‹ Contribution à l'étude de la Syphilis Tertiaire du FoieChapitre 6 sur 22 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SYMPTOMATOLOGIE ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Fièvre. — La forme hypertrophique fébrile de la syphilis tertiaire du foie est, avant tout, caractérisée :

1° Par une fièvre prolongée affectant des types variés prenant ou bien le masque de la tuberculose, ou bien celui de l'hépatite amibienne, ou bien de l'hépatite paludéenne avec ou sans atteinte de l’état général;

2° Par des modifications du volume du foie, et de la rates

3° Par son extrême sensibilité au traitement antisyphilitique.

Cette fièvre a pour caractères principaux: sa durée prolongée, sa résistance absolue au traitement non spécifique et sa disparition rapide dès les premiers jours de ce traitement. [lle peut continuer des mois et des années. Dans les observations de MM. Gilbert, Chiray, Coury, la durée à été de deux mois, six mois, vingt mois, vingt-neuf mois, six ans, trois mois sans interruption avec des rémissions très courtes et incomplètes.

Chez notre malade, la fièvre, rapportée rapidement à sa véritable cause, a été enrayée au bout de quelques jours

par le traitement spécifique.

Aussi un élément fondamental de cette fièvre est, comme nous l'avons indiqué plus haut, sa résistance au traitement spécifique.

Presque tous les malades étaient soumis au traitement antithermique (quinine, aspirine, acide salicylique, pyramidon, etc., etc.), mais malgré ce traitement le plus rigoureux la fièvre ne tombait pas : Alors qu’un traitement mercuriel ou arsenical la ramène dans quelques jours seulement à la normale.

Si nous laissons le traitement spécifique tout de suite la fièvre réapparaît, pour redisparaître sous l'influence du traitement spécifique.

L'aspect de la courbe fébrile dans cette forme n’a rien de caractéristique. Elle est irrégulière, affecte assez souvent le type intermittente, mais présente plus fréquemment le type continue, avec exacerbations vespérales, précédées ou non de frissons, suivies ou non des transpirations nocturnes.

Le retentissement sur l'état général paraît également variable. Presque toujours existent des troubles dyspeptiques : l'añnorexie, lenteur des digestions, etc., etc.

Foie. — Son volume est toujours plus ou moins augmenté et lorsque l'organe est fortement hypertrophié il se développe par surélévation du bord supérieur concomitant au déplacement du bord inférieur vers le bas.

La Surface de l'organe à la palpation dépend de l'hypertrophie, symétrique ou non. Elle se présente tantôt lisse, tantôt bosselée, tantôt irrégulière, tantôt ficelée.

Au point de vue de la sensibilité cette hypertrophie n’est presque pas douloureuse. Mais dans certains cas les modifications du volume s'accompagnent de gênes douloureuses,

— le

de pesanteur à l'hypocondre droit, et beaucoup plus rarement d'une douleur assez vive persistante au niveau de la base du thorax, et elle augmente avec la toux, à l'inspiration profonde et à la palpation, due probablement à la perihépatite concomitante.

Dans çette forme du foie syphilitique nous n'avons pas à signaler de troubles fonctionnels : par exemple ni ascite, mi simulation veineuse collatérale, ni ictère comme dans la cirrhose biliaire syphilitique de type Hanot.

Parfois cependant il y a du subictère.

Rate. -

de volume, et quand elle est palpable paraît nettement

La rate est dans presque tous les cas augmentée

accrue de consistance. Cette splénomégalie constitue un bon signe de diagnostic. | Sang. — L'examen du sang a montré une légère hyperleucocytose (10-12000) et un certain degré d'anémie. Urines. — L'examen des urines n'a pas montré de sucre. Une fois seulement, une réaction de Hay, a été signalée positive, mais passagère. Il y a une plus où moins grande quantité d'urobiline et d'indican. ! L'albuminurie existait chez notre malade. Elle disparut sous l'influence du traitement spécifique : l'albuminurie,

on le sait, est fréquente chez les anciens syphilitiques.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE.. — Nous sommes obligé d'être bref au sujet de l'anatomie pathologique de la syphilis hépatique dans sa forme fébrile.

Dans nos recherches bibliographiques nous n'avons trouvé aucune observation contenant une étude sur ce point, et cela probablement parce qu'on n'a pas eu l'occa-

sion de pratiquer une autopsie.

Touteicis nous avons certains éléments qui nous pet-. mettent d'avoir une idée sur l'aspect macroscopique de lésions. Nous le devons au malade S..., de M. Chiray et H. Coury qui, peu confiant dans les ressources de médecine, a sollicité l'intervention chirurgicale. =

Voici le compte rendu du chirurgien, M. de Mattel, qui pratiqua l'opération.

(… Laparotomie en L découvrant largement la vésicule, masquée par ‘adhérences. Libération et ablation de la vésicule par voie rétrograde. Vésicule ne contient ni pus, ni calcul : foie à surface parsemée de membranes et de saillies de la grosseur de petites noix, réunies entre elles par des raghades. : | Il s'agissait nettement d'un foie syphilitique. »

Dans les huit jours-qui ont suivi l'intervention la température est restée à 38-38,5. Au troisième jour après l'intervention institution du traitement antisyphilitique (cyanure de Ieg:).

Quatre à cinq jours après la température céda et ne reparut plus.

M. Riedel aussi à opéré un malade pour empyème de la vésicule biliaire et il a trouvé pendant l'opération une syphilis hépatique interstitielle.

FLD Fe 0

ÉCRAPELRE AIT

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