‹ Contribution à l'étude de la syringomyélieChapitre 20 sur 63 · Morvan. Gazette hebdomadaire · texte numérisé non relu

Morvan. Gazette hebdomadaire

« centrale. » En somme, pourMorvan, la scoliose fait partie du groupe des troubles trophiques, qui dépendent de l'altération de la substance grise centrale.

Nous croyons aussi quo la scoliose fait partie du groupe des troubles dits trophiques ; elle est favorisée sans doute par l'atrophie musculaire, et surtout peut-être par la contracture, à laquelle on a voulu faire jouer un rôle important dans la pathogénie de la scoliose de la maladie de Friedreich.

30 Troubles vaso-moteurs

Ils ont été également très communément observés dans le cours de la syringomyélie. Ils consistent en troubles circulatoires se traduisant par du ralentissement de la circulation périphérique avec refroidissement des membres : le thermomètre accuse un abaissement de la température locale de un degré environ; en même temps les extrémités sont tuméfiées, cyanosées, violacées, asphyxiques. D'autres fois, au contraire, on a signalé une rougeur intense des extrémités avec un gonflement surtout marqué aux doigts et s'accompagnant d'une élévation de la température locale. C'est à ces troubles circulatoires qu'il faudrait sans doute attribuer les sensations si bizarres qu'éprouvent les malades : les uns accusent une sensation de froid perpétuel, tantôt sur une région limitée du corps, tantôt sur une grande étendue du tégument cutané ; d'autres éprouvent des sensations de brûlure, de véritables cuissons des plus pénibles. Ces paresthésies thermiques peuvent d'ailleurs être variables chez le même individu; elles figurent surtout parmi les symptômes du début de la syringomyélie.

A un degré plus avancé, la paralysie des vaso-moteurs détermine une rougeur persistante de la peau à la suite d'une irritation mécanique même insignifiante ; il est naturel de rapprocher ce phénomène de la raie méningitique. Cette irritabilité cutanée est parfois telle que la peau reproduit en

relief les caractères que l'on a dessinés sur elle au moyen d'une pointe mousse ; ce phénomène persiste quelquefois pendant plusieurs heures ; il a été observé parSchultze, Fûrstner et Zacher, deux fois par Rolh ; il est l'analogue de ce que M. Duj'ardin-Beaumetz a décrit sous le nom de « homme autographique. » Etant donné l'état des vaso-moteurs, on conçoit que les syringomyéliques soient prédisposés à certains éry thèmes, aux démangeaisons, aux éruptions ortiées diverses.

On a également signalé l'existence d'œdèmes, qui ont été particulièrement étudiés par Remak (1). Remak fait observer que l'œdème est un fait assez commun dans les paralysies ; quant aux œdèmes d'origine nerveuse, ils sont rares en dehors des cas de paralysie. Cependant ce phénomène a été signalé un certain nombre de fois dans lasyringomyéliepar Strûmpell (2), Schullze, Fûrstner et Zacher, Roth dans trois cas, et enfin Remak. Cet œdème, d'ordinaire indolore, a surtout été observé sur le dos de la main, d'où il peut atteindre la partie inférieure de l'avant-bras ; la peau conserve sa coloration normale ; par la pression on obtient la dépression en godet ; seulement ce godet est peu profond et ne persiste pas : d'où Remak conclut que l'œdème est à la fois cutané et sous-cutané. La température locale paraît un peu supérieure à la normale ; et dans le cas de Remak, la température locale donnait 38", tandis que la température axillaire ne donnait que 37 "5. Cet œdème, sans rougeur de la peau, peut persister parfois des semaines et des mois; il ne dépend, bien entendu, ni d'une affection cardiaque, ni d'un mal de Bright, ni de la compression d'une grosse veine d'un membre.

Quant à la nature de l'œdème, il pourrait être de cause inflammatoire et rentrer dans l'alTection que Virchow a appelée « leucophlegmasia nondolens. »Mais Remak fait observer que si l'œdème a été signalé dans les myélites aiguës, on ne l'a jamais rencontré dans l'atrophie musculaire progressive,

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