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des pituites- matutinales et reconnaît, sans trop se faire prier, de légères tendances à l’intempérance.
L'examen s'oriente aussitôt vers l’appareil respiratoire de cette femme.
Le seul signe fonctionnel dont eile se plaigne actuellement est une toux fréquente, retentissant douloureusement dans son hémithorax droit, et ramenant des crachats abondants gris verdâtre, mousseux, très liquides.
Il n’y a pas de dyspnée; l’ampliation thoracique est normale des deux côtés.
La palpation fait percevoir des vibrations vocales netement augmentées à la partie moyenne de l’hémithorax droit; d’ailleurs ces vibrations ne sont pas perceptibles à gauche, malgré le timbre assez grave de la voix.
La percussion décèle une matité franche des trois quarts supérieurs de l’hémithorax droit,
L’auscultation montre à gauche un murmure vésiculaire normal. si
A la partie moyenne du poumon droit, quelques râles crépitants; au sommet droit, un murmure vésiculaire absolument inexisiant, complètement remplacé par un souffle tubaire intense, surtout expiratoire, mais cependant perceptible à linspiration.
Au sommet droit existe également de la pectoriloquie aphone. |
En somme, un syndrome de condensation de :la partie supérieure de l’hémithorax droit.
L'examen de l’appareil digestif montre un foie un peu gros, facilement palpable sous les fausses côtes, vraisemblablement en rapport avec l’éthylisme de cette femme, dont l’atteinte hépatique se manifeste d'autre part par des alternatives -habituelles de diarrhée et de constipation.
L'appareil cardio-vasculaire ne présente rien d’anormal en dehors des varicosités déjà signalées au niveau des pommettes et des pieds.
Mise à part la légère excitation nerveuse que traduit la volubilité de notre malade, et le fin tremblement de ses doigts, le système nerveux est normal. En particulier, les réflexes tendineux et pupillaires sont normaux.
De nombreux ganglions assez petits, durs, mobiles, sont perceptibles le long du sterno-cléidomastoïdien droit et dans les aisselles:
La température de M°"° G. est de 38°5 le soir. a son entrée à l’Hôtel-Dieu, elle est de 36°9 le len-demain matin, conservant le type oscillant qu’elle: présénte depuis un mois.
Ce syndrome de condensation pulmonaire du:
sommet droit avec température vespérale, toux et
expectoration abondante, un état général périclitant chez une femme dont la mère est « morte de la poitrine », et dont le mari est vraisemblablement bacillaire, paraît confirmer le diagnostic de tuberculose pulmonaire posé par le médecin traitant.
En conséquence, quelques heures après l’entrée de la malade, ses crachats sont adressés au laboratoire de bactériologie de l’Hôtel-Dieu qui va sans doute y découvrir des bacilles de Koch en abondance.
Le lendermaïn matin, réponse du laboratoire; pas de bacilles de Koch. |
Les' deux jours suivants, nouvelles recherches après homogénéisation, qui ne permettent pas non plus de découvrir de bacilles.
Le 7 mai, lendemain de l’hospitalisation de M”° G., une radiographie pulmonaire est pratiquée.
Sur le cliché, on note, à droite, une ombre dense, homogène, de la partie supérieure du poumon, ombre triangulaire, à sommet supérieur. La partie inférieure du poumon droit est normale. À droite également, l'ombre extrêmement foncée de cinq petits ganglions calcifiés dans la région -sternocléido-mastoïdienne et sus-claviculaire.
Du côté gauche, le champ pulmonaire est nor-
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M"° A. G. -- Radiographie du 13 juin 1955.
M" À. G. — Radiographie du 6 juillet 1955.
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En résumé, une image de lobite supérieure droite banale.
Un détail cependant ne peut manquer d'attirer l'attention.
Rist et Ameuille ont en effet signalé que, dans la lobite tuberculeuse du poumon, la limite inférieure de l’ombre radiologique présente la forme d’une courbe à concavité tournée en bas et en dehors, alors que, dans l’image qui nous intéresse, cette limite inférieure est extrêmement convexe vers le bas.
Des recherches de bacilles de Koch dans les crachats sont pratiquées presque tous les jours pendant les deux semaines qui suivent l’admission de la malade à l’hôpital. Avec ou sans homogénéisation, elles seront toujours négatives. Un dernier examen effecté le 19 juin, soit six semaines après l’entrée de M**° G. sera encore négatif.
Le 13 mai, une réaction de Wassermann pratiquée sur le sang de notre malade est fortement positive.
Dès lors, étant donnée l’absence de bacilles de Koch dans les crachats, la réaction de Wassermann positive, la forme de la limite inférieure de l’ombre radiologique, la possibilité d’une syphilis pulmonaire est admise, et un traitement spécifique est institué.
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Une série d’injections intra-veineuses de cyanure de mercure à un centigramme est pratiqué quotidiennement pendant douze jours, puis le traite-
mént est poursuivi par des injections de Rhodarsan.
Quinze centigrammes le 27 mai, ie 2 juin, et le
-8 juin; trente centigrammes les 11 et 15 juin; qua-
rante centigrammes le 18 juin; soixante centigram-
‘mes les 21, 24, 28 juin, et enfin les 2 et 6 juillet.
” Dès le début du traitement par le cyanure, la température qui oscillait le soir autour: de 38° ‘tombe à la normale; l’expectoration diminue et se “‘tarit rapidement; le poids, qui était de 55 kgs 500
à l’entrée de la malade, s’accroît rapidement et
deux mois après atteint 62 kgs.
De nouvelles radiographies pulmonaires prati-
quées lé 27 mai, le 13 juin et le 6 juillet montrent
une disparition progressive de l’ombre lobaire droite. Le lobe supérieur droit s’éclaircit régulierement du hilé vers la périphérie et, sur la dernière adiographie, lPimage des deux champs pulmonaires est normale.
M" G., se considérant comme guérie, sort le 7. juillet 1935 de l'Hôtel-Dieu.