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CHAPITRE IV

Auatomie pathologique

L'anatomie pathologique de la syringomyélie est bien plus anciennement connue que son histoire clinique; elle a été le sujet de nombreux mémoires, dans lesquels les opinions et les théories les plus diverses ont été émises.

De par son étymologie, syringomyélie veut dire moelle creuse, moelle tubulée, moelle présentant à son centre une cavité développée surtout dans le sens de la longueur. Ce mot devrait être réservé pour désigner les cavités indépendantes du canal central, tandis que le mot hydromyélie s'appliquerait précisément à la dilatation de ce canal. Théoriquement cette distinction est parfaitement légitime, et devrait être acceptée sans conteste, si des savants de grande valeur n'avaient soutenu que la cavité n'était le plus souvent qu'une dépendance du canal central normal ou anormal.

Ainsi défini, le mot syringomyélie ne désigne pas une lésion^ mais bien l'aboutissant de divers processus pathologiques. ^

Kahler en décrit deux variétés : dans l'une, il s'agit primitivement d'une dilatation du canal central, autour duquel on constate un processus destructeur du parenchyme nerveux, tout à fait analogue à la sclérose banale des centres nerveux; dans l'autre, il s'agit de gliomatose : le gliome peut contenir des excavations ou ne pas en contenir, tout en donnant lieu à la même symptomatologie.

M. le professeur Charcot adopte les divisions suivantes :

« l°En premier il y a lieu de signaler, dès à présent, comme

« constituant un groupe à part, les cavités formées en consé- « quence d'une malformation ou d'une dilatation du canal « central; à ces cas-là M"^ Bâumler propose de réserver le « nom à' hydromyélie.

« 2'' Viennent ensuite les formations cavitaires résultant de « la fonte du tissu de la substance grise spinale, préalablement « modifié par le fait d'un processus d'inflammation chronique ; « ce genre d'altération a été décrit en 1869 par M. Hallopeau, « sous le nom de sclérose périépendymaire, et à la même « époque, avec ma collaboration, par M. Joffroy, qui tout « récemment, a consacré à cette forme analomique qu'il « appelle myélite cavi taire ^ un travail important. Je sais bien « qu'on a voulu, dans ces derniers temps^ rayer d'un trait de « plume, cette dernière espèce du cadre nosologique et « l'absorber dans le groupe qui va suivre ; mais cela doit être « considéré jusqu'à plus ample informé, comme une prétention « purement arbitraire. Les observateurs, qui ont décrit la « myélite cavitaire sont de ceux qui ont contribué à établir « les premiers fondements de l'anatomo-pathologique spinale « moderne, et il est au moins vraisemblable qu'ils ne sont pas « gens à méconnaître les caractères qui séparent la gliomatose « d'un processus d'inflammation chronique.

« 3° Une troisième espèce appartient bien et dûment à la « catégorie des productions gliomateuses. Il s'agit d'un « néoplasme formé le plus souvent aux dépens de l'épendyme « et de diverses régions de la substance grise spinale, princi- « paiement celle des cornes postérieures. »

La syringomyélie gliomateuse est la seule variété que nous avons eu l'occasion d'étudier par nous-même, grâce à des pièces que nous devons à l'amabilité de MM. Marie et Onanoffetà des préparations que notre cher maître, M. Déjerine, a bien voulu mettre à notre disposition. C'est donc à l'étude de la syringomyélie par gliomatose, que nous consacrerons ce chapitre.

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