. 1912.)
Chancre syphilitique sur un col utérin prolabé.
Ga Marguerite, 22 ‘ans, entre à Saint-Lazare de Savril 1912 pour un chancre syphilitique du col.
Sur la lèvre antérieure du col existe une ulcération de la dimension d’une pièce de 1 franc, légèrement ovalaire et bombée et dont les contours, non saillants et se continuant de plain- pied avec les tissus voisins n’atteignent pas l'orifice utérin. Cette ulcération, complètement indolente, est entourée d’une collerette rouge pourpre. Le fond est peu suintant, > surface lisse légèrement diphtéroïidé; la lésion est d’une dureté ligneuse et infiltration infiltre presque toute la lèvre utérine, donnant la sensation d’un gros noyau inclus dans la muqueuse.
Le produit de raclage contient ‘une grande quantité de tréponèmes (ultra microscope). L'examen dé cette lésion est rendu: très facile du fait d’un prolapsus utérin des plus pro-
noncés. Dans la station debout, en effet, il suffit d'écarter les
grandes lèvres pour voir le col utérin et la lésion, faire saillie à l’orifice de la vulve. Il en est de même sur la table d'examen : sous le moindre effort, les petites lèvres s'entrouvrent légèrement et le chancre paraît alors siéger sur la muqueuse antérieure du vagin, mais il suffit de faire pousser la malade, pour que la lésion s’extériorise d'elle-même. Ce prolapsus, beaucoup moins prononcé il y a quelques années, s’est accentué avec la première grossesse. Les ganglions inguinaux ne sont pas hypertrophiés, il n’y a pas de lésions ni de la peau, ni des muqueuses.
10 avril : On met la malade au traitement mercuriel.
29 avril : Le chancre n’est plus érosif. Il persiste une cicatrice blanchâtre. L’induration a légèrement diminué. |
1° juin : L’ulcération complètement cicatrisée n’a laissé aucune trace; la lèvre utérine a repris sa souplesse. La malade Sort de Saint-Lazare. Elle n’a pas eu de rosécle.
OBSERVATION XIV (GAUCHER et Giroux : Ann. des Mal. Vénériennes, 1913, p. 534.)
Chancre syphilitique du col utérin.
M°° G..., 22 ans, couturière, vient nous consulter, le 16 mai 1913, à la polyclinique des maladies cutanées et syphilitiques. Elle nous est-adressée par M. Mouchet, chirurgien de la consultation de l'Hôpital Saint-Louis. La malade s'était directement présentée en chirurgie pour des pertes abondantes, non douloureuses, survenues environ quinze jours auparavant. Au cours de l’examen, le chirurgien nota sur le col de l’utérus, une ulcération dont les caractères un peu particuliers lui firent soupconnèér la nature syphilitique de la’ lésion. L'examen de dla malade nous montra, en effet, qu’elle était atteinte de syphilis et qu’elle présentait un accident primitif du col et une éruption secondaire, formée de roséole et d’éléments papuleux. Sur le col de l'utérus existait uné ulcération nettement arrondie, présentant environ les dimensions d’une pièce de 2 francs. L'ulcération était saïllante, à fond noirâtre et d'aspect sphacélique ; elle siégeait sur la façe et la lèvre
Fes 40 ge A
antérieure du col, sans intéresser l’orifice. Sur le corps, on notait une roséole discrète avec éléments disséminés sur le tronc et la face interne des cuisses ; en outre, existaient quelques éléments cuivrés et papuleux sur l’abdomen. La malade ne se plaignait ni de chute de cheveux, ni de céphalée. Les ganglions n'étaient pas augmentés de volume. Le traitement par les piqûres quotidiennes de benzoate de mercure fut. institué le jour-même.
Le 23 mai, la malade est à la 8° piqûre. La roséole est en pleine éruption, mais l’accident primitif est très amélioré, Il est moins saillant et, à l’aspect sphacélique du début, s’est substitué une coloration rouge vif et une tendance à la ci- catrisation. l
Le 13 juin, le chancre est complètement guéri, la roséole et les syphilides papulosquameuses, entièrement disparues, bien que la malade n’ait pas suivi son traitement avec une grande régularité.
OBSERVATION XV (résumée).
© (LIEGNER : Monat. für Geb. und Gynéc., LIV, n° 5, 1921.)
Chancre syphilitique du col à forme hémorragique.
Il s’agit d’une femme de 23 ans qui fut adressée à la clinique pour avortement. Ce diagnostic avait été posé à la suite d’une très forte hémorragie coïncidant avec la suppression des règles : il n’y avait pas de grossesse. Le col et l'utérus présentaient l’aspect suivant :
L'orifice du col était fermé, quelque peu de travers, les alentours quelque peu rouges. Sur le côté droit on voyait une ulcération recouverte d’un enduit grisâtre qui commençait à . l’orifice et s’étendait presque jusqu ‘au cul- de-sac. Les dimensions étaient de 5 centimètres sur 3. Les bords étaient indurés et légèrement en bourrelet.
L’ulcération pénétrait profondément dans les tissus, ce qui expliquait l’abondance de l’hémorragie. :
La recherche des spirochètes fut négative; et FN histologique d’un fragment ne permit, en aucune facon de : penser à un carcinome. Sur ces entréfaités äpparüt, une’ nuit,
te
un exauthème, réparti sur le corps tout entier, vésiculeux, d'aspect singnlier, ne rappelant pas la syphilis, mais plutôt la variole. Le contenu des vésicules renfermait des spirochètes. Le diagnostic s’affirmait ainsi ; il fut bientôt con-
firmé par le résultat fortement positif de la réaction de Was- : Sermann.
OBSERVATION XVI (résumée).
(LANTUEJOUL : Gynécologie et Obstétrique, 1920, p. 110.)
Chancre syphilitique du col utérin chez une femme enceinte.
M°° V... Marcelle, âgée de 23 ans, entre à la Maternité de la Pitié, le 4 mars 1919. Elle est enceinte de 9 mois. Elle a présenté, en février, une lésion érosive du sein droit, a eu mal à la tête et à la gorge.
L'examen montre l'existence de lésions syphilitiques se-
- condaires multiples, au niveau des organes génitaux, syphilides papulo-hypertrophiques nombreuses, volumineuses, suintantes, siégeant sur la face externe des grandes lèvres et sur les plis génito-cruraux ; plaques muqueuses opalines sur les petites lèvres ; au niveau de la face externe du sein droit, syphilides érosives ; dans la bouche, plaques muqueuses opalines sur la face interne des joues et sur les amygdales qui sont très hypertrophiées et rouges, quelques plaques fauchées sur la langue; polyadénopathiié généralisée. La voix est enrouée. Au toucher om constate Que le col est long et d’une dureté ligneuse dans son entier ; une ulcération fait le tour de Porifice externe, s’étendant surtout à droite et en bas. À l’examen au spéculum, cette ulcération apparaît superficielle, à bords peu marqués, à fond plat, rouge, légèrement suintant; le diagnostic de chancre circulaire du col est posé. La grossesse est, par atlleurs, normale ; le bassin est bien constitué ; il n’existe pas d’albumine dans les urines ; la malade est ad- -misé dans le service. La présence de nombreux tréponèmes ést constatée dans la sérosité recueillie au niveau du chancre “ét dés plaques muqueuses. La réaction de Bordet-Wassermann, --faité dans le sang est fortement positive. Du gonocoque est "retrouvé «en abotidanée dans-lés sécrétions cervicales.
La malade reçoit immédiatement une injection de un céntigramme de benzoate de mercure ; le lendemain, injection de 15 centigrammes de novarsenobenzol ; puis injection quotidienne de benzoate,
Elle entre en travail, le 8 mars et le chancre empêchant la dilatalion du col, on doit recourir à une césarienne vaginale qui permet d’extraire une fille vivante. Dans la suite, la lésion
guérit parfaitement sous l'influence du traitement spécifique.
OBSERVATION XVII (résumée).
(BELGODÈRE : Ann. des Mal. Vénériennes, 1920, p. 716.)
Chancre syphilitique intracervical.
Une jeune femme, vivant maritalement avec un Américain reconnu, quelque temps auparavant, porteur d’un chancre induré de la rainure balano-préputiale, vient se faire examiner. Elle présente des signes d’imprégnation secondaire : céphalée nocturne, lassitude, syncopes, adénopathie inguinale.
L'examen de la vulve est muet. Le col à première vue paraît intact : « Un détail minime attira notre attention. C'était un léger degré d’asymétrie du col que nous n’avions pas remarqué la première fois.
Le cône cervical paraissait légèrement plus volumineux dans sa moitié droite, du côté des ganglions. La différence était, à-vrai dire, très légère e, mais un pressentiment confus, nous porta à saisir un tampon monté et à entreprendre de débarasser la cavité cervicale d’un mucus visqueux et récalcitrant qui l’obstruait. L'opération fut assez laborieuse, mais la peine porta en elle sa récompense, en nous faisant découvrir le corps du délit. C'était une ulcération arrondie et enroulée, de la dimension de nos piècés de 0 fr. 50 d'autrefois, qui occupait le quart inférieur droit de la cavité du col. Les bords en étaient entaillés, ressortant nettement sur une muqueuse saine et aucune confusion n’était possible avéc une ulcération de métrite ; le fond était un peu creusé et recouvert d’un enduit grisâtre ; bref, c'était indéniablement l'accident primitif du type ulcéreux ; son bord affleurait l'orifice du col, sans toutefois l’atteindre, et le bouchon muqueux mas-
quait complètement cette lésion qui devait forcément échapper à un examen rapide et supperficiel. »
Le traitement mercuriel est institué, mais quelques jours après, apparait une roséole qui confirme le diagnostic.
OBSERVATION XVIII (inédite).
(Dûe à l’obligeance de M. le Professeur W. DUBREUILH.)
Chancre induré du col utérin.
A. B..., 24 ans, modiste, entre à l'Hôpital du Tondu, le 7 avril 1919, pour un chancre du col utérin.
Il y a environ 3 semaines, la malade s’est aperçue qu’elle avait des pertes glaireuses jaunâtres, teintées de sang. Elle ne se plaignait d'aucune douleur. Les pertes seraient survenues deux mois après les rapports sexuels. La malade s’est alors soignée par des injections de permanganate et depuis huit jours environ, l’écoulement s’est arrêté.
A l’examen : au toucher, on sent une plaque dure à surface tomenteuse, bien limitée à bords presque éversés et faisant saillie sur les parties voisines. La palpation est indolore.
Au spéculum, on voit sur le côté gauche du col, une ulcération recouverte par des glaires sanguinolentes. Après nettoyage du col, on constate que cette ulcération le recouvre en croissant, les becs du croissant étant dirigés du côté droit. Le fond est mamelornné, grisätre, avec des points sphacélés. = On fait des frottis de la sérosité, et on les æolore par la méthode ‘de Fontana-Tribondeau, qui Here quelques tréponèmes très disséminés.
Pas de ganglions dans l’aîne, ni aux ‘äisselles.
.La malade se plaint d’avoir éprouvé des maux de tête, surtout le soir, qui duraient presque toute la nuit, depuis le 3 avril environ. Ces maux de tête débutaient au niveau de la nuque et se propageaient dans la direction du front, accompagnés de sensations d’arrachement.
Le 8 avril, on constate sur la poitrine et sur l’abdomen une roséole assez discrète.
A partir du 12 avril, on institue 1 un traitement mixte, com- Fo des injections à dose croissante de novarsénobenzol,
Ÿ ut
- répétées tous les 6 jours et des injéctions de biiodure dans l'intervalle. 24 La roséole disparaît vers le 20 avril.
Le 25 avril, on sent toujours au toucher l’ulcération qui paraît moins étendue, mais il persiste une induration du col qui va en s’atténuant.
La malade sort, le 9 mai 1919.
OBSERVATION XIX (résumée).
(Due à l’obligeance de M. le Professeur PETGES.)
Chancre induré du col utérin.
Catherine B..., 29 ans, prostituée, entre à l'Hôpital Saint- Jean, le 3 janvier 1922, pour des accidents spécifiques secondaires. On note sur le thorax et l'abdomen, une roséole en voie d’effacement. il
Le col utérin est le siège d’une ulcération de la dimension d'une pièce de 2 fr. de couleur grisâtre, arrondie, à bords nettement découpés, de consistance ferme au toucher et se déplaçant en masse sous la poussée d’une valve de spéculum. L’orifice du col livre passage à une sécrétion jaunâtre visqueuse, La réaction de Bordet-Wassermann est-fortement positive confirmant le diagnostic de syphilis secondaire, sans lever les doutes au sujet de la possibilité d’un chancre du col utérin (1). On note également la présence de ganglions inguinaux, rétrocarotidiens et épitrochléens. Pas de traces de chancre induré par ailleurs. La malade mise exclusivement au traitement arsenical sans traitement local, recoit 6 injections de novarsenobenzol de 0 gr. 15 à 0, 75, du 5 janvier au 4 février ; sous linfluence de ce traitement, la lésion du col rétrocède dès la 2° piqûre. Elle s’efface après la 3° (2).
Il n’est pas contestable que toute autre lésion n’aurait
(1) Comme nous l’indiquons par ailleurs (page 36) la recherche des tréponémes n’ä pas été faite dans tous les cas, les lésions décrites ayant été l’objét; de lavages antiseptiques spirillicides. Il aurait fallu s'abstenir de tout traitement et perdre ainsi un certain temps, avant de voir réapparaître la possibilité d'en rouver, . *
à :(2). Le traitement spécifique, pour cette malade comme pour :toutes:les suivantes a été continué après leur sortie de l’hôpital à la consultation externe,
Ce: a
pas ainsi répondu à l'incitation thérapeutique et que, même en l’absence de tréponèmes, on peut affirmer cliniquement et d'après l’évolution, qu’il s’agit bien d’un accident primitif du col. |
OBSERVATION XX (résumée).
(Idem.)
Chancre induré du col utérin.
Germaine K..., 22 ans, prostituée, déjà traitée l’année précédente pour chancres mous de l'anus et de la petite lèvre droite et qui avait une réaction de Bordet-Wassermann négative, rentre à l'Hôpital Saint-Jean, le 14 février 1921, pour ulcération du col et roséole.
Le col utérin est augmenté de volume dans son ensemble, et, sur sa lèvre antérieure, on remarque une ulcération de forme ovalaire légèrement surélevée, en saillie, ne se continuant pas à l'intérieur de l’orifice cervical. Cette ulcération a des bords nets cerclés par une zone rouge inflammatoire ; le fond est recouvert d’un enduit grisâtre, d'aspect diphtéroïde laissant paraître à la périphérie le fond rouge. Le toucher permet de se rendre compte de l’induration propre de la lésion en la différenciant de la consistance du col.
Pas de trace de chancre syphilitique ailleurs. Dans la région inguinocrurale, polydénopathie à caractère nettement spécifique. Ganglions épitrochléens à droite seulement.
La réaction de Bordet-Wassermann est positive. Le 16 février, en commence le traitement arsenical.
Le 23 février l’amélioration est déjà considérable. La lésion a diminué de moitié. L’éruption roséolique peu apparente à l’entrée, s’accuse après la 2° injection de novarsenobenzol.
Le 5 mars, le chancre utérin a complètement disparu après injections intravéineuses de novarsenobenzol de
0 gr. 15 à Ogr. 75.