B. —— SYPHILIS TERTIAIRE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Elle peut simuler absolument toutes les pneumopathies aussi bien‘ infectieuses que cancéreuses. Elle peut s’associer à une autre infection. Elle peut être aiguë, chronique ou même latente. Son ‘diagnostic est d’un intérêt considérable car nous sommes HO Dati armés pour la combattre.
LE — Les formes aiguës de la syphilis pulmonaire tertiaire.
« On ne sait pas assez, écrivent Favre et Contamin, que la syphilis est capable de produire des lésions étendues qui se constituent rapidement et que son évolution peut s'accompagner de troubles fonctionnels très accusés. On ne connaît pas assez ses poussées évolutives prises trop souvent pour une inflammation banale. » |
Cette phrase s’applique SR PE aux formes aiguës de la syphilis pulmonaire. Nous VeITONS, en effet, qu’elle prend la forme de broncho-pneumonies, de granulies, de bronchites aigues que rien ou presque ne distingue d’affections à germes banals.
Nous ferons précéder Vétude. clinique des diffé-
rentes formes de syphilis pulmonaires aiguës d'une
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étude anatomique inspirée des travaux de Lancereau, Bériel, Sergent, Letulle.
Le tréponème agit sur le tissu pulmonaire, comme sur les autres tissus, suivant trois processus :
un processus hyperplasique ; un processus gommeux; un processus scléreux.
La simple énumération de ces trois processus nous montre à quel point la syphilis pulmonaire aiguë pourra imiter la tuberculose en simulant ses poussées congestives, en aboutissant à la formation de cavernes par ramollissement et élimination de la zone centrale d’une gomme, en copiant certaines formes fibreuses de tuberculose pulmonaire.
Cependant nous remarquerons que, s’il arrive que le tréponème détruise le tissu pulmonaire, il manifeste surtout un grand pouvoir de reconstruction, le bacille de Koch ayant plutôt tendance à détruire les tissus auxquels il s'attaque.
On peut diviser la syphilis pulmonaire aiguë de la période tertiaire en trois grndes formes :
la broncho-pneumonie syphilitique aiguë; la granulie pulmonaire syphilitique; la bronchite aiguë tertiaire de Milian.
a) Broncho-pneumonie syphilitique aigué.
Encore appelée « phtisie galopante » syphilitique. Absolument semblable à la phtisie galopante tuberculeuse, avec son début brusque, avec température élevée d'emblée; sa dyspnée considérable; sa toux quinteuse; son expectoration muco-purulente; ses signes d’hépatisation, suivis bientôt de fonte parenchymateuse avec fièvre hectique, amaigrissement intense, sueurs profuses.
Il est absolument impossible d’après ces symptômes de faire le diagnostic de lésions syphilitiques; seules une autre localisation de la syphilis et surtout l’absence de bacilles de Koch dans l’expectoration peuvent mettre sur la voie.
b) Granulie pulmonaire syphilitique.
Individualisée par le professeur Fabre et MM. J. Gate, J. Dechaume et H. Gardère. ; |
Le début est généralement brusque, la température, en quelques jours, atteint 39° ou 40°, tantôt oscillante, tantôt en plateau. À ces signes généraux, s'associent dyspnée et cyanose, l’auscultation donne fort peu de renseignements, tout au plus le murmure vésiculaire est-il diminué dans les deux champs, les: bruits adventices. manquent le plus
souvent.
On peut penser à la typhoïde, à Fendocardite maligne, mais on les élimine rapidement. Et c’est surtout à la granulie pulmonaire que l’on s’attache. L’expectoration, souvent nulle, ne permet pas de contrôler le diagnostic par la recherche du bacille de Koch et l’on s’adresse à l’examen radiographiqué, qui semble confirmer le diagnostic de granulie bacillaire, bien que les granulations soient peut-être moins régulières, plus floues, plus grosses que dans la tuberculose.
Ici encore, ce n’est que par les antécédents et surtout les autres localisations syphilitiques qu'il est possible de penser à la granulie syphilitique. c) Bronchite aiguë tertiaire de Milian.
Absolument semblable à la bronchite aiguë banale, ne peut s’en distinguer que si d’autres localisations syphilitiques existent.
IT. — Les formes chroniques de la syphilis pulmonaire tertiaire.
Il est possible de les grouper en quatre grands syndromes :
1° Syndromes de sclérose pulmonaire; 2° Syndromes cavitairés; 3° Syndromes de condensation pulmonaire; 4° Syndromes pseudo-néoplasiques.
se SE À) Syndromes de sclérose pulmonaire.
Soit qu’il s’agisse de bronchite chronique syphilitique;
Soit que la sclérose aboutisse à la dilatation des bronches.
Dans ces deux cas, aucun symptôme ne permet encore d’incriminer la syphilis.
B) Syndromes cavitaires.
Précédés d’une période de ramollissement pulmonaire, évoluant d’une manière très analogue aux lésions tuberculeuses; ils s’en distinguent cependant par la très longue conservation de l’état général, qui ne décline qu’à la période terminale. « Pendant longtemps le phtisique syphilitique paraît bien portant. »
C) Syndromes de condensation pulmonaire.
Auxquels nous nous attacherons plus longtemps.
C’est surtout sous forme de lobites syphilitiques que se traduit le syndrome de condensation pulmonaire syphilitique.
C’est Betoux qui a signalé pour la première fois des lobites chez les syphilitiques, sans d’ailleurs avoir affirmé la nature syphilitique de ces lobites. Poix et Déchenéau, étudiant les lobites supérieures
tuberculeuses, admettent la possibilité de lobites syphilitiques. Roubier les a étudiées au point de vue radiologique. Enfin, plus récemment, Courcoux, Jean Le Reboullet, A. Reybaud, A. Jouve, Stoichitza et V. Cretzu ont apporté des précisions sur cette question.
La lobite syphiltique, d’après tous ces auteurs, survient longtemps après la contamination : « Il n’y a pas de lésion spécifique, a dit Pierre Mauriac, qui se développe à une époque plus reculée. »
Son mode de début est généralement insidieux. On pense en général à la tuberculose pulmonaire ou à une pneumopathie banale trainante; les signes fonctionnels ne sont pas caractéristiques; la toux est fréquente, l’expectoration, muqueuse ou muco-purulente. Assez fréquemment, le malade présente des hémoptysies peu abondantes, mais répétées, tantôt franchement rouges, quelquefois rosées ou rouillées. Les signes généraux sont très variables; la plupart du temps cependant ils sont discrets. La température n’est qu’exceptionnellement élevée.
Lés signes physiques sont ceux d’une condensation pulmonaire, ils sont souvent réduits au minimum, mais quelquefois ils sont réunis au complet : submatité, augmentation des vibrations vocales, pectoriloquie, bronchophonie et souffle tubaire,
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Bien souvent c’est l'examen radiologique qui ‘permet de préciser qu’il s’agit d’une lobite.
Le lobe le plus fréquemment atteint est le lobe supérieur droit, puis le lobe supérieur gauche, enfin beaucoup plus exceptionnellement les lobes inférieurs ou le lobe moyen droit.
La radioscopie ou mieux la radiographie montre une image de condensation régulière et homogène.
Un caractère radiologique important est l'aspect de la limite scissurale. Rist et Ameuille ont signalé en effet que, dans l'atteinte tuberculeuse, cette limite présente une incurvation à concavité dirigée en bas et en dehors. Dans la lobite syphilitique supérieure au contraire, la concavité est généralement dirigée en haut et en dedans.
. Le diagnostic étiologique de cette lobite s’appuie sur cinq arguments très exceptionnellement réunis :
l’absence de bacilles de Koch dans les crachats;
les antécédents;
les stigmates cutanéo-muqueux et viscéraux;
les réactions biologiques;
l'épreuve du traitement.
D) Syndromes pseudo-néoplasiques.
Forme exceptionnelle, véritable syphilôme diffus du poumon simulant un cancer pleuro-pulinonaire,
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Enfin, à ces quatre syndromes de syphilis pulmonaire chronique de la période tertiaire, nous ajouterons :
E) Les formes associées :
a) à d’autres localisation respiratoires de la 25 philis :
Syphilis du larynx; Syphilis pleurale; Syphilis médiastinale; Artérite pulmonaire syphilitique; Suppuration broncho-pulmonaire.
a) à la tuberculose pulmonaire.
Association minutieusement étudiée dès 1907 par le professeur Emile Sergent dans son ouvrage Syphilis et Tuberculose.
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