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meilleur, les forces moins précaires et les signes stéthoscopique se modifient légèrement; le souffle perçu à la partie moyenne du poumon droit a disparu, seuls persistent quelques râles sous-crépitants et quelques râles bronchiques. Malgré cette amélioration, la toux, l’expectoration muco-purulente et sanglante, la dysphonie persistent.
Le 10 avril, la malade est prise d’un grand frisson; la température monte brusquement à 39°, le pouls à 110; la dyspnée et la toux redeviennent intenses et le lendemain l’expectoration devient plus abondante, 200 centimètres cubes de crachats nummulaires sont expectorés, mêlés à du sang rouge.
Une très légère fétidité passagère accompagne l’expectoration. A l’auscultation, on entend à nouveau le souffle, à la partie moyenne du poumon droit.
Du 10 au 13 avril, l’état de la malade s'aggrave considérablement, l’adynamie est extrême, le pouls est à 130, la fièvre à 40°; la dyspnée est très vive, avec orthopnée et crises de suffocation déclenchées par une toux opiniâtre et douloureuse. On entend, dans toute l’étendue du thorax, des râles sous-crépitants serrés. Il y a de la cyanose et des sueurs se produisent. En présence de ces symptômes on pense à l’éclosion d’une granulie chez une malade
atteinte de tuberculose broncho-pulmonaire subaigué.
Après une saignée suivie d’une injection de morphine, une accalmie légère se produit et pendant une semaine les symptômes ne se modifient guère.
L’auscultation montre à ce moment l’existence de trois foyers de râles sous-crépitants, un à droite en arrière à la partie moyenne du poumon, un à gauche en arrière à la partie moyenne, le troisième, d'apparition récente, dans la fosse sous-claviculaire gauche. Au niveau de ces divers foyers on entend par intermittence un souffle tubo-pleural et l’on s’attarde à l’idée qu'il s’agit d’une phtisie galopante. On pratique alors un examen radioscopique qui montre une ombre floue, polycyclique, à la partie moyenne des deux poumons; il n'existe pas d'image cavitaire, pas d'image hydro-aérique; les sinus sont libres, les sommets sont clairs, malgré la constatation d’un foyer très net de râles sous-crépitants et de souffle au sommet gauche en avant.
À partir du 20 avril, la malade décline encore, l’amaigrissement est considérable, l’adynamie profonde; il se porduit des sueurs; la cyanose est permanente, la fièvre prend le caractère hectique; de l’albumine apparaît dans les urines. L’expectoration nummulaire, les petites hémoptysies répétées,
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la fixité des signes d’auscultation, les troubles fonctionnels conduisent à accepter, malgré les examens .de crachats constamment négatifs, le diagnostic de broncho-pneumonie tuberculeuse.
Le 5 mai, en raison de ces discordances, la ma- Jade est montrée à M. le professeur Widal. Au .Cours de son examen, il découvre deux symptômes qui avaient échappé et dont la constatation conduit .à un tout autre diagnostic : d’une part, l’existence d’une alopécie en clairière bien dissimulée par une perruque et. l’apparition à la partie postérieure du cou , d’un -collier de Vénus absolument. typique. L’alopécie est apparue au mois de janvier. Aucun autre signe de syphilis n’est trouvé. La réaction de -Bordet-Wassermann se montre positive.
Un traitement spécifique est aussitôt institué : chaque jour on fait à la malade une injection intraveineuse d’un centigramme de cyanuré de mercure. Une transformation immédiate se produit : après cinq injections, la température s’abaisse à 37°5, la dyspnée s’apaise, l’expectoration mucopurulente, non sanglante, tombe à 50 grammes. .L'appétit redevient bon et rapidement l’état général s'améliore.
À partir du 10 mai, on porte la dose de cyanure à 2 centigrammes par jour pendant huit jours. Les troubles fonctionnels rétrocèdent et l’amélioration
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de l’état général s’accentue. Les signes physiques régressent à leur tour : à gauche, la sonorité est redevenue normale; les râles sous-crépitants et le souffle, qui à certains moments avaient donné limpression de gargouillement, ont disparu aussi bien en avant, sous la clavicule, qu’en arrière, dans la fosse sous-épineuse; à droite, en arrière, on trouve encore de la submatité ou des râles sous-crépitants, mais le souffle a disparu, de même qu'ont disparu les râles de bronchite.
Le 24 mai, une nouvelle radioscopie ne montre plus qu’une ombre floue, suspendue à la partie moyenne du poumon droit; à gauche, le champ pulmonaire est clair dans sa totalité.
Du 24 mai au 2 juillet, la malade est soumise à un traitement par le luargol. L’amélioration s’accentue : la toux et l’expectoration, la dyspnée et la douleur thoracique ont disparu, la respiration est redevenue normale des deux côtés et la radioscopie faite le 2 juillet ne montre plus aucune ombre anormale.
Le 2 juillet, la malade entre dans le service du D' Schwartz, où elle subit une hystérectomie pour salpingite double. En octobre, elle quitte l'hôpital et reprend son métier. On la revoit guérie en janvier 1918. |