‹ Contribution à l'étude de la syphilis primaire et secondaire du col utérinChapitre 13 sur 19 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La Syphilis secondaire du Col utérin

FREQUENCE

Ce que nous avons écrit au sujet du chancre s'applique en majeure partie à la syphilis secondaire du col de l’utérus : leur pathogénie est identique, leur fréquence comparable et les mêmes raisons de méconnaissance existent pour les 2 variétés de lésions. Pour éviter des redites, nous ne consacrerons qu’une brève étude à cette question.

Sa fréquence a fait l’objet de rares statistiques. Mrazek, d'après des observations faites sur 437 femmes syphilitiques estime que les syphilides se rencontrent dans 20 % des cas. Fournier a rencontré 25 fois de telles lésions sur le col utérin pour 522 fois à la vulve et 9 fois au niveau du vagin. De Luca, pour 140 syphilides vulvaires n’en signale que 10 cervicales.

Parmi les fiches d'observation de l'hôpital Saint-Jean nous avons pu nous-même relever 7 cas de lésions utérines sur 253 cas de syphilis secondaire, soit dans 3 % des cas

-environ.

-Notre statistique ne conclut pas en somme à une fré- -quence plus grande que celle du chancre. Or, l’on sait combien sur toutes les autres régions du corps les syphilides -sont-plus fréquentes que laccident primaire, «Le chancre

he se produit qu'une fois sur un malade syphilitique, dit Fournier, et cela pour une durée de quelques semaines ; les syphilides muqueuses figurent 5, 10, 15, 20 fois dans le cours d’une vérole et se répètent souvent à satiété dans les 3 ou 4 premières années de l'infection. » On sait également que les syphilides choisissent leur terrain, s’implantent plus volontiers sur des muqueuses en état de moindre résistance, infectées, mal soignées. Or, s’il est uné ‘cavité naturelle susceptible de réunir toutes ces conditions, c’est bien la partie haute du vagin. En réalité, on ne pense sans doute pas assez à v rechercher des accidents. L’examen d’une femme atteinte de syphilis secondaire, révélant des lésions extérieurement apparentes ou situées dans des régions telles que la bouche, le pharynx, que l’on songe davantage à explorer suffit à éclairer le diagnostic. Celui-ci une fois établi, il n’est plus intéressant pour le médecin de porter ses recherches dans des zones plus difficilement accessibles sans espoir d’y trouver des renseignements nouveaux.

La méconnaissance de telles lésions entraîne plus encore que pour le chancere des conséquences graves au point de vuc de la dissémination de la syphilis. On sait en effet depuis Fournier que «ce sont les syphilides muqueuses qui fomentent, disséminent et perpétuent la vérole dans notre société. » L’extrême contagiosité de ces accidents secondaires est très bien servie par les circonstances : ou bien les lésions disparaissent avec une rapidité telle que des examens même rapprochés ne peuvent les dépister au moment opportun, ou bien leur siège même les cache d’une façon permanente à toute enquête. Si la première de ces raisons est envisagée depuis longtemps, l’autre est un peu moins connue ; jusqu’à ces derniers temps on ne soupçonnait guère que des accidents secondaires spécifiques puissent exister à l’intérieur du canal cervical. Nous apportons ici, dans les observations XXXV et XXXXIII des. cas indiscutables où le hasard des dispositions anatomiques.a seul permis de constater des lésions insoupçonnées, De tels acci-

dents représentent sans doute de nombreuses sources de contagion inexpliquée. Ils nous permettent de comprendre pourquoi des femmes sans aucun symptôme de syphilis peuvent avoir en plus d’un Wassermann positif des spirochètes dans leurs sécrétions utérines.

Gellhom cite une observation de Mereller qui met en ‘ause une prostituée soupçonnée d’avoir contaminé un grand nombre d'individus. Elle ne présentait aucun signe clinique de syphilis. On lui trouva cependant une réaction de Wassermann positive et des spirochètes dans l’orifice du col utérin. Le même Gellhorn dit avoir examiné systématiquement des femmes syphilitiques et trouvé dans 2 cas indiscutables des spirochètes dans leurs sécrétions, malgré l'absence apparente de toute lésion. Imaginer une virulence spéciale des sécrétions utérines, sans une atteinte muqueuse du voisinage pour la conditionner serait un peu arbitraire : c’après la relation des 2 observations citées, on est en droit de penser à présent qu’une telle constatation suppose un accident intracervical caché à nos regards.

a 2. OBSERVATIONS

Avant d'entreprendre l'étude clinique des lésions secondaires que l’on rencontre sur le col utérin nous ferons figurer 18 observations d’accidents divers. Les unes proviennent de la littérature médicale récente que nous avons explorée sans y trouver un grand nombre de documents. Les autres, inédites, proviennent du service de M. le Professeur Petges, et les mêmes considérations auxquelles nous nous sommes livrés au sujet des observations de syphilis primaire s'appliquent à elles.

é OBSERVATION XXVI (résumée).

(GELHoRx : Trans of Amer. Gyn. Society, 1916.)

Syphilis secondaire du col ultérin.

A. T..., admise une première fois, en juin 1915, pour une ulcération de la vulve et des symptômes secondaires typiques, rentre de nouveau le 24 septembre, pour un écoulement vaginal persistant.

An spéculum, on voit une étroite zone rouge, semi-lunaire, située à l'angle gauche de l’orifice externe, mais séparée de lui par la muqueuse saine. 2 autres zones rouges, plus petites, sur la lèvre postérieure. Ces 3 plaques sont au même niveau que la muqueuse d’alentour ; elles sont recouvertes d’un épithélium intact et rappellent la roséole sur la peau. Dans le cul-de-sac postérieur, siège une ulcération, petite, ronde, propre, qui saigne légèrement au contac de l’instrument,

Elle revient à l’hôpital, en décembre pour des condylomes à l’anus, ce qui permet de constater la disparition de toutes les lésions précédentes. La muqueuse cervicale est seulement un peu rouge sombre et gonflée.

OBSERVATION XXVII (résumée).

(GELHORX : Mêmes références.)

E. N..., âgée de 24 ans, nullipare, entre à l’hôpital, le 29 novembre 1915. Elle a des ulcérations sur la cloison nasale, de l’œdème et des ulcérations étendues de la vulve et de larges végétations sur le périnée. Du vagin s'échappe un écoulement muco-purulent copieux, dans que on trouve quelme rares spirochètes. |

Col petit. Orifice normal. 2 ulcérations rare rouge sombre avec des. limites bien définies sur la lèvre antérieure du Col. À un examen ultérieur qui fut pratiqué pendant la menstruation, ces ulcérations saignèrent franchement au contact d’un instrument. La malade fut soumise à un traitement spécifique grâce auquel, les ulcérations disparurent en 4 semaines.

Diagnostic : Ulcération secondaire tardive du col.

OBSERVATION XXVIII (résumée).

(COPPENHEIM : Atlas des affections vénériennes, 1908.)

Exauthème maculo-papuleux secondaire du col.

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