Eulcnburfï. ZeUschrift. f. klin. Med. T. IX
destinée à fournir autour de la cuvette un manchon protecteur à température fixe pendant un certain temps tout au moins. Une vis de pression située à la partie supérieure du cylindre permet de maintenir le thermomètre en place et d'éviter les glissements de la tige. La graduation du thermomètre va jusqu'à H 5M1 importe de chauiTer doucement le cylindre métallique à la flamme d'une lampe cà alcool ; il faut éviter les élévations brusques qui pourraient avoir pour effet de rompre le tube capillaire.
D'autres procédés ont encore été imaginés qui ne sont applicables qu'à certains cas particuliers ; ainsi, lorsque la thermd-anesthésie est limitée à la main, on peut la plonger dans des réservoirs renfermant de l'eau à différentes températures connues, et on peut se rendre compte de l'impression qu'éprouve le malade lorsqu'il plonge la main successivement dans ces divers récipients.
L'anesthésie thermique n'existe pas toujours au même degré dans tous les points d'une région anesthésique. En effet, dans des régions oii la sensibilité thermique fait complètement défaut, on peut rencontrer des zones oii cette anesthésie n'est pas absolue; aux membres supérieurs, par exemple, nous avons constaté plusieurs fois des bandes d'anesthésie thermique mitigée siégeant à la partie interne de l'avant-bras, quelquefois du bras (V. observation YI); nous avons d'ailleurs retrouvé ce fait dans un certain nombre d'observations; on a même signalé des îlots où la sensibilité était normale.
Dans certaines régions, l'anesthésie thermique peut être remplacée par une véritable hijpereslhésie. Nous avons observé ce phénomène de la façon la plus nette (V. observation I): la peau de la moitié droite du thorax percevait d'une façon exagérée les impressions thermiques, qui s'accompagnaient toujours de sensations douloureuses. Schultze avait déjà signalé cette particularité chez un de ses malades ; un certain nombre d'auteurs ont eu Foccasion de vérifier ce fait.
Enfin on a également remarqué, et M. Charcot insiste sur
ce point, que la Ihermo-anesthésie n'est pas absolument fixe dans sa distribution : elle peut varier dans d'assez faibles limites, il est vrai, d'un jour à l'autre, peut-être môme d'une heure à Tautre, de sorte que des schémas faits, même à d'assez courts intervalles, offrent des différences très appréciables. C'est ce que nous avons pu vérifier chez le malade B... (V, observation I). Il avait quitté le service de M. Debove pour entrer à la Salpêtrière ; or, d'après les schémas faits quelques mois après les nôtres à la Salpêtrière, la région hyperthermesthésique avait complètement disparu "; elle était remplacée par une région où la sensibilité était normale sur la poitrine, et par une zone où la thermo-anestliésie se retrouvait dans le dos.
Enfin cette anesthésie thermique n'est pas fixe non plus dans son intensité et un malade qui un jour est insensible à une température de 80° par exemple, peut le lendemain n'être insensible qu'à une température de bO°. Jusqu'à présent nous avons eu surtout en vue l'étude des troubles de la sensibilité à la chaleur.
Pour ce qui est du froid^ nous pourrions répéter presque tout ce que nous venons de dire. Dans la majorité des cas, lorsque le malade ne sent pas une température très élevée, 90° par exemple, il est presque toujours insensible au froid, à la glace. D'une façon générale, ce sont les mêmes régions qui sont atteintes d'anesthésie au chaud et au froid ; cependant les limites de ces zones anesthésiques ne se confondent pas exactement ; il y a souvent une légère différence dans le contour des parties atteintes : il suffit de jeter un coup d'œil sur les schémas, que nous annexons aux observations, pour se rendre compte qu'il est, dans certains cas, réellement utile de faire un schéma spécial pour la sensibilité au froid.
De ce que les zones d'anesthésie au froid et à la chaleur ne se superposent pas exactement, oji s'est demandé s'il y avait dans la moelle des conducteurs distincts pour le chaud et le froid, et s'il y avait lieu d'admettre, comme le veut Ilerzen (1) une division du sens thermique en deux sens distincts.